Dcut. XVIII, 15, 13, 20: — ' Dciit
et en puissance, mais encore en dignité : ayant reçu l'esprit de sagesse, parce que Moïse avait mis les mains sur lui ». On lui obéissait donc, non pas comme à un législateur, mais sur des faits particuliers. Il n'en est pas ainsi de ce prophète que Moïse annonce comme devant lui être semblable. Il dit de lui : Fous l'écouterez : qui est aussi la même chose que le Père éternel a dit de son Christ : Celui-ci est nwn Fils bien-aimé : écoutez-le*.
Il y a donc deux prophètes d'un caractère particulier : le ministère de l'un devait succéder à celui de l'autre ; et il est dit singulièrement de chacun d'eux : Écoutez-le: l'un médiateur de la loi ancienne; et l'autre, médiateur de la nouvelle : autant différents entre eux que les deux lois qu'ils ont établies. Toutefois il y a entre eux quelque chose de commun : c'est qu'à la tête de chaque loi qui devait , pour ainsi dire, régner, il y a un prophète par excellence pour chacune : mais le dernier l'est, d'autant plus qu'il est le fils; au lieu que l'autre était le serviteur^. Celui dont le ministère était passager, montre l'autre dont le ministère était éternel : aussi ne lui nomme-t-il point de successeur, et il lui remet pour toujours l'autorité et la prophétie. Que si l'on a écouté Moïse avec une crainte si religieuse , et si ceux qui ont violé sa loi ont été punis de ynort sans miséricorde, de quels supplices serontdignes ceux qui auront foulé aux pieds le Fils de Dieu 4 , et qui n'auront pas obéi à Jésus ?
nie ÉLÉVATION.
La prophétie de David.
Béni soit le nom et le règne de notre père David 5 ! Béni soit le fils de ce saint roi ^ , par qui nous vient la vie et le salut! Les psaumes de David sont un évangile de Jésus-Christ tourné en chant, en. affections, en actions de grâces, en pieux désirs. C'est ici, disait Jésus-Christ, la vie éternelle : de vous connaitre, ô Père céleste! qui êtes le vrai Dieu, et Jésus-Christ, que vous avez envoyé t. C'est par où commencent les psaumes. Le premier montre la félicité de celui qui garde la loi de Dieu " : et ensuite, dès le second, on voit paraître Jésus- Christ : toutes les puissances du monde conjuréescontre lui : Dieu qui s'en rit du plus haut des cieux,. et qui, adressant la parole à Jésus-Christ même, le déclare son fils qu'il engendre dans l'éternité 9. C'est, dès le commencement, l'argument de tous les psaumes.
David l'a vu dans le sein de son Père engendré avaiit l'aurore, avant tous les temps : il a vu qu'il strdÀl son fils , et en même temps son seigneur^". Il l'a vu roi souverain : régnant par sa beauté, par sa bonne grâce, par sa douceur, etpar sa justice : perçant le cœur de ses ennemis par une juste vengeance , ou celui de ses amis par un saint amour.
' D.eiit. xxxiv,9. — '3/a«A. xvir,I5. — ^ //e6. m, 3, 5, 6 — *lbid. X, 28, 2S). — 5 Marc. XI, 10. — « Math. XXI, 9. f». flXVli,26. — ' Joan. xvil, 3. — » Ps. I, I et seq. —* Fi. i^ 7. — "■ P» ax, I, 3, i , 6, 7. Matth. XXU, *4, «.
ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES
V. l's adoré dans^on trône éternel , comme un Dieii , tine soii Dieu a sacré par une divine onction • ; père et protecteur des pauvres , dont le nom sera honorable devant lui; puissant auteur de la bénédiction des Gentils conaacrés et sanctifiés en son nom » ; prédicateur d'un nouveau précepte dans la sainte montagne de Sion ^.
Il a vu toutes les merveilles de sa vie , et toutes les circonstances de sa mort : il en a médité tout le ■mystère 4. U a maudit en esprit son disciple qui le devait vendre; et il en a vu l'apostolat passé en. d'autres mains *.
