‹ Œuvres inédites. Publiées d'après les manuscrits originauxChapitre 25 sur 84 · BUCOLIQUE · texte numérisé non relu

BUCOLIQUE

f» i5/i. (En parlant des Eglogaes de Virgile imitées de

Théocrite, et que les poésies bucoliques ne sont originairement que des scènes de comédie, et que versibiis alternis opprohria rastica fadil fut l'origine de la comédie ; et la poésie pastorale et la comédie viennent d'une même source, et, depuis, Théocrite imita Sophron^..)

Ainsi les Italiens qui, lors de la Renaissance des lettres, firent de ces favole boschereccie, tant imitées dans lesromans et pastorales et bergeries françaises, n'auraient pas dû s'en faire honneur comme d'une innovation. A moins qu'ils n'aient regardé comme une invention merveilleuse ces intrigues confuses, ces méprises, ces reconnaissances, dont encore ils doivent l'idée aux romans grecs qui les avaient tirées des auteurs de la comédie nouvelle, etces sentiments affectés, ce style recherché, ces dissertations subtiles, et ces amours... qui font de leurs bergers des êtres purement conventionnels, et qui ont rendu la poésie pastorale très ridicule aux yeux de ceux qui ont cru que c'était la poésie pastorale, laquelle n'a pas été mieux connue de beaucoup d'auteurs qui ont mis en tête de leurs bergeries des discours sur ce genre de poésie, dontils n'ont pas même soupçonné la nature ; et leur théorie et leur pratique sont faites l'une pour l'autre.

Les élégiaques anciens, simples, naturels, passionnés, d'une nudité décente...* comparés à ces

I, Poète svracusain contemporain de Denys l'Ancien, qui inventa un genre de dialogues appelés mimes où il reproduisait des scènes de la vie populaire.

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fades et énigma tiques subtilités appelées galanteries qui rendent la plupart de nos écrivains erotiques si fastidieux pour tous les lecteurs qui joignent à un esprit droit et juste une sensibilité vraie et une âme ouverte à tout ce que les passions ont de doux ou d'orageux (Hercule Strozza)^

FIN DU MONDE Lcs Mahométaus ont causé un dommage irrépa- ANTiQUE. j.^Y)[q aux lettres en brûlant la bibliothèque d'Alexan-

drie... mais il ne paraît pas que le temps eût laissé rien à faire à ces barbares, quand ils arrivèrent à Gonstantinople... Je crois que les Lascaris et les auteurs grecs qui passèrent en Italie emportèrent tout ce qui existait alors... Je fonde cette conjecture sur ce que Eustathe, archevêque de Thessalonique, qui écrivait au xii*^ siècle, ne semble pas avoir lu aucun ouvrage qui ait péri aujourd'hui, à la réserve de quelques grammaires de peu d'importance. Lorsqu'il cite ou des tragédies ou des comédies qui n'existent plus, il n'en cite juste que les fragments qui sont cités par d'autres grammairiens plus vieux que lui, et notamment par Athénée... Cette observation qui m'a semblé frappante, est due au docte Valckener^.

1 . Ghénier semble avoir voulu prendre pour type des écrivains erotiques modernes, alambiqués et fades, le poète latin Ercole Strozzi, qui mourut assassiné en i5o8.

2. Sic. pour Walckenaer ou Valckenaer, nom du célèbre belléniste hollandais (1715-1785), qu'il faut distinguer de l'érudit fran-

Si les livres trouvés à Herculanum renfermaient ibidem. ces ouvrages que nous regrettons, on pourrait dire que le Vésuve ne les a ensevelis dans ses cendres et sous terre que pour nous les garder et les cacher au temps et à la main des barbares. . . ou bien in carminé. Plût au ciel que... K

In the british ystoTrovty.-. Description de l'invasion f° 338. des barbares quiruinèrentlempire romain; misères qui suivent : les terres sans culture, point de commerce; on ressuscite : commerce de Venise, Italie, Marseille, villes de France, villes hanséaliques ; et alors naquit l'agriculture; et le soc apprit à retourner cet immense amas de cendres gauloises, romaines, saxonnes et danoises.

çais géographe et naturaliste Charles-Athanase Walckenaer (1771i852).

1 . Les derniers mots du fragment montrent que Chénier avait cru y voir un thème poétique qu'il se proposait de développer par la suite.

2. D'ordinaire les épigraphes, un peu énigmatiques en apparence, que Chénier appose comme des signes de reconnaissance aux divers fragments issus de sa plume, désignent sans aucun doute possible le traité encore en projet auquel leur auteur les destine. Ici, il semble au contraire que les mots In the british yeto-ovtz. désignent un ouvrage étranger dont Chénier s'est proposé de faire usage. Peut-être s'agit-il de quelque traité ou poème anglais sur l'histoire économique de l'Europe; ce qui tendrait à conlirmer cette hypothèse c'est que les civilisations énumérées par Qhénier sont bien celles qui s'étendirent successivement sur les Iles-Britanniques. Rien ne prouve donc, selon nous, qu'il faille rapporter ce fragment à un autre traité que la Perfection des Arts, où son absence ferait d'ailleurs lacun«.

(Il faut y faire un tableau de la renaissance des lettres.)

Dans ces temps de barbarie la langue latine... Le seul Pétrarque... Tous les autres qui écrivaient en latin ne parlaient ni n'entendaient la langue de Cicéron, qui n'aurait pas entendu la leur... La langue grecque était absolument inconnue... mais... alors Politien, Muret... Le même Politien, Sannazar, Vida, les frères Amalthée, etc., en vers... Buchanan, Paul Jove, Sleidan, le président de Thou... les lettres grecques...

Les Grecs qui passèrent en Italie étaient presque tous des hommes sans talents... et sans génie; on les accueillit bien... Evêchés... Perdus dans des disputes théologiques, qui depuis dix siècles étaient la seule occupation des descendants de Démosthène et de Périclès... Le seul Marcille peut-être donna quelques marques de talents... Jaloux de se faire un nom en latin, il publia dans cette langue qui lui était étrangère des poésies qui ne sont pas sans mérite... Vains, orgueilleux, jaloux..., ils voyaient avec chagrin que, s'ils avaient hérité des écrits de leurs ancêtres, les Occidentaux paraissaient avoir hérité de leur génie... L'un disait que Cicéron ignorait la philosophie et la langue grecque... l'autre... Mais, malgré leurs extravagances, ils furent très utiles . A leurs écoles . . . Bientôt Politien . . . d'autres... acquirent assez l'habitude et l'élégance

de la langue grecque pour publier, en cette langue, des poésies que, depuis le m* siècle, aucun Grec n'avait été capable d'écrire.

Quelques hommes d'une immense lecture, d'une érudition étendue, d'un jugement droit, d'un esprit vif et facile, portèrent le flambeau de la critique..., rassemblèrent tous les manuscrits des auteurs et, avec une sagacité rare, s'efforcèrent de nous faire lire les ouvrages antiques tels qu'ils étaient sortis des mains qui les avaient composés. .. Une troupe de sots fit un abus absurde de cet art et se mit à déchiqueter les anciens livres au point qu'il y eut à craindre... Cela couvrit de ridicule la nation des commentateurs... De plus, les principales langues de l'Europe commençant à se polir, ce fut une pédanterie d'écrire dans des langues mortes... (Détailler bien tout cela.)

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