‹ Œuvres inéditesChapitre 12 sur 57 · SUR XAVIER DE MAISTRE, XXXV · texte numérisé non relu

SUR XAVIER DE MAISTRE, XXXV

temps besoigiieux malgré la plus stricte économie, trop lier et désintéressé pour se plaindre de la gène, n'est pas fâché d'exposer aux jeux du roi le contraste entre son honorable pauvreté et la brillante position de son frère. Les âmes les plus hautes ne peuvent s'empêcher de sourire un instant aux faveurs inaccoutumées de la fortune. Quant à Xavier, nous l'avons dit, ce qu'il rechercha le moins dans ce mariage ce fut la dot, et les riches espérances qu'il lui apportait ont même pu contribuer, avec un caractère délicat et ombrageux comme le sien, à en retarder la conclusion.

Une lettre adressée par Xavier à son frère et datée de Vilna (9/ai décembre 1812), nous le montre assistant à l'affreux désastre de notre armée, contemplant avec un profond sentiment de pitié pour les Français, d'horreur pour « l'homme infernal qui les a conduits à cet excès de malheur », « ce champ de bataille continu » depuis Moscou jusqu'à la frontière.

Au 18/30 avril 1813, Xavier était quartiermaître de l'armée commandée par le lieutenant-général Walmoden « qui, suivant les apparences, est destmé à de grandes aventures et doit incessamment entrer en Hollande ». M Mon frère, ajoute Joseph, voit les choses de prés et ne peut plus douter du succès, depuis qu'il voit l'esprit public et l'enthousiasme allemand : chacun court aux armes, chacun

s'empresse de fournir aux dépenses nécessaires. L'Université de Kœnisberg a fait une adresse à ses sœurs, dans laquelle elle dit qu'il ne s'agit plus de science en ce moment, qu'il faut fermer les livres et monter à cheval; c'est ce que tous les jeunes gens ont fait. » Ce grand mouvement national nous préparait la défaite de Leipsick, à laquelle assista le lils de Joseph, Rodolphe de Maistre , mais non Xavier, retenu alors par une riévre obstinée dans un village de Silésie.

Le 7 août i8ij, ce dernier se rendit sous les murs de Dantzick, avec le grade de gcncral-major qui lui avait été donné le i8 juillet précédent, en recompense de ses services comme officier d'état-major. A dater du 15 novembre 1813, il compta effectivement dans l'armce russe, qu'il devait quitter peu d'années après, poussé sans doute par quelques difficultés que lui créa, malgré sa bonté, la susceptibilité de son caractère.

Entin, pour épuiser les renseignements biographiques fournis par la correspondance de Joseph, dans une lettre du 6/18 avril i8i$ qui met en scène une partie de la famille, M""^ de Saint-Réai, sœur de MM. de Maistre, le vicaire gL'nt-ral de Chambéry et de Tarentaise, leur frcre, appelé à Paris, puis à Bordeaux, pour une œuvre de conversions, nous voyons XavicM- avec son jeune novcu <i qui partent pour

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