‹ Œuvres inéditesChapitre 48 sur 57 · AU MÊME, A LUCQ.UES · texte numérisé non relu

AU MÊME, A LUCQ.UES

Vendredi, à 7 heures 1/2,

JE savais déjà l'aventure des cinq voyageurs dont le cocher est venu chez nous à une heure du matin pour avoir le témoignage du nôtre ; on le soupçonnait d'être de connivence avec les voleurs. Ainsi, cher comte, j'avais déjà rendu justice intérieurement aux douaniers de Lucques. Notre affaire à nous a certainement eu lieu sur le territoire lucquois, à 10 minutes au plus de la douane, du moins c'est l'avis du cocher qui connaît bien l'endroit. Les employés de Pise sont venus prendre

I}^' CORRFSPONDANCE.

des informations hier et ont dit que cela ne les regardait pas. Au reste cela est fort indiffèrent, comme i:e sont les deux mêmes coquins qui ont fait le second coup, tous deux bien reconnaissables à leur signalement et à leurs armes, notre accident se terminera en bloc avec celui des cinq braves. Je crois qu'il y a maintenant moins de danger que jamais, parce que les deux brigands ont sûrement fui le pays et ne s'amuseront pas à fureter sî près de la justice, toute faible qu'elle soit. Je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'entreprendre d'autres démarches : notre aventure est connue de tout le monde, et il est tant de l'intérêt du gouvernement de soigner notre argent, qu'il fera le possible pour qu'il ne prenne pas une si mauvaise route.

Nous regrettons bien que votre bonne intention de venir nous voir n'ait pu avoir son exécution ; ma femme et Natalie vous remercient et sont bien reconnaissantes des soins que vous vous êtes donnés pour les venger de la frayeur qu'elles ont eue, elles présentent avec moi leurs liommages à M""' de Marcellus. Je serais allé moi-même vous voir, mais je suis toujours un peu roidc, les bains me fatiguent, sans me procurer beaucoup de soulagement pour ma douleur dorsale. Bonsoir, cher et bon voisin.

Je suis toujours et à loujoure.

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