APOLOGIE
aTCoX.
S'il en est dans ce nombre qui n'aient attaqué que f° 38, mon ouvrage, la forme que je lui ai donnée, mon style, mes expressions, ma versification, etc., je leur abandonne tout cela. Je ne me plaindrai point d'eux. Il ont usé du droit que tout homme acquiert sur un ouvrage public en le lisant. Ils ont leurs opinions en littérature et j'ai les miennes. Ils ont tort ou raison : cette question est si peu importante à décider. J'ai pu écrire librement ce que je pensais; ils ont pu librement aussi juger ce que j'ai écrit. Je n'ai point l'enfantine vanité de ne vouloir que des approbateurs, de haïr quiconque n'a pas les mêmes idées que moi; on peut me contredire sans me blesser; je ne m'identifie point avec mon ouvrage ; et malheur à l'auteur qui ne croit pas valoir mieux que son livre. Si ma plume a été fière et libre, elle n'en est pas moins restée iiyiocente et pure. Je n'ai outragé qui que ce soit; nul trait piquant n'est échappé de ma main; aucune de mes pages n'a fait passer une mauvaise nuit à personne. Qu'on
soit aussi juste envers moi. Que, sans m'outrager personnellement, on se déclare contre mon ouvrage. Qu'on dévoile mon ignorance, qu'on réfute mes raisonnements, qu'on détruise mes objections, qu'on résolve mes doutes; qu'à mes principes physiques, métaphysiques, politiques, on oppose des principes contraires : c'est bien, je n'ai pas à me plaindre, et je n'ai rien attaqué dans mon livre avec autant de force et de plaisir que l'insolente absurdité de ceux qui veulent persuader sans prouver, prétendent qu'on les croie parce que c'est eux qui parlent, et affectent de régner sur les opinions et d'asservir despotiquement les esprits des hommes...
Si tous ceux qui ont vomi contre moi les injures les plus atroces et les calomnies les plus viles étaient tous de ces pirates littéraires connus de tous leurs lecteurs et méprisés autant qu'ils doivent l'être, ce serait m 'avilir que de leur répondre. Pour leur parler comme ils le méritent, il faudrait presque emprunter leur style, j'aime mieux garder le mien, ignorer qu'ils existent, et ne point laisser tomber ma plume dans la fange... mais...
f» 39 ro. (Qiieje ne veux répondre qu'aux calomniateurs en place et non aux Frérons)...
Ainsi tous ces auteurs de journaux, d'examens critiques , d'almanachs littéraires , d'étrennes , d'élites , de recueils, de traités à l'usage des dames, de lettres d'un Turc, d'un baron allemand, de milord un tel, enfin de tout cet inepte amas de viles brochures qui