‹ Œuvres inédites. Publiées d'après les manuscrits originauxChapitre 5 sur 84 · XXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXIV PREFACE

coup d'une impression ou d'une réflexion fugitive. Ces signes nous fournissent aujourd'hui de précieux et sûrs points de repère. La plupart des morceaux préparés en vue de ce travail ont été recopiés avec le plus grand soin par l'auteur lui-même, sans ratures ni lacunes; on peut donc en inférer que la rédaction de ces pages offre un caractère définitif et que beaucoup d'entre elles auraient figuré sous cette forme dans le livre, s'il avait été donné à Chénier de le conduire à complet achèvement.

Le poète observe quelque part, sur un feuillet inédit marqué de l'w (manuscrits, tome IV, folio 172) : u Tout cela peut être traité, soit en prose, soit en vers, dans cette espèce de roman sur la perfection des arts. » C'est là probablement le titre abrégé par lequel il désignait son ouvrage. Ailleurs, dans un morceau assez étendu publié par La touche, en 1819^ et que l'on a toute raison de considérer comme faisant partie de l'œuvre qui nous occupe ici, l'auteur des ïambes a écrit ces lignes : « Ainsi, même dans les chaleurs de l'âge et des passions, et même dans les instants où la dure nécessité a interrompu mon indépendance, toujours occupé de ces idées favorites, et, chez moi, en voyage, le long des rues, dans les promenades, méditant toujours sur l'espoir, peut-être insensé, de voir renaître les bonnes disciplines, et cherchant, à la fois, dans les histoires et dans la nature des choses, les causes et les effets de la perfection et de la décadence des lettres, j'ai cru qu'il serait bien de resserrer, en un livre simple et persuasif, ce que nombre d'années m'ont fait mûrir de réflexions sur ces matières. » Ce morceau va trouver dans notre recueil sa véritable place; il for-

I. Voy. les Œuvres en prose, éclit. de Becq de Fouquières, p. 828 à 333.

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