‹ Œuvres inédites. Publiées d'après les manuscrits originauxChapitre 23 sur 84 · I. Variante grammairiens · texte numérisé non relu

I. Variante grammairiens

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retrouver la pureté de la langue grecque. D'autres avaient composé des dictionnaires, sinon pour tous les dialectes les moins connus, au moins pour toutes les expressions employées par des poètes ou d'autres auteurs qui avaient écrit dans ces dialectes... Gela, éparpillé dans ces compilations, a servi à nos savants à retrouver jusqu'à un certain point les innombrables rameaux de cette langue immense (il faut avoir dit plus haut que les Grecs n'avaient pas seulement quatre dialectes, mais beaucoup d'autres..., qui tous avaient leurs grâces particulières..., et tous avaient eu des auteurs distingués). Homère seul a occupé les veilles de plus de deux cents critiques avant la renaissance des lettres,..

Puis ils en faisaient des métaphrases ou traductions en prose, (en peignant ce troupeau de sots commentateurs fanatiques qui s'attachent à un auteur..., et en sifflant les bêtises sans nombre que beaucoup de critiques anglais ont dites sur Shakespeare), fo ,82 r°. Il ne faut pas oublier de rappeler et de berner Dorothée l'Ascalonite qui, selon Porphyre, passa toute sa vie à examinerun seul vers d'Homère. (G 'est le 207'' du dernier chant de V Odyssée.)

DECADENCE TV GÉNIE GREC, f" l52.

Les Grecs toujours portés à la subtilité d'esprit, dès qu'ils eurent perdu leur génie, n'ayant point perdu leur activité d'esprit, ne furent plus que de poin-

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tilleux sophistes... Les subtilités de la religion chrétienne furent accueillies par ces gens-là avec fureur et les entretinrent dans cette disposition... Depuis, au lieu de continuer à copier les anciens chefsd'œuvre, ils ne copient que des homélies... Wheler et Spon et les voyageurs plus modernes n'ont pas trouvé autre chose dans les bibliothèques des moines, les seules gens qui aient encore des bibliothèques... Au lieu de faire eux-mêmes des ouvrages, ils se bornaient à faire l'extrait de ceux qu'ils avaient lus, comme l'impératrice Eudoxie et le patriarche Photius, en quoi ils sont très louables et on leur a obligation, puisqu'ils ne pouvaient rien faire de mieux.

...On se perdit dans des subtilités de sophistes... cette union des deux natures, devenue sacrée et incontestable depuis les révélations chrétiennes, et qui, longtemps avant J. -G., n'avait pas été inconnue aux anciens... Car, pour ne remonter qu'aux Grecs, c'est là ce qu'ils entendaient par le nom de héros.

— Qu'est-ce qu'un héros? car je l'ignore — demande Ménippe à Trophonius, dans les Dialogues des morts du sage Lucien.

— C'est, répond Trophonius , un composé de dieu et d'homme.

— Ce qui n'est ni homme ni dieu, reprend Ménippe, et qui esta la fois l'un etl'autre. Et main-

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tenant, cette moitié de Dieu qui était en toi, qu'estelle devenue ?

— Elle rend, ô Ménippe, des oracles en Béotie.

— Je ne sais guère, ô ïrophonius, ce que tu veux dire. Ce que je vois clairement, c'est que tu es bien mort tout entier.

La précision mâle et pittoresque de ce profond écrivain' semble être l'éloquence qui se rapportait le plus au caractère des Romains. Aussi fut-il le père d'une très nombreuse école. Mais, de tous les historiens qui se formèrent sur lui, il faut surtout regretter Arruntius, homme jugé digne de l'Empire par Auguste mourant, ofïert à nos respects par l'estime de Sénèque et de Tacite et par la haine de Tibère et de ses bourreaux, dont il confondit les accusations avant de se donner la mort, car il ne voulut pas attendre la fin prochaine du tyran auquel Caligula devait succéder. Cet éloquent et vertueux sénateur avait, dans l'histoire des guerres puniques, copié même avec un peu d'affectation, comme font les imitateurs, le ton, les formes et l'élocution de Salluste, plus constant que son modèle à retracer, non seulement dans son style, .mais aussi dans sa vie et dans ses mœurs, la frugale austérité de ces siècles antiques dont il aimait le langage.

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