‹ Œuvres inéditesChapitre 10 sur 57 · SUR XAVIER DE MAISTRE. XXXI · texte numérisé non relu

SUR XAVIER DE MAISTRE. XXXI

russe un rang officiel qui le rapproche de son frère le diplomate et lui permet de faire face aux énormes exigences de la vie à Saint-Pétersbourg. Dans cet emploi il obtint successivement les grades de lieutenant- colonel, le 13 décembre 1807, et de colonel, le 26 août 1809. Ces faveurs n'avaient pas laissé d'exciter la jalousie de quelques officiers sardes engagés au service de la Russie. Bien que l'usage en Russie autorisât tous les membres d'une famille a porter le même titre que le chef, on protestait contre le titre de comte donné au cadet des Maistre; on allait jusqu'à l'appeler déserteur pour avoir suivi SovvarofF en Russie. Joseph s'indignait de ces mesquines jalousies, d'autant plus justement qu'il s'était imposé la loi de ne jamais rien demander pour lui et les siens, et patronnait chaudement tous les officiers piémontais ; « Lorsqu'on est tout à la fois, ecrivait-il, militaire, physicien, chimiste, écrivain brillant, dessinateur de premier ordre, etc., on peut bien obtenir quelque chose. Celui qui envoie des chansons aux dames et des mémoires à l'Académie des sciences sortira nécessairement des rangs. » Joseph ne poussait pas le désintéressement jusqu'à repousser les grâces de l'empereur qui venaient chercher son fils et son frère. Le 8 juillet 1810, Xavier passa dans la suite de l'empereur à l'étatmajor, division de l'administration du quartier-

maître général, et quelques jours après, entre dans l'armée active, il fut envoyé en Géorgie. Il y accompagna le marquis Paulucci à Ti- Jlis, assista, du 30 septembre au 21 octobre, aux opérations dirigées contre les peuplades insoumises du Kouban. et prit part à la poursuite du chef Shah Aali, dans l'expédition du Tabassaran. Pendant cette campagne, Xavier se distingua souvent, et surtout au siège de la forteresse Akhaitzich, où, dans une sortie faite par l'ennemi, il fut blessé au bras par un coup de feu tire a bout portant. Une lettre de Joseph écrite le i/ij février ibii contirme cet accident ; « Mon frère Xavier a été blessé grièvement à Alkaleik, en Géorgie. Dans une lettre qu'il a dictée le 19 décembre (v. stylo), il me charge de vous témoigner combien il regrette que son bras droit, perce de part en part, ne lui permette pas d'écrire. Trente-deux jours apî-és le coup, l'intlammation n'avait pas diminué et les chirurgiens n'étaient pas d'accord. L'un disait que le périoste avait etc attaqué, l'autre voulait que ce fût un tendon. Tous s'accordaient pour une opération qui me tient fort en souci jusqu'à' ce que j'en sache le résultat. » Heureusement pour le militaire et l'artiste le bras guérit.

L'année suivante, Xavier demande un congé et contracte un mariage depuis longtemps désire. Nous trouvons dans une lettre de Joseph

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