‹ Œuvres inédites. Publiées d'après les manuscrits originauxChapitre 29 sur 84 · EXAMEN DES CIRCONSTANCES PRÉSENTES · texte numérisé non relu

EXAMEN DES CIRCONSTANCES PRÉSENTES

De toutes les nations de l'Europe, les Français sont ceux qui aiment le moins la poésie et qui s'y connaissent le moins. (Exposer comment et pourquoi.)

La langue française a peur de la poésie ; et la poésie a peur de la langue anglaise".

1. Nous avons cru pouvoir, sans altérer le plan sommaire conçu par Ghénier pour son œuvre, effectuer dans cette troisième partie: « Exhortation et examen des circonstances présentes », la division en deux chapitres que son titre nous semble impliquer. Du premier de ces chapitres nous avons fait un aperçu critique de la littérature et des mœurs littéraires à l'époque de Ghénier, réservant pour le second la profession de foi personnelle et la chaleureuse exhortation aux jeunes écrivains qui devaient amener naturellement l'auteur à sa conclusion .

2. Dans le manuscrit, ce fragment est accompagné d'une note au

(0 f" iBg.

(Immédiatement après avoir parlé de Shak[espearej.)

C'est une choseétrangedans toutes les littératures que cette foule d'auteurs sans jugement et sans génie qui s'attachent à un seul auteur, le choient, le fêtent, le prônent, le font le centre de toutes leurs études, de tous leurs discours, rapportent tout à lui, ne voyent que lui, voyent tout dans lui, s'extasient au hasard sur ses beautés, vantent surtout ses défauts, l'admirent le plus lorsqu'il faudrait le plus l'excuser, et, convulsionnaires de sang-froid, enchérissent l'un sur l'autre à inventer les métaphores les plus amphigouriques, les hyperboles les plus outrées, pour le porter aux nues, et les formules les plus hautaines, les plus prophétiques, pour insulter et anathématiser quiconque ne penserait pas comme eux.

Je suis sûr qu'on me pardonnera plus aisément en Angleterre qu'en France... Quoi qu'il en soit, je dois avertir les fanatiques anglais ou français que s'ils allaient, comme c'est l'usage, ne répondre que des injures aux observations que j'ai osé faire sur

crayon et <le date rrceiite : « in A 3, formation des langues, page 28 ». 13'après celle noie, le passage devrait être classé parmi les ébauclies de V Hermès, chant II.

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ce poète, ce serait vouloir m'inspirer la vanité de croire qu'il n'y avait que des injures à y répondre.

Le style du plus grand nombre des poètes épiques, leur ton, leurs pensées, ressemblent trait pour trait et sans la moindre différence à celui de notre Père Saint-Louis, carme dont le poème de la Madeleine, avec la préface, sont bien les plus plaisantes choses qu'on puisse lire en français. Ce livre eût été idolâtré en Espagne.

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