Ses pieds et ses mains percés, avec son corps violemment étendu et susp«ndu , ont été le cher objet de sa tendresse 6. David s'est jeté par la foi entre ses bras amoureusement étendus à un peuple contredisant. Il a goûté le fiel et le vinaigre i qu'on lui a donnés dans sa soif. Il voit tout, jusqu'à l'histoire de ses habits divisés, et de sa robe jetée au sort 8. II est touché des moindres circonstances de sa mort, et n'en peut oublier aucune. Il se réjouit en esprit de lui voir, après sa mort, annoncer la 'Vérité aux Gentils dans la grande Église 9 , où tous Jes peuples de l'univers devaient se réunir, oîi les pauvres comme les riches devaient être assis à «a table. Enfin il l'a suivi au plus haut des deux 'avec des captifs attachés à son char victorieux '". il l'a adoré ,a*s/5 à la droite du Seigneur " , oij il a été prendre sa place.
O Jésus, les chères délices, l'unique espérance, et l'amour de notre père David ! C'est principalement par cet endroit-là qu'il a été l'homme selon le cœur de Dieu ", Sa tendresse pour ce cher fils, qui est le Fils de Dieu comme le sien, lui a gagné la «cœur du Père éternel. S'il a tant pensé à Jésus souffrant dans toute sa vie, à plus forte raison y a-t-il pensé lorsqu'il a été sa figure en souffrant lui-même. S'il est si doux à ceax qui l'outragent, s'il est muet, sans réplique et sans défense; si , loin de rendre le mal pour le mal, il rend à ses ennemis des prières pour leurs imprécations; si ce bon roi s'offre à être la seule victime pour tout son peuple désolé par la main d'un ange, il en voyait l'exemple en Jésus. Faut-il s'étonner s'il a été si humble et si patient dans sa fuite devant Absalon ? Ce fils obéissant le consolait des emportements et des fureurs de son fils ingrat et rebelle.
O Jésus ! je viens avec David m'unir à vos plaies , vous rendre hommage dans le trône de votre gloire, me soumettre à votre puissance. Je me réjouis, Fils de David , de toute votre grandeur. Non , vous n'avez point connu la corruption'^, vous qui étiez par excellence le saint du Seigneur '■i. Fous avez suie chemin de la vie, la gloire et la joie vous accompagnent 'S. f-'ovs régnez aux siècles des
siècles « , et voire empire n'aura point de^A *. IVe ÉLÉVATION.
L«s autres prophètes.
Nous avons expliqué ailleurs les oracles sacrés des prophètes sur notre Seigneur Jésus- Christ 3. Je dirai ici en abrégé qu'ils ont tout vu :ses deux naissances; la première toute divine, des le jour de l'éternité : le lieu marqué pour la seconde, dans Bethléem'^ : une vierge qui le conçoit et qui C enfante :un enfant qui nous est né : nnfUs qui nous est donné ^. Enfant, homme dès le premier jour; et tout ensemble Dieu fort et tout -puissant^. Reconnaissons avec Zacharie l'humble monture de ce Roi juste, clément et doux i, lorsqu'il fait son entrée dans sa ville royale. Considérons avec lui les trente deniers pour lesquels il a été vendu; et l'emploi de cet argent pour acheter le champ d'un potier^. Tout s'accomplit en son temps. Le pasteur est frappe, et le troupeau se dissipe. Les disciples se retirent chacun chez eux, et Jésus demeure seul 9. On crache sur son visage , et il ne se détourne pas pour éviter les coups et les infamies qu'on lui fait'". On le perce; et tout Israël voit les ouvertures des plaies qu'il lui afaites^'. Comme un autre Jonas, on le jette dans la mer pour sauver tout le vaisseau ; et comme lui il en sort au bout de trois jours ".
A mesure que le temps approche , ses mystères se découvrent de plus en plus. Daniel compte le» années où se devait accomplir son onction , ses souffrances, sa mort, suivie d'une juste vengeance, et de l'éternelle désolation de l'ancien peuple qui a méprisé le Saint des saints'^. Il voit en esprit le Fils de l'homme à qui est donné un empire , à qui nuls lieux, nuls temps ne donnent des bornes. Cet empire, le plus auguste qui eût été et sera jamais, sera l'empire des saints du Très-Haut '*. Daniel , étonné de sa grandeur, se trouble dans ses peosées, et conserve cette parole dans son coeur. Mais il faut que ce Fils de l'homme souffre une mort violente.
