‹ Œuvres inéditesChapitre 19 sur 57 · SUR XAVIER DE MAISTRE. LXXIII · texte numérisé non relu

SUR XAVIER DE MAISTRE. LXXIII

sur ïoxidutioa de l'or par le frottement, l'autre indiquant un procédé pour composer avec Voxide d'or une couleur pourpre qui peut être employée dans la peinture à l'huile. Plus d'une fois le peintre a laisse sécher et pinceaux et palette pour ses cornues, alambics et verres de couleur. Bien souvent les expériences d'optique ou de chimie ont fait tort à la peinture, mais il y songeait encore en paraissant la négliger. Xavier, nous l'avons dit, et plusieurs lettres l'attestent, se préoccupe plus que l'on ne le faifait alors de la composition chimique des couleurs qu'il emploie pour ses tableaux. Incapable d'apprécier la valeur de ses recherches scientifiques, nous remarquerons du moins qu'elles prouvent la curiosité, le rayonnement en tous sens d une intelligence ouverte a des spécula- ^tions si diverses. D'ailleurs, on ne saurait nier l'utilité pratique de ces expériences. L'art est forcement tributaire de la science et de l'industrie. Que de toiles perdues, ou sur le point de disparaître, parce que l'artiste a néglige cette vérité banale : il n'y aura que les tableaux peints de bonnes couleurs qui passeront a h postérité.

Joseph écrivait en 1806 à M"'' Hiiber-Alléon : « Mon frère adresse à votre excellent fils une longue épitre scientifique.» M. le colonel Hiiber Saladin, son petit-fils, n'a pu nous fournir de renseignements sur cette épître. La Bi-

hliotheque universelle de Genève a donné en 1841 un mémoire de Xavier intitulé : Méthode pour observer les taches que l'on peut avoir dans le cristallin. « Ce petit voyage autour de la chambre de l'œil » n'avait rien cette fois d'humoristique et de littéraire. Le même recueil a encore publié de Xavier : 1° des Expériences imitatives pour servir à l'explication des trombes (1832); a" Conjecture sur la cause de la projection apparente des étoiles sur le bord de la lune (18^1). Nous tenions à citer les titres de ces divers mémoires à leur date, pour montrer qu'à toutes les époques de sa vie Xavier s'est plu aux recherches scientifiques ; il n'a pas seulement goûte les magniticences de la nature en artiste ému et sensible, il l'a interrogée en savant qui poursuit l'explication de ses phénomènes. Qu'on ne s'étonne donc point de le voir un jour, dans une de ses promenades, tout en admirant les splendeurs du paysage napolitain, « rêver chimie ». Chez lui, rare exception, la préoccupation du savant n'anéantit pas l'impression de l'artiste. Toujours il revient à la couleur et à la lumière, parfois, dans sa jeunesse, comme un papillon, pour s'y briiler. Nous avons dit, on se le rappelle, que le premier essai de sa plume est le récit d'une ascension malheureuse. C'était encore le soleil, foyer de toute lumière, que notre téméraire aeronaute allait chercher pour

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