V. Aristophane
[Remarques diverses.]
I. — Ce début de Praxagora [dans V Assemblée ^^ ^7= des femmes] me paraît être d'une gravité bouffonne et affectée pour faire rire. Je croirais que c'est la parodie de quelque morceau de tragédie. Le premier hémistiche pourrait être tiré mot pour mot de quelque discours pathétique où un personnage, en apostrophant le soleil, lui aurait dit: w 'XafjLTupov o'j.aa... la suite de la période semble faite dans le même esprit. Les vers 3, 4 et 5, amenés là exprès sans être attendus et avec une sorte d'emphase, paraissent être une imitation grotesque de quelque morceau pareil à celui d'Homère, imité par Virgile, où il décrit le sceptre d'Agamemnon, son origine et par
quelles mains il a passé. Cette parodie, qui est peutêtre continuée jusqu'au iS" vers, semble ouvrir la pièce d'une manière plaisante et surtout bien dans le goût d'Aristophane.
f» 273. II. V. 209 [des Grenouilles], — J'avais imaginé que ce chœur de grenouilles qui sortent des marais de l'enfer pourrait être la parodie du chœur de Néréides sortant delamer, dans le Prométhée d'Eschyle. Cependant, je ne le crois pas : parce que d'ordinaire Aristophane suit, et suit de plus près, les endroits qu'il veut contrefaire. Cependant, je suis très persuadé que c'est toujours la parodie de quelque chœur de tragédie perdue, soit de Néréides accueillant les Argaunotes {sic), ou telle autre chose semblable. Peut-être ce morceau que je suppose qu'il parodie renfermait quelque bizarrerie de style ; peutêtre l'impatience de Bacchus, et ses efforts inutiles pour faire taire les grenouilles, désignent plaisamment la longueur fastidieuse et importune du chœur que le poète tourne en ridicule. Si les scoliastes n'en disent rien, cela n'est pas une raison. D'abord, il est probable que plusieurs tragédies anciennes n'existaient plus de leur temps. De plus les critiques modernes ont découvert dans Aristophane plusieurs allusions à des passages de tragédies encore existantes que les anciens interprètes n'avaient pas indiquées.
fo 27/,. III. V. 23i [de Lysistrata]. — Tupoxv'/)GTu est un couteau à râper le fromage, de Tupo; fromage et xvr.cTi; couteau. C'est un des très nombreux dérivés du verbe
xvaw, raser, râper, piquer, etc. Ce verbe a produit une infinité de verbes et de noms de toute espèce de formes, xvgw, x.vov.i, xvt^w, /.vu^w, etc., xvr,çty.o;, /tviTULoç, xvi^Y) (ortie), x-vu^r^Giy/jç, le cri caressant des chiens dans Homère, enfin un nombre immense de mots pittoresques, destinés à représenter toute espèce de piqûre, chatouillement, prurit, désir, pointure, etc., et qui reviennent souvent aussi dans une signification amoureuse et lubrique. Le mot composé employé par Aristophane, et par conséquent alors familier à Athènes, a peut-être dû sa naissance à un passage d'Homère, qui du moins l'explique ' parfaitement, c'est-à-dire, t"X. A, oùEcamède... femme égale aux déesses, préparant le Cyceon dans la coupe de Nestor, stti atyeiov /.v/i tuogv xv/igti yaXjtsiTi, y râpe du fromage de chèvre avecun couteau d'airain.
Plutarque, dans la vie de Pompée, traduit le « digito caput uno scalpit », de Calvus par svi ^axT'Ao) •/.vaTatTTjV x£(pa>.Yiv.
IV. V. 523 [des Guêpes]. — Allusion à la mort f 275. d'Ajax, qui, ayant été vaincu par F éloquence d'Ulysse dans la dispute à qui hériterait des armes d'Achille, devient fou, et, revenu à lui, se laisse tomber sur sonépée. Sa folie, et ensuite sa honte, son désespoir et sa mort font le sujet d'une belle tragédie de Sophocle. Ce jugement de l'armée, et peut-être aussi la mort du héros vaincu, faisaienf le sujet d'une tragédie d'Eschyle, OîTltov /.pici;, l'adjudication des