AU COMTE XAVIER DE MAISTKE. III
« moi ses grands yeux bleus, vous refusez le « dernier témoignage d'amitié que je puisse vous « donner ! »
u — J'accepte, Sire, m'écriai-je aussitôt, je n'ai hésité un instant que parce que je ne croyais pas avoir mérité un don si précieux, je l'accepte avec la plus vive reconnaissance. »
Avant de me la remettre, il tira à moitié la lame du fourreau et la regarda quelque temps avant de s'en séparer.
,, — Ah! disait-il, si au lieu de m'attaquer par (( d'odieuses intrigues et de noires calomnies, mes « ennemis m'avaient attaqué de bonne guerre, « lorsque j'étais à la tête de mes braves soldats « suédois ! Cette arme aurait su me défendre ou i( l'on m'aurait enterré avec elle; aujourd'hui elle « m'est inutile, elle sera mieux entre les mains a d'un brave comme vous... elle pourra vous « servir et vous lui ferez honneur. »
Il la remit entre mes mains, et se jetant à mon cou, il me serra dans ses bras.
(i — Adieu donc, mon cher Hautford, mon « cher ami, soyez heureux et ne m'oubliez pas! »
Puis s'élançant dans la chambre voisine, il en ferma la porte.