CHAPITRE PREMIER
CE QUE DOIVENT d' ABORD CONSIDÉRER LES COMICES.
Des hommes se réunissent , l'Etat et le département leur donnent des fonds pour améliorer l'agriculture. — C'est un comice.
Il y en a qui appellent tout le monde. — C'est bien. — D'autres compliquent la réception de manière à blesser celui qu'on refuserait. — C'est mal.
Un comice est un congrès de propriétaires , de fermiers , de cultivateurs, d'amis de l'agriculture. — Celui qui possède dans dix comices doit être membre de chacun ; car il s'agit d'améliorer ses domaines. — C'est im édifice à construire , et chacun doit apporter sa pierre.
Le premier devoir d'un comice est d'étudier son arrondissement , de connaître la composition du sol et la manière dont il est cultivé. — On y arrivera dans peu d'années; jusque-là on n'y a pas songé.
Que verra-t-ilî
Dans les plaines , une terre effritée , écrasée par une longue succession de céréales; — \m sol peu ou point fumé , auquel on demande une récolte annuelle ; — des produits faibles que la moindre variation dans les saisons affaiblit encore , — une population pauvre et sans énergie , tourmentée par le besoin.
Dans les bocages , la 8* partie en culture ; — de vastes pâturages où la nature sème le chiendent ; — des bestiaux mourant de faim pendant sept mois , qui , toujours dehors ,
ne font point d'engrais à Tétable ; — des fennes de 50 hectares n'ayant qu'une charrue , comme celles de dix; — une population rare parce qu*il y a peu de travail.
C'est ce que vous trouverez partout où les prairies artificielles sont inconnues, et où on ne cultive que peu ou point de racines.
Cependant les dépenses se sont multipliées et les fermages augmentent.
Pour le cultivateur , la récolte de l'année doit payer les dépenses de Tannée. — S'il se trouve en débet, il sème tout pour arriver au pair. Aussi, plus de jachères, mais un assolement détestable qui appauvrit de plus en plus le sol.
Voilà le mal , — cherchons le remède.
Que doit dire le comice? — Cette machine fonctiom)e mal , il faut la réparer. — Cette terre s'épuise , il faut l'améliorer.
C'est ce qu'a fait M. de Dombasle à Roville , M. Bella à Grignon ; c'est ce que fera tout propriétaire instruit , arrivant sur son domaine pour le cultiver. — S'il ne commence par là , sa ruine est certaine.
Améliorez le sol , vous augmenterez les produits ; — vous augmenterez les bestiaux, — vous augmenterez leï engrais. — Il n'y a pas d'autre moyen.
Ainsi , r idée-mère , la pensée dominante du comice doit être l'amélioration du sol. C'est là qu'il doit appliquer la plus grande partie des fonds dont il dispose , et surtout sa volonté , son énergie et sa persévérance.
L'objet de cet écrit est donc l'amélioration du sol — par les fumiers, — par les amendemens, — par les récoltes enfouies, — par les prairies artificielles, — par la culture des racines , — et par les récoltes vertes.
XîUIDE DES œMIGES. 463
Je parlerai des bestiaux , et j'indiquerai le seul moyen , à mon avis , d'améliorer en France les races bovine et porcine.