Isaïe nous apprend à goûter ses souffrances ; il Ao\i porter nos péchés , et par là s'acquérir l'empire, et partager les dépouilles des forts; et la cause de ses victoires, c'est qu'il s'est livré à la mort. // a été mis au rang des scélérats, crucifié entre deux larrons : c'est le dernier des hommes, et tout ensemble le plus grand. Ce n'est point par force qu'il souffre la mort. Il s'y est offert, parce qu'il l'a voulu. Il n'a point ouvert la bouche pour se défendre ; il est muet comme l'agneau sous la main qui le tond. Le silence du Fils de Dieu parmi tant d'outrages et tant d'injustices , qui est le plus
'/>». XUV, 3, 4, 5, 6, 7, 8. — * Ps. LXXI, I, 4, 14, 19. — » Ps. Il, 6. — • Pi. XXI et LXvui. — » Ps. cvui, 8. Joan. xiir, 18. Act. I, 16,00. — «/>». XXI, 16, 17, 18, 19. —'/»«. LXVIir, 22. Joan. xix, 28, 29, 30. — ' Ps. xxi, 19 et seq. — » Jbid. ». — '• Ps. Lxvii, 18, 19. Ephes. IV, 8. — •' Ps. cix, 1 , 5. — *» /. Reg. XIII, 14. — '•» Ps. XV, 10. Act. n, 31. XHI, 35. - •* Uarc. V24- Luc. i, 35. — '» Ps. xv, 10.
' Apoc.Xï, 15,17. — ' Luc. I, 32, Z3. — * Disc. SHrVHitU Univ. II* partie. La suite de la Religion. — * Mich. v, 3. Matt. Il, 6.-3 Is. vil, 14. Matth. i, 21 , 22, 23. — • It. IX, 6. ^ ZMCh. IX, 9. Matth. XXI, 5. — • Zach. xi, 12, 13. Matth. xxvii, 9, 10. — » TAch. xm, 7. Matth. xxvi, 31, 56. — '• 1$. L, 6. — " Zach. XII, 10. JiMn. xix, M. - '» J(m. il, 2. Matth. XII, 40. XVI, 4. — " Dan. ix,21 et seq. Matt, XMt ' 15, — '» Dan. VU, 13, 14. 15. 27. sa.
ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES
CSG
rpinarquable caractère du Fils de Dieu, a fait l'adiniralion de ce prophète. On le croit frappé de Dieu pour ses péchés, lui qui est l'innocence même ; mais c'est pour les nôtres qu'il souffre, et nous sommes guéris par ses blessures '. Les prières qu'il pousse vers le ciel , dans cet état de souffrance , sont le salut des pécheurs pour qui il prie. Une longue postérité sortira de lui, parce qu'il a volontairement souffert la mort : et son sépulcre, d'où il sortira vainqueur et immortel, sera glorieux '.
Ce seul passage si précis et si étendu, où les souffrances du Sauveur futur sont inculquées en tant de manières , suffisait pour animer tous les sacrifices et le culte de la loi, et mettre continuellement devant les yeux des vrais Israélites, qu'elle contenait sous ses ombres, la rémission des péchés par une mort volontaire, un sang salutaire qui les expiait, des plaies qui rétablissaient la santé de rhomme; et dans tout cela un Sauveur aussi juste que souffrant , qui nous guérissait par ses blessures.
Combien plus doit-on se nourrir de ces plaies sacrées, de cette mort, et de ce sang innocent versé pour les pécheurs , depuis, comme dit saint Paul , que Jésus-Christ a été crucifié à nos yeux? O Gaiales insensés, comment vous laissez-vous fasciner les yeux ^ après un tel spectacle ! Accourez , peuples, à la croix de Jésus-Christ. Et puisque c'est vous qui lui avez tous donné 'la mort, Venez, comme dit l'évangéliste après le prophète, venez, dis-je , contempler celui que vous avez percé 4.
Ve ÉLÉVATION.
Réflexions sur les prophéties.
Les choses étant en cet état, la venue de Jésus- Christ étant préparée dès l'origine du monde, toute la loi , pour ainsi dire , en étant enceinte et toute prête à l'enfanter. Dieu laissa le peuple saint quatre à cinq cents ans sans prophètes et sans prophéties : voulant leur donner ce temps pour les méditer, et pour soupirer après le Sauveur. A la veille de faire cesser les prophéties , c'est-à-dire dans les temps de Daniel , d'Aggée , de Zacharie et de Malachie, il déclare les secrets divins plus clairement que jamais. C'est de quoi font foi principalement les Semaines 4e Daniel , où les temps de la venue et de la mort du Christ étaient exactement supputés. Aggée avait dit ces mémorables paroles à la gloire du second temple : Encore un peu de temps. Car, qu'était-ce que quatre cents ans et un peu plus , à comparaison de tant de milliers de siècles où le Sauveur avait été attendu ? Encore donc un peu de temps, et je remuerai le ciel et la terre ; et le Désiré de toutes les nations viendra; et je remplirai de gloire cette maison nouvellement rebâtie; c'est-à-dire le second temple , dit le Seigneur des armées, le Dieu tout-puissant *. L'argent esta moi, et l'or esta moi : tout est en ma puissance ; et si je voulais faire éclater cette maison en richesses même temporel-
« /«. LUI, 7 et seg. — ' /*. xi, 10. — ' Galat. ni, I. — ' lach. Xil, 10. Jpoc, I, 7. — ' jégg. II, 7, 8, ».
