‹ ŒuvresChapitre 132 sur 148 · XXXIV. De la Société · texte numérisé non relu

XXXIV. De la Société

La société consiste dans les services mutuels que se rendent les particuliers; c'est pourquoi elle se lie par la communication et permutation : et tout cela est né du besoin , parce qu'il n'est pas possible qu'un seul homme puisse suffire à tout. Ainsi la société demande la diversité des ouvrages; car s'il n'y en avait que d'une sorte, chacun serait suffisant à soi-même. De là vient que deux médecins ne composeront jamais une société; mais le médecin , par exemple, et le laboureur. Ils se donnent donc l'un à l'autre les choses dont ils ont besoin. Mais d'autant qu'il y en a dont l'ouvrage vaut mieux que celui des autres, afin d'obliger le meilleur à donner au moindre, il a fallu faire une mesure commune ; et cela, les hommes l'ont fait par l'estimation. Or, afln que cela fût plus commode; d'autant qu'il semblait extrêmement difficile d'égaler des choses de si différente nature, comme une maison et du blé, on a introduit l'usage de l'argent. Je vous donne mon blé, par exemple; mais j'aurai besoin d'un logement dans quelque temps. Je fais un échange avec Paul, afin de me loger : mais Paul n'a pas de quoi m'accommoder, il substitue de l'argent en la place du logement que je lui demande ; et ainsi l'argent m'est comme caution que je pourrai avoir une maison quand la nécessité me pressera, sans quoi il est évident que je ne délivrerais pas mon blé que je ne visse la maison en mes mains. C'est pourquoi Aristote appelle V argent, Jidejussor nummus, spo7isor ' . ]

PKASEES

ce que la nature désire : et cela, c'est absolument 'îu manquer de rien; parce qu'il faut contenter la nature non I opinion. La pauvreté n'est plus opposée à là nécessite, mais au luxe; et ainsi ce que dit Aristote se vérifie en cette rencontre, que « les hommes ne « travaillent qu'à irriter la soif de leurs cupidités •. .

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