‹ ŒuvresChapitre 62 sur 148 · EXTRAITS DE LETTRES DE M. BURNET · texte numérisé non relu

EXTRAITS DE LETTRES DE M. BURNET

En attendant le livre de M. Papin * , que ses infirmités continues retardent depuis si longtemps, le lecteur sera bien aise de voir les extraits des lettres de M. Burnet , que j'ai promis , et en mfém« temps de savoir à quelle occasion elles ont été écrites. Ce jeune ministre , célèbre dan^ son parti pour son esprit et pour son savoir, comme il paraît par le témoignage que lui rend M. Jurieu , et protestant de très-bonne foi , s'il en fut jamais, a toujours cru ^ comme il est vrai, que le principe fondamental de la religion protestante était de ne reconnaître sur la terre aucune autorité que celle de l'Écriture en général , sans se croire astreint à aucune tradition , iftterprétation , détermination de l'Église, soit ancienne , soit moderne : voilà son principe, ou plutôt celui de la religion où il avait été élevé. Zélé qu'it était pour son parti , il se retira , comme les autres , depuis la révocation de l'édit de Nantes : et après avoir été fait prêtre de l'Église anglicane protestante , avec toutes sortes de bons témoignages , il exerça son ministère avec beaucoup de réputation dansquelques villes des plus célèbres du Nord. Le caractère de son esprit est d'être suivi, et de pousser un principe dans toutes ses conséquences. Celui de ne reconnaître aucune autorité sur la terre lui tenait autant au cœur que la religion qu'il professait , parce que c'en est le fondement , et , à vrai dire , ce qui la distingue de la foi romaine. Plus il suivait ce principe, plus il sentait que ni les décisions des synodes, ni les Confessions de foi , ni enfin ce qu'on appelait dans le parti la traditive des Églises protestantes , n'étaient un principe suffisant pour le déterminer : au contraire, l'autorité qu'il voyait qu'on voulait donner à toutes ces choses , contre les vrais principes de la réforme , lui paraissait, comme elle était selon ses principes, un joug tout à fait humain, qu'on imposait aux consciences, et un vrai retour au papisme. En cet état, on voit bien qu'il devait devenir fort tolérant : il s'enfonçait insensiblertient dans la tolérance, où les principes de sa religion le conduisaient ; et il est vrai qu'ils le mettaient beaucoup au large : car il ne connaissait pas ce joug salutaire que l'autorité de l'Église impose à notre raison chancelante par elle-même, et la réforme lui avait appris à le regarder comme une tyrannie. Il est toujours demeuré fort persuadé de la divinité de

» La Tolérance des Protestants et l'Autorité de l'Église, imprimée eu 1692. M. Papia mourut en 1709, dans le temps qu'il préparait une seconde édition de cet ouvrage, que le P. Pajon, prêtre de l'Oratoire, son consin, et fils du célèbre ministre Pajon , publia depuis avec quelques aulres de «a ouvrages, i^\>le de Leroi-)

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