SUR XAVIER DE MAIS T RE. XV
pouvoir être plus heureux de ce côté que le comte de Marcellus lui-même à qui l'on écrivait que « la réputation de Xavier de Maistre n'aurait rien à gagner à la publication de ces lettres». M. J. Philippe, député de la Savoie, sollicitant dans le même but un petit neveu de notre écrivaiii, M. Amédée de Focas, en a reçu une réponse analogue. L'agrément et l'intérêt d'une pareille publication est affaire de goût et sujette à discussion, son opportunité regarde la famille, elle y est juge sans appel. Nous comprenons par exemple que la correspondance entre Xavier de Maistre et celle qui devint M""^ de Maistre en 1812, Sophie Zagnatski, a un caractère trop particulièrement intime pour tomber de longtemps dans le domaine public par le fait d'un membre survivant de la famille.
Sur nos cent seize lettres, quatre seulement avaient ete imprimées : la première (29 décembre 1812), fragment extrait de la correspondance diplomatique de Joseph dfe Maistre. adressée par lui à son souverain, le roi de Sardaigne, la deuxième et la troisième adressées en 1B28 a cette jeune Elisa dont il est question dans le Lépreux et dans l'Expédition nocturne, publiées ]psLr M.. Carrel; la quatrième (avril 1839), écrite par Xavier à Charpentier, éditeur des Nouvelles genevoises de Topffer. Nous avons tire quelques renseignements bio-
graphiques de notes rapides communiquées au comte de Marcellus par le baron Gustave de Friesenhoff. Celui-ci était devenu le neveu de Xavier de Maistre par son mariage avec « la ckère nièce Natalie )i. si souvent nommée dans la correspondance. « Mon oncle, écrit-il à M. de Marcellus, avait fait, après la mort de sa femme (30 septembre 1851) , un immense autoda-fe de tous ses papiers, lettres, dessins, minutes, etc. » Rien n'en fut sauvé qu'une partie de sa correspondance avec sa femme et le manuscrit de quelques nouvelles inachevées. Ces nouvelles étaient apparemment la dernière œuvre de l'écrivain qui y attachait un certain prix, car l'une des héroïnes de ces petits récits, Catherine Freminski, hantait encore aux derniers jours sa mémoire défaillante. Aussi avonsnous extrait de ces cahiers incomplets, couverts de ratures et de renvois, les pages les meilleures et les plus suivies. On ne lira pas sans intérêt celles qui offrent un pittoresque tableau de mœurs des paysans russes.
M"" la baronne de Fries'jnhotF possédait de Sun oncle un petit livret de pensées détachées et un autre de poésies. L'auteur, toutes les fois que ce dernier lui tombait sous la main, ne manquait pas d'en arracher quelque feuille qui lui déplaisait dans le moment. On le voit, la severiic du frère aîné sur cet article n'avait qu a demi de.ourage .Xavier de faire des vers,