les, je le ferais; mais je lui prépare un autre éclat par la venue du Désiré des nations. La gloire de cette seconde maison sera plus grande que celle de la première ; et f établirai la paix dans ce lieu , dit le Seigneur des armées •.
S'il faut regarder le temple par un éclat extérieur; la gloire du premier temple , sous le riche empire de Salomon, de Josaphat, d'Ézéchias et des autres rois , sera sans contestation la plus grande. Loin que le second temple eût le même éclat, ceux qui le rebâtissaient, et qui avaient vu le premier, ne pouvaient retenir leurs larmes en voyant combien il lui était inférieur. Il est vrai que , dans la suite des temps, la gloire du second temple fut grande dans l'Orient. On y vit porter les présents des rois » ; et je ne sais si Hérode, qui le rebâtit, n'en égala pas la magnificence à celle de Salomon. Mais après tout, et quoi qu'il en soit, ce n'est pas là de quoi remuer le ciel et la terre ; et un si grand mouvement se doit terminer à quelque chose de plus grand que les richesses terrestres. Voici donc le grand mouvement du ciel et de la terre : c'est que le Désiré des nations, le Christ qui en est l'attente, paraîtra sous ce second temple. Il viendra, dit le saint prophète Aggée ^ ; et où viendra-t-il } Un autre prophète l'explique dans le même temps : J'envoie mon ange , dit Malachie 4 , au nom du Seigneur; et il préparera la voie devant ma face : et en ce temps viendra dans son temple le Seigneur que vous cfierchez , et l'ange du testametit ou de l'alliance , que vous désirez. Le voilà qui vient, dit le Seigneur. 11 n'y a plus rien entre deux : il n'y a plus de nouvel ouvrage , ni de nouvelles figures du Christ à venir, ni de nouvelles prophéties. Voici le dernier état du peuple de Dieu; et après cela il n'y a rien à attendre que le Christ qui entrera dans le second temple.
Ce n'est donc pas sans raison que le saint vieillard Siméon ^ , qui attendait avec tant de foi la venue du Christ et la rédemption d'Israël, fut amené en esprit, c'est-à-dire par inspiration , avec Anne la prophétesse , cette sainte veuve , dans le temple où le Seigneur allait entrer. C'est qu'alors s'allait accomplir la gloiredu second temple, lorsque Jésus y devait venir pour y établir la paix, comme Aggée l'avait prédit.
Aux approches de ce temps heureux toute la nature était en attente, tout le peuple vivait en espérance. S'il n'avait plus de prophètes , il vivait en la foi et dans les lumières des prophéties précédentes. Ceux qui étaient éclairés d'en haut appelaient celui qui les devait sauver de leurs péchés. Le Christ , à la vérité, leur était souvent montré comme un conquérant , qui les devait délivrer des mains de leurs ennemis, qui les tenaient en captivité. Mais cette captivité et ces ennemis n'étaient d'un côté qu'une figure d'une captivité spirituelle, et de l'autre une punition de leurs péchés, qui leur attiraient tous ces maux , et mettaient ce joug de fer sur leur tête ; et enfin les frayeurs de leur conscience letr
' Agg. Il, 10. — » //. Mach. m, I, 2, 3. — » Jgg. ii, 8 — ♦ Ual- ni, I.— * Luc. II, 25, 26, 27.
élévatioîns sur les mystères.
faÎRaient sentir que le grand mal dont ils devaient être délivrés était leurs péchés. C'est pourquoi ils reconnaissaient qu'ils avaient besoin rf'un Sauveur qui les expiât : il leur fallait un juste et un innocent , qui fiH la sainte victime qui les effaçât. O ciel, envoyez votre rosée, et que les nues pleuvent le juste; que la terre s'ouvre, et qu'elle germe le Sauveur ' ! Poïir être Sauveur, il faut qu'il soit juste , d'une justice qui vienne du ciel , qui soit divine, inGnie, et celle de Dieu même; afln que nous puissions l'appeler, après le prophète , le Seigneur notre justice^. Ce juste qui devait venir du ciel doit aussi sortir de la terre; il faut qu'il joigne en sa personne le ciel et la terre , qu'il soit Dieu et homme tout ensemble : que, par une double naissance, il vienne tout ensemble , et du ciel dans les jours de l'éternité, et de Bethléem^ dans le temps, comme l'avait dit le prophète; et c'est ainsi que dans j)€u de temps, dans le dernier période du peuple de Dieu, ce grand Dieu devait remuer le ciel et la terre <.
Cependant tout se préparait à son arrivée. Le royaume de Juda vivait sous ses lois dans une parfaite liberté ; peu à peu il se dégradait ; et quand le temps approcha qu'il devait être détruit, il tombe entre les mains des étrangers. Un nouveau peuple se prépare au Christ futur; et on va voir toutes les Bâtions venir en foule composer ce nouveau royaume, qui était sous le FUs de l'homme , le rotjaume'des saints du Très-Haut, qui ne devait jmnt avoir de fin 5. Nous touchons au dénoûment des mystères; et le Dieu homme va paraître.
Purifions nos cœurs pour le recevoir : songeons au malheur de ceux pour qui il était venu , et qui cependant n'ont pas voulu le connaître. Charnels, ambitieux, avares, quand Jésus est venu à eux, ils l'ont méconnu : ils l'ont mis à mort, parce que ses saintes paroles n'entraient point dans leurs cœurs. Purifions-nous donc, pour le recevoir, de tous les désirs du siècle, en attendant son glorieux avènement : autrement tout est à craindre pour nous : sa venue nous sera funeste, et nous le crucifierons comme les Juifs.
Vie ÉLÉVATION.
L'apparition de Diea d'une noavelle manière; et ce que fait la venue du Ctirist promis
De si haut qu'on reprenne l'histoire sacrée, on y trouve que Dieu apparaît en figure humaine aux patriarches , aux prophètes. Un des hommes que voit Abraham, et qu'il reçoit en sa maison, se trouve être le Seigneur même , Dieu même , à qui rien n'est difficile ; qui donne un fils à Sara , quoique stérile ; qui pardonne aux hommes ; qui les punit selon les règles de sa bonté et de sa justice ; à qui Abraham adresse ses prières comme à Dieu ; qui parle lui-même comme Dieu ; qui dispose de toutes choses avec une suprême autorité^. Ce Dieu qui apparaît à Abraham est souvent appelé ange , c'est-à-dire envoyé'. C'est un envoyé, pour l'amour
» U. XLT, 8. — ' Jerem. xxni, 5,8.— 3 Uieh. V, 2. — • Jgg. 11,7. — * Dan. vu, 13, M, 27. — * Gen. xrui , i , 3 , li,tu: — ' Jbid. X11I, II, ri, 15, 16. etc.
de qui Abraham avait voulu immoler son fils unique; qui en accepte le sacrifice; qui renouvelle toutes les promesses à Abraham : c'est donc un ange, c'est un envoyé qui est Dieu. C'est fange du Testament' , l'ange du grand conseil, et le Fils de Dieu lui-même, qui dès lors se plaisait à la forme d'homme qu'il devait prendre personnellement au temps marqué.
Le même apparaît à Isaac et à Jacob. Jacob le voit au haut d'une échelle; et il appelle le lieu oît il est la maison de Dieu, et la porte du ciel'. Il y dresse un autel à celui qu'il avait vu , et lui rend ses adorations. Jacob combat avec lui , comme avec un homme , et se glorifie d'avoir vu Dieu/ace à face '. Il reçoit l'ordre de lui dresser un autel ; il l'invoque et il le loue , comme celui qui fa regardé dans son affliction •*. Combat mystérieux , où Dieu veut bien s'égaler à l'homme , et que l'homme, aidé de Dieu, l'emporte contre Dieu même, et lui arrache, pour ainsi dire , sa bénédiction par une espèce de violence '. Il apparaît de nouveau à Jacob, et se nomme le Dieu tout puissant; et confirme toutes les promesses qu'il avait faites à Abraham et à Isaac. Tout cela en figure de celui qui s'est incarné pour nous, qui dès lors nous préparait ce graod mystère , le commençait en quelque façon , en fai* sait voircomme uneespèced'apprentissage elcomme un essai : qui enfin a voulu , en la forme humaine , faire les délices de nos pères; qui par un amour extrême, et, si l'on peut l'appeler ainsi , par une tendre passion pour notre nature, a fait aussi de son côté ses délices des enfants des hommes, et a voulu montrer par là qu'il est celui qui , conçu et en gendre dans le sein de Dieu comme sa sagesseéternelle , a mis son plaisir à être avec eux <».
Parcourons ici en esprit tous les endroits où le Dieu trois fois saint paraît avec une face et avec des pieds 7, où la gloire du Dieu d'Israël s'élève au dessus du chariot », et se rend sensible; où l'Ancien des jours apparaît avec sa tête et ses cheveux blancs comme neige 9 : et croyons que toutes ces apparitions ou du Fils de Dieu , ou du Père même, étaient aux hommes un gage «ertain que Dieu ne regardait pas la nature humaine comme étrangère à la sienne , depuis qu'il avait été résolu que le Fils de Dieu, égal à son Père, se ferait homme comme nous.
Toutes ces apparitions préparaient et commençaient l'incarnation du Fils de Dieu : l'incarnation n'étant autre chose ({xx' une apparition de Dieu"> au milieu des hommes , plus réelle et plus authentique que toutes les autres : pour accomplir ce qu'avait vu le saint prophète Baruc, que « Dieu même, après « avoir enseigné la sagesse à Jacob et à ses enfants, « avait été vu sur la terre , et avait conversé parmi « les hommes: " «qu'en cet état on lui dirait, corarot faisait Isale : « C'est dans vous seul que Dieu est»
> Mal. m, I. — » Gen. xxvi. XXVIII, 13, 13, 16 , 17, Vf — ' Jbid. xxxil, 24, etc. — * Ibid. xxxv. 1,3. — » Jbi» II, 12. — « Prov. vin, 22, 23,31. — ' /*. VI, I . 2, S. -. • Ezech. 1, I et seq. — » Dan. Vil, 1 , 9, 13. — '• /. Fim m, 16. — " Bar. m, 37 , 38.
^xs
ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTERES
« et il n'est en aucun homme comme en vous : Dieu
• n'est point sans vous : vous êtes vraiment un Dieu
• caché, le Dieu d'Israël, le Sauveur'. Le voilà, » nous disait Malachie », « ce Seigneur que vous at- .< tendiez , » cet ange qui a apparu à Abraham et aux patriarches : « le voilà qui vient en personne , « qui apparaît dans son temple. » Et remarquez qu'un autre ange le précède, « et lui prépare la « voie : » mais cet ange n'est point appelé le maître, le dominateur, « ni celui qui vient dans le temple, » comme dans un lieu qui est à lui : ad templum sanctum suum. C'est Jean-Baptiste , le saint précurseur de Jésus-Christ; c'est, comme l'appelle le même prophète, un autre Élie, qui vient préparer les hommes à recevoir Jésus-Christ, « de peur qu'à « son arrivée le genre humain ne soit frappé d'ana- « thème 3. »
C'est par ces mots que finit le prophète Malachie. La prophétie finit avec lui : et en voilà le dernier mot. Ainsi le dernier des prophètes termine saproiphétie en nous désignant le premier prophète qui «devait paraître après lui , et lui remet, pour ainsi parler, la prophétie et la parole.
Entrons ici dans l'esprit des Israélites spirituels, ^es Juifs cachés qui désiraient le Sauveur, et se •consolaient, dans cette attente, de tous les maux <le cette vie. O Jésus , vous êtes celui qui deviez venir! 0 Jésus , vous êtes venu ! 0 Jésus , vous devez encore venir au dernier jour, pour recueillir vos élus dans votre repos éternel I O Jésus , vous allez «t venez sans cesse ! Vous venez dans nos cœurs, et vous y faites sentir votre présence par je ne sais quoi de doux , de tendre et de souverain. Que l'esprit et l'épouse disent : Fenez : que celui qui a soif vienne. Car Jésus vient en nous, quand aussi nous venons à lui. Oui, dit Jésus, je viendrai bientôt. Jh! venez, venez. Seigneur Jésus 4! Venez, le Désiré des nations , venez, notre amour et notreespérance , notre force et notre refuge , notre consolation dans le voyage, notre gloire et notre repos éternel dans la patrie!
XP SEMAINE.