DE LA SEMENCE
Mes enfans, vous ne soignez pas vos semences. — Comment ! nous travaillons deux ans pour une récolte de froment , et vous poussez à ce point la négligence ? Voyez autour de Niort: bonne terre et mauvais grain; dans la ville braves gens et mauvais pain. — C'est qu'on ne
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soigne pas la semence ni le battage du grain. — Femmes , enfans et vieillards peuvent
Un courrier I un courrier I crie-t-on de toutes parts, avec une lettre pour le père Abraham. — C'est vraiment un courrier, bottes à la barre, plume de coq au chapeau, sonnettes de dix livres au poitrail de la monture , deux gros grelots sur le garot; c'est un courrier.
Le père Abraham lit la lettre , courte , la voici :
- Trois grands ambassadeurs demandent un supplément à Talmanach, dans l'intérêt du pays. — Ils arriveront le jour indiqué. «• (Ni date ni signature.)
Le vieillard interroge le courrier. — D'où sont les ambassadeurs, mon ami!.... De leur endroit Où demeurentils! En leurs maisons Comment s'appellent-ils t....
Comme leurs pères Sur quoi veulent-ils un supplément? Ils le diront Cet homme à Tordre de ne
dire mot, reprend le bonhomme C'est vrai, répond le
courrier.
Un supplément! vraiment il en faut un, dit le pauvre vieux. — Les fromens ne sont finis, cent mille choses à dire. — Nous n'arriverons jamais sans ça. — 106 ans , ma jeunesse passe; maître Jacques en a 30 à 40 de moins , mais ça ne dit rien.
On ne mesure le temps avec une corde, dit Franck. — r Courte vie et longs travaux. — Aussi bien meurt l'agneau que le bélier. — Tout vient avec le temps, dit-on; mais le temps manque à tout. — Faisons un supplément; battons le fer tant qu'il est chaud. — Le courage fait l'ouvrage.
Le vieillard assemble le conseil. — Pendant qu'on délibère, 50 mille personnes crient: Un supplément! il faut un supplément!
Un conseiller lui conta raventure et Talmanach continue.