‹ ŒuvresChapitre 23 sur 145 · DES FUMIERS · texte numérisé non relu

DES FUMIERS

î znanque-t-il sur ta ferme , Eustache Maigrinet 1 . . . .

lier. — Et après ?.. du fumier , et toujours du fumier.

is raison. Avec un peu de terre et du fumier , tu feras

les citrouilles sur le haut du clocher.

• fioniers , il n'y a point de bonnes terres^ avec du

' , il n'y en a point de mauvaises.

ier sans fdmer , c'est se ruiner. — Si tu te moques

iene , elle se moquera de toi. — ^Pour qu'elle rende , il

il ivêter : elle ne donne rien pour rien.

bétail maigre donne peu de fumier et du sec ; celui

(an état en donne beaucoup et de bon.

ULria. savoir qneb sont les meilleurs fumiers ! les voici

ûré : la fiante de pigeon et de volaille , le fumier de

, de mouton , d'ane , de mule , de cheval , de cochon,

''et de vache. — Mêle-les tous , l'un améliore lautre.

ièce de gros bétail fume deux boisselées et demie

s et demi ou 1,000 toises carrées] ; dix moutons

itant.

50 boisselées (7 hect*** 1/2) dans les plaines ,

'S de gros bétail et 30 moutons bien nourris

'0. — Si ta terre est affamée , forte , hu-

Ti'en fumeras que les deux tiers ou la

([uantitéde bétail.

- jtartie de l'année aux champs , et

n L'AGRICULTURE POPULAIRE.

qui y couche l'été , rend peu de fumier et d'une qualité médiocre. — Il faudrait le nourrir 9 mois à l'écurie et qu'il couchât toute l'année.

Une année de fumage n'améliore pas une terre ; il faut qu'elle soit fumée de longue-main.

Point de mauvaises années pour celui qui fume bien ; et:^ guère de bonnes pour celui qui fume mal.

Quand tu as déjà du fumier , tu le vois augmenter chaque;année : c'est que tes prés donnent plus de fourrage et tes^ champs plus de paille.

Qu'est-ce qu'une ferme sans fumier î im cheval qui n'aque trois jambes : on le fouette et la pauvre bête ne marche pas , elle se traîne.

Les fermiers ont trop de terre. . . pour le fumier qu'ils font.

J'ai 150 boisselées , me disait Nicolas Finau, je vais en prendre 50 autres , et , avec mes deux charrues , je les cultiverai sans plus de dépenses : ça m'enrichira. ... Ça te ruinera Nicolas.

Quand on augmente de terre , il faut augmenter de fumier. Tu en fumes mal 150 , conmient en fumera&-tu 200. . . Tu découvriras Saint-Pierre pour couvrir Saint-Paul , et tu auras toujours un Saint qui gèlera l'hiver.

Ah ! maître Jacques , je fume un peu les bonnes , petitement les médiocres et jamais les mauvaises , et ça va comme ça peut. . . Dis donc que ça va fort mal.

Ecoutez tous les gens du village , ils vous diront que

nous n'avons pas de bonnes terres Je le crois bien , vous

semez toujours et ne fumez pas. C'est le moyen de voir la fin du monde et la fin du blé.

Je vous l'ai dit : point de bonnes terres sans fumiers.

Laboure bien et fume bien , voilà le secret.

Mais in(î direz- vous ce qu'il faut faire pour avoir du fumier, ma demandé Dominique Grognard.

DBS FUMIERS. 75

Sans doute. Autrement je serais comme un médecin qui Connaîtrait la maladie et ne saurait pto le remède.

Mais il faut bien que tu changes un peu tes habitudes ; ^ue tu fasses autre chose que ce que tu fais. — Je ne te dirai ]»s , prends la lune avec les dents ; mais fais ce que tu peux faire.

Ah ! je ferai comme les anciens , a dit le papa Ramponneau.

Mon ami , les anciens ont fait de bonnes choses , ne blâmons pas les anciens. — Mais connaissaient-ils la luzerne , le trèfle , le sainfoin , le raigras , la bujoline , la pomme de terre et le reste I non. ... Ils ne pouvaient donc pas en semer.

Aussi le vieil Abraham , qui a 105 ans , me disait Vautre jour , en dînant avec moi : si j'avais su , dans ma jeunesse , qu'on pouvait faire des prés partout , j'aurais 500 boisselées de terre de plus.

Adressez-vous , maître Jacques , à nos jeunes gens de 60 ans et aux enfans de 15 à 25 : ils vous écouteront. — C'est à eux que je m'adresse en effet.

J'aurais mille choses à vous dire de la chaux et de la marne , de la garobe et du blé noir qu'on enfouit en pleinefleur. Mais il y a temps pour tout ; Paris ne s'est pas fait dans un jour , il a commencé par une maison. — Une petite brassée bien portée vaut mieux qu'une grande qui est traînée.

Par exemple , tu mets ton fumier sur une hauteur , et le suin coule dans la mare , la cour ou le chemin : il se perd et c'est le meilleur. Ça n'est pas bien.

Tu fais conmie la femme à Colas qui met là graisse dans la marmite , fait bouillir et passer par-dessus ; la graisse va dans les cendres, et c'est de la soupe à l'eau claire.

Creuse auprès de ton fumier tm trou , plus large qu profond ; de manière à ce que le suin y coule. Tu y mettrais 15 à 20 charretées de terre à 7 à 8 pouces d'épaisseur.

Quand tu commenceras ton fumier, à la fin d'octobre ^ mets encore dessous 30 autres charretées de terre — Il n'y aura rien de perdu.

Brasse tout ensemble à la saison , et conduis dans tes champs. Si tu faisais 50 charretées de fumier , t'en voilà

Je sais bien que cette terre ne vaut pas le fumier ; mais les 50 charretées fumeraient seules dix boisselées ou un hectare et demi. Elles te donneront sûrement 90 boisseaux de froment ou 30 hectolitres de plus et de la paille.... C'est bon à prendre et bon à vendre.

Une famille vivrait à l'aise avec ce qu'on manque de gagner dans ime ferme. — Ah ! ça donne de la peine , a dit Etienne Fringot.... Qu'est-ce qu'on a sans peine. Si tu aimes la besogne toute faite , comme Jaquet Lambin , ne prends pas de ferme : l'argent ne vient pas dans le gousset en se croisant les deux bras.

Où prendrai-je cette terre , a demandé Grégoire Comiquet ? partout ; mais au bout de tes champs où l'on cure la charrue , depuis 4 mille années , et où il y a un pied de bonne terre de trop.

Connaissez-vous Chariot Fromentin , celui qui a été déferré d'un œil par un coup de corne?... Eh bien ! il y a vingt ans qu'il fait ce petit badinage , et il a 150 boisselées de terre à lui.

C'est le commencement de ma fortune , me disait-il l'autre jour , que nous mangions ensemble une omelette au lard ; j'ai fait des prés , j'ai du bétail.

Point de fonrrrage sans prés; point de bétail sans fouriBge.... Cest-il vrai! Mais point de fumier sans bétail , et point de grains sans fumier.

Ainsi les prés , le fourrage, le bétail et le fumier amènent le grain. Tout cela se tient, et, si l'un manque, adieu la récolte.

Veux-tu du graint . . . Fais des prés. — Le vieil Abraham le disait, dimanche dernier, sous Tormeau du village, où il eut une dispute avec Michel RoUu , qui passe pour un ancien , parce qu'il a 62 ans.

Celui qui a le tiers de ses terres labourables en prés est un bon cultivateur, disai&je; le quartn'est pas assez.

Mais, reprit Michel RoUu, je ramasserai un tiers moins de blé, si je sème un tiers moins de terre.

Tu en ramasseras davantage, dit le vieil Abraham: ce n'est pas ce qu'on sème , c'est ce qu'on fume qui produit.

Tiens, Michel; j'ai vu naître ton père, et il n'y a pcte déjà si long-temps que tu es culotté pour être bien fier. Tu es jeune et tu me dois le respect et l'écoutement.

Il le prit par Toreille.... Quand tu mets vingt petites

arrêter le vent ; des perches et de mauvais bois , puis ti-::^ couvres de paille , de genêt ou de bruyère.

Quand on ne