‹ Œuvres inéditesChapitre 11 sur 57 · SUR XAVIER DE MAIS T RE. XX XIII · texte numérisé non relu

SUR XAVIER DE MAIS T RE. XX XIII

datée du 19 février (a mars) 1812, d'intéressants détails sur cette union : « Je vous prie de vouloir bien faire part à S. M. (le roi de Sardaigne) du prochain mariage de mon frère, colonel dans l'état-major général de l'armée à la suite de Sa Majesté Impériale, avec m"'' Zagriatski, demoiselle d'honneur de Leurs Majestés Impériales. C'est une personne du plus grand mérite et de la plus grande distinction. Sa Majesté Impériale a daigne donner à ce mariage une approbation qui ajoute beaucoup à la satisfaction de ma famille. Le grand Maréchal de la Cour est venu voir M''*' Zagriatski dans l'appartement qu'elle occupe au palais et lui a fait part qU'en témoignage de l'approbation que l'Empereur donnait a ce mariage, il daignait convertir pour elle en pension viagère la somme de 3,000 roubles que les demoiselles d'honneur reçoivent annuellement pour leur entretien et qu'on nomme argent de table. Il lui a promis de plus qu'a la première occasion. Sa Majesté Impériale daignerait encore approcher mon frère de sa personne en le nommant son aide de camp. » Dans une lettre écrite le la mars de l'aunee suivante, Josepli donne quelques détails qui montrent que, si ce mariage était affaire d'inclination, l'intérêt autant que l'amour-propre trouvait ample satisfaction dans cette union. (( Mon frère a joué de bonheur dans cette

affaire d'une manière bien singulière. Le mariage, excellent sous tous les autres rapports, était un peu faible sous celui de la fortune; mais le jour même où il a quitté sa femme pour se rendre au quartier général de l'Empen^ur, où il a été rappelé (le 11/23 février dernier), le chambellan Zagriatsky, frère unique de la demoiselle, a jugé à propos de mourir d'un coup d'apoplexie dans sa terre de TambofF. C'était un fort mauvais sujet, dissipateur du premier ordre ; cependant la terre seule de Tamboff vaut 1,200,000 roubles au moins, et ce n'était pas sa seule propriété. D'ailleurs, l'oncle d'ici (grand échanson, et non grand chambellan, comme je l'ai dit par distraction) a 40,000 roubles de rente, et cette hoirie, qui devait se fondre dans celle du neveu qui la dévorait d'avance, se trouve libre et tombera encore à ces dames. Des personnes parfaitement au fait des affaires de cette maison m'assurent que, toute soustraction faite, il ne peut pas rester à mon frère ou à sa femme moins <le deux mille paysans, c'est-a-dire plus de 50,000 livres de Piémont de rerite. L'air de Russie, comme Votre Majesté voit, nous convient assez. i> L'oraison funèbre du beau-frere chambellan est plus laconique que l'enumeration des biens apportes à M""' de Maistre par cette mort opportune. Les Maistre ont trop d'orgueil pour être intéressés, mais l'aîne, hmg-

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