‹ Œuvres inédites. Publiées d'après les manuscrits originauxChapitre 57 sur 84 · MINUTIUS FELIX · texte numérisé non relu

MINUTIUS FELIX

sévérer dans cette recherche pénible ; qu'on peut s'indigner que des hommes, souvent sans lettres et sans étude, osent décider sur l'essence divine et sur la nature des choses ; que dans ces matières on peut trouver des opinions vraisemblables, mais non évidemment vraies ; que la médiocrité humaine est trop loin de ces découvertes, et que les hommes seront assez heureux si, d'après l'oracle d'un sage, ils se bornent à se connaître eux-mêmes. Ce langage, qui est la raison même, attire du chrétien cette réponse : « Celui qui n'a point un sentiment juste du vrai est promené de doute en doute et de soupçon en soupçon ; il n'est donc pas étonnant que Gecilius soit agité par des idées contraires et incohérentes, mais pour qu'il ne soit plus dans cet état, je vais le confondre et le convaincre par la vérité bien prouvée. » De là il part pour se moquer des superstitions payennes, et puis des opinions et des doutes des philosophes. Il dit que des démons se cachaient dans les statues des divinités payennes et de là prédisaient véritablement l'avenir, et qu'euxmêmes l'avouaient quand ils étaient chassés et contraints de parler par les chrétiens. Il dit qu'il faut honorer le signe de la croix, ne fût-ce que par ce qu'un vaisseau à voiles et à rames, et la forme d'un joug, et celle d'un homme qui adore Dieu en étendant les mains, représente[nt], selon lui, «ine croix. Pour preuve de la résurrection des corps, il dit que le soleil et les astres se couchent et se lèvent, que les fleurs meurent et renaissent, que les arbres reverdissent,

etc., et Cecilius convaincu par de si belles raisons ne manque pas de se faire chrétien à la fin du dialogue.

Je me serais moins étendu sur cet auteur s'il n'avait pas été le copiste de tous ceux qui, avant lui, et le modèle de tous ceux qui, après lui, ont fait l'apologie du christianisme contre les payens. (Voir Sénèque, dans Lactance, 1. 6, c. 25.) Cartons ces premiers chrétiens faisaient un mélange du platonisme, etc., et Justin Martyr, dans sa seconde Apologie, dit expressément que Socrate avait en partie connu le Christ.

Si je ne m'étais point borné dans mon sujet, il pourrait être curieux d'examiner les idées des anciens philosophes sur la nature divine, et si les auteurs chrétiens sont aussi fondés qu'ils le croient à les insulter sur cette matière, mais je me contenterai de dire que, etc. Les chrétiens des deux premiers siècles n'étant pas maîtres et puissants n'avaient pas encore un si superbe dédain pour les philosophes ; au contraire, ils les louaient, ils se disaient presque confrères : ils étaient Platoniciens...

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