LU
A LA MÊME
Castel'amare, 19 août 1834.
Natalie m'apporte cette enveloppe pour vous écrire. Comme j'écris aujourd'hui trois grandes lettres indispensables, j'avais résolu de remettre à un autre jour ma réponse à la vôtre si bonne, si volumineuse et cependant fort courte. Nous l'avons lue en famille, avant le départ de Sophie. C'est elle qui fit la lecture, parce qu'elle a le talent de déchiffrer plus vite que moi certains aimables hiéroglyphes dont vous parsemez ordinairement votre belle écriture. J'écoutais donc, bien allongé dans un fauteuil sur la terrasse, tenant à la main mes lunettes qui m'avaient mal secondé dans cette
MRRESrOKtANCE.
lecture et je jouissais de mon paisible bonheur en regardant le Vésuve. Avouez que c'est bien là savoir tirer partie de la vie, et ces bons moments, c'est encore à la bonne Valentine que je les dois.
Vos lettres sont de véritables diplômes de bonheur pour vos amis ; il est vrai aussi que, semblable en cela aux souverains de la terre, vous en distribuez une bonne pacotille dans le monde, mais cela n'en diminue pas le prix à mes yeux; je me contente de ce qui m'en revient et je ne demande rien de plus, jusqu'à ce que j'apprenne de bonne part que vous ayez signé, soit de votre certaine science, soit par distraction, à qui que ce soit au monde (que Dieu nous en préserve!) un diplôme de favori. Alors, adieu chère Valentine, adieu, je vous aimerai toujours, parce qu'on ne peut faire autrement, mais je ne vous écrirai plus — on a de la dignité! je ne s'iis pas très en peine tant q1^
I Audoui à cueillir des simpUs poui VOS oiseaux, je crains s ilem ni que l'ennui ne vous rende malade et ne vous gâ tère ; ce serait
vraiment dommage, on vous aime tant comme
vous êtes !