ARTICLE IX
Sur la distinction que fait le ministre entre la foi de l'Église et la théologie des Pères.
Il est maintenant aisé de voir combien il impose au monde par sa belle distinction de théologie et de foi, dont il fait tout le dénoilment de son sys-
■ Ap. Ath. de Svn. et Hil. Ub. iv de Trin. - ' 4rt. 5 - » Ps. ux, 3.
SUR LES LETTRES DE M. JljRIEU.
wne. Il n'ose dire que l'f^lise ait varié dans sa foi , du moins sur des articles si fondamentaux; et il impute les erreurs des Pères, non pas à leur foi qui ne changeait pas, mais à leur théologie toujours variable. 11 voudrait me faire accroire que c^tte rare distinction de théologie et de foi m'est inconnue.» Il faut , dit-il • , avoir le cœur fait « comme l'évêque de Meaux, pour se moquer « comme il fait de la distinction que j'ai dit qui est « entre la foi de l'Église et la théologie de ses doc- • teurs. » Visiblement il donne le change. Où a-til pris que je me moquasse d'une distinction si reçue? Je la reçois comme tout le monde : je reconnais de la différence entre la foi qui propose aux fidèles des vérités révélées, et la théologie qui tâche de les expliquer, et je sais (car aussi qui ne le sait pas?) que ces explicjitions ne sont pas de foi. Ce que j'ai dit à M. Jurieu , ce que je lui dis encore, et ce qu'il fait semblant de ne pas entendre, c'est que cette distinction ne lui sert de rien. Car je lui demande encore un coup, comme j'ai fait dans le premier Avertissement», si ce qu'il appelle théologie des anciens, « était une explication qui laissât en son entier le fond des mys- « tères,ou bien une explication qui les détruisit « en termes formels? Ce n'était pas, poursuivais-je, « une explication qui laissât en son entier le fond « des mystères ; puisqu'on lui a démontré que selon « lui c'étaient les choses les plus essentielles, que « les anciens ignoraient : » comme sont dans les lettres de l'année passée la distinction éternelle des trois Personnes divines, et encore dans celle-ci leur égalité parfaite et l'iminutabilité de l'être de Dieu. C'est donc le fond des mystères et des vérités catholiques que le ministre fait nier aux anciens : et il faut ne rien prouver, ou attribuer ces explications , c'est-à-dire , ces ignorances et des erreurs si grossières non point aux particuliers , mais à l'Église elle-même ; puisque c'étaient des variations, non pas des particuliers, mais de l'Église en corps, dont il s'agissait entre nous : »
C'est à quoi il faudrait répondre ; et non pas soutenir toujours que la foi de l'Église était entière, pendant que la théologie du siècle y était directement opposée. Encore s'il n'attribuait cette fausse théologie qu'à quelques Pères : « Mais, dit- « iP , je n'en excepte aucun ; c'était la théologie :. de tous les anciens avant le concile de ?ficée: » , et c'était la théologie même du concile de ISicée : puisque, loin de la condamner, ce grand concile la confirme par ses anatbèmes.