SUR XAVIER DE MAIS T RE. XXV
pour les provisions, les lingeries, les domestiques composent le rez-de-chaussée. On monte par un escalier de pierres grises au premier étage, où l'on trouve un petit salon et cinq ou six chambres de maîtres ou d'hôtes. »
Malgré le charme de la description, assurément exacte dans son poétique ensemble, négligeons le parterre, le verger, le potager, la prairie, les immenses noyers, les oliviers gigantesques du Nord, le torrent de l'AÏsse, l'horizon fermé par les tourelles du petit manoir de Servolex et la montagne de Nivolet. Pénétrons sur les pas du poète dans le rustique manoir. « C'est là .qUe vivait à cette époque la famille. Elle se composait du comte de Maistre l'aîné, ambassadeur de Sardaigne à Pétersbourg) rentrant après une longue absence dans sa patrie de sa femme etde ses
tilles retrouvées à cette halte après une longue séparation, 4u. colonel de Maistre, propriétaire de Bissy, de sa femme toujours souriante et de quelques nièces aussi enjouées et aussi avenantes que cette tante ; de l'abbé de Maistre, aatre frère qui devait bientôt devenir évéquè d'Aoste, et en linde Xavier de Maistre, dont on regrettait l'absence et qu'on attendait de Petersbourg, où un heureux et riche mariage avait tixe son sort errant. » Lamartine ne nomme pas un cinquième frère, Victor, qui mourut jeune. Celui que le poète appelle le
colonel de Maistre est le chevalier ]\'icolas qui devint colonel du régiment de Savoie. Une lettre de Nicolas, adressée de Vigevano (17 mai 1798) à la comtesse Ponte, raconte comment il contribua avec trois cents hommes à Gravclone, au cri de Savoie, Savoie, en avant! a sauver un régiment de Savoisicns écrasé par les Français et à rejeter ceux-ci sur l'autre rive de la Strona. En 1815 il fut l'un des quatre députes de la Savoie envoyés a Paris pour demander à l'empereur Alexandre que ce pays fût rendu à ses anciens maîtres.
En résumé, le chef de cette famille, François Xavier de Maistre, d'origine languedocienne, avocat fiscal près le Sénat de Savoie, dont il devint président, eut de son mariage, contracté le 7 avril 1750, avec m"*-' Christine de Motz dix enfants, cinq lilles et cinq (ils : Joseph fut magistrat comme son père, Andrc entra dans les ordres, les troia. derniers, liicolas, Xavier et Victor, ont suivi la carrière des armes. Joseph et l'une des sœurs, Marie, ont cte parrain et marraine de Xavier.
Ce n'est là qu'un sec dénombrement; il faudrait pouvoir s'arrêter devant chaque portrait, en relever, comme fiiit Lamartine, l.i physionomie et le trait original. Le philosophe Joseph, la gloire alors et l.i majesté de la famille; l'abbe il la lois tns-picux et trt'.<. enjoué, une .sorte de Sterne savoyai'd, l'égal au