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DU SOL

Chacun connaît ce qui l'entoure ; mais le département a trente lieues de long et contient six cent sept mille hectares : c'est une étendue immense que fort peu d'entre nous ont parcourue dans tous les sens. Si l'on juge par ce qu'on voit , ce que je dirai paraîtra fort inexact. Je m'occupe de l'ensemble.

D'abord deux grandes divisions , la Plaine et le Bocage.

Dans la Plaine , les hauteurs , les plateaux , les sommités sont argilo-calcaires. La couche arable est mince , elle repose sur une terre ocreuse , ayant de la profondeur , posée elle-même sur im banc calccûre. Cette terre a de la fraîcheur , et pourtant laisse filtrer l'eau. C'est ce que nous avons de meilleur ; avec une bonne culture et des engrais , elle donne de bonnes récoltes.

A mesure que le plan s'incline , la roche calcaire surgit et se montre ; le sol devient plus sec , quelquefois maigre. Les vallées , qui étaient autrefois le lit d'im ruisseau , sont fertiles , mais écrasées par une succession constante de céréales.

Nous avons aussi des contrées où l'on trouve des marnes de seconde formation , grises , blanches , ocreuses , généralement argileuses. Elles retiennent l'eau pendant plus ou moins de temps , suivant la pente du terrain. Ce sol produit d'excellentes récoltes dans certaines années , un peu rares pour le laboureur. Nous avons peu de craies pures ,

37i L'AGRICULTURE POPULAIRE.

mais beaucoup de marnes graveleuses dans nos plaines calcaires.

Tout cela est cultivé , semé de la même manière , et pourtant chaque sol veut sa culture et sa plante.

Dans le Bocage , la couche arable a plus de profondeur ; mais elle repose sur un banc d'argile imperméable à l'eau. Cette couche arable varie et se nuance depuis Targile pure et tenace , jusqu'au sable le plus mouvant. On trouve également le schiste et le granit de seconde formation.

Si ce pays était plat , les eaux l'abîmeraient; heureusement qu'il est mamelonné , bossu , en coteaux et vallons. Mais on n'y connaît peu l'art de dessécher la terre. Chez nous , cette science n'a pas fait un pas depuis le déluge.

Nous avons quelques marais généralement en prairies , donnant une herbe de mauvaise qualité. Le peu qu'on cultive serait excellent en tout pays.

Ce qui est remarquable dans ce département , c'est ud mélange alternatif de terres bonnes , passables , médiocres et mauvaises ; elles sont mêlées , jetées sur le sol comme le bon et le mauvais grain ; elles se touchent, se quittent , se reprennent presque constamment.

Je classe ainsi le sol :

Un quinzième est à peu près improductif. Il faudrait de grands travaux pour le mettre en valeur 1

Deux quinzièmes sont mauvais et peuvent s'améliorer 2

Huit (juinzièmes sont médiocres ; ils produiront de bonnes récoltes avec des engrais et un bon assolement 8

Quatre quinzièmes sont bons , et demandent une bonne culture 4

nM»

J'estime que la zone calcaire comprend les deux tiers du territoire ; la zone argileuse un tiers. Mais on trouve l'une et Tautre dans les quatre arrondissemens. Dans ceux de Bressuire et de Parthenay , la base argileuse domine ; dans ceux de Niort et de Melle , c'est la base calcaire.

Considéré généralement , ce sol est d'une qualité médiocre. Il lui faut des engrais et un bon assolement.

Doubler les produits ne serait pas chose difficile ; mais il faut que tout le monde le veuille; le propriétaire surtout.

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