VI. DERNIÈRES OB^RVATIONS
1® On m'a dit que la consommation de la viande de porc était, dans le département, plus considérable que je ne le supposais.
Mais ^ors, vous avez plus d'intérêt à la produire; car, au lieu d'un million que vous payez annuellement à la vallée çt au Limousin , vous donnez probablement un million et demi , peut-être deux.
2^ Quelques personnes prétendent aussi qu'il y a j^lus d'avantage à acheter de petits cochons qu'à les produire.
C'est vrai , pour im particulier qui a peu de terre et qui ne peut nourrir une truie portière. — Mais c'est très^wix pour un département comme le nôtre , qui peut , sans ancoB effort, produire avec ses 600 mille hectares, 300 mille cochons par année. — La première économie est de ne rien tirer d'un pays qui ne tire rien de chez nous.
Je conçois qu'il y a plus souvent avantage à acheter un bœuf, im cheval , un mulet , qu'à le produire , parce que ces races ne dorment qu'un petit par an , et que sa croissance est longue.
En effet, achetez une pouliche après le sevrage, pour avoir de sa race , que vous vendrez à 5 ans.
La pouliche emplira à 3 ans et produira à 4. — Vous nourrirez le petit pendant cinq années encore. — C'est au bout de neuf années seulement que vous vendrez. — Que d'accidens dans ce long intervalle? — • Et combien vendrezvous?
Voyons maintenant ce que vous obtenez d'une truie. Elle emplit à 9 mois , et fait ses petits à 13 et demi. — elle fait deux portées par an; elle en donne 7 à 8 par portée.
DES RACES PORCrNES CRANAISES. 30'J
A 3 ans et 2 mois , elle aura produitJTO à 80 cochons. (En calculant sur 6 petits par portée , c'est soixante).
Ces soixante cochons auront valu , pour la consommation, qui les tuera de 6 à 12 mois, 2à3 mille francs. — Et si l'éleveur les vend seulement 8 ou 10 francs aprts le sevrage, sa truie lui aura donné de 480 à 600 fr. au moins. — Sur quelle race obtient-il un pareil Wnéficeî
Mais voici encore un avantage immense. Les autres races d'animaux diminuent de valeur en vieillissant; la truie augmente. Après l'engraissement elle vaudra, à peu près, ce qu'elle aura consommé.
L'animal le plus productif est certainement la truie portière , pour un cultivateur éclairé qui a une ménagère soigneuse.
Mais il lui faut une bonne race , et surtout une race appropriée aux besoins du peuple , pour qu'il puisse être assuré de la vente , et d'une vente prompte , même à bas prix.
Choisissez maintenant entre la grande et la moyenne race, entre le beau et l'utile , entre ce que veut le boucher de la ville, et ce que vous demande le peuple.
L AMELIORATION DES MOEURS , DES CULTURES ET DES ANDUn DOMESTIQUES , DANS LES DEUX-SÈVRES ET LE POITOU.
Les Deux-Sèvres et le Poitou sont pauvres , parce qa'ils n'ont rien de ce qui enrichit aujourd'hui , le commerce et les manufactures. Les mécaniques ont tué notre industrie et l'ont tuée pour long-temps.
La richesse est toute dans le sol ; c'est à la terre que nous demandons l'aumône , elle la donne petite ; car si une terre améliorée paie le laboureur , une terre épuisée rend à peine les frais de culture.
Pour achever de nous ruiner , nous payons quatre impôts , trois à nos vices , un au gouvernement. Il faudrait mettre les premiers de côté et payer l'autre en améliorations. — Je crois la chose possible.
Si ce que disent les médecins est vrai : à mal connu , re- 7nède trouvé , cette lettre pourrait être utile. Mais je crains tort qu'on ne fasse rien de mon vivant : nul n'est prophète en son pays. — Jeunes gens je vous lègue mes idées.
LKnRE A TOUT LE MONDE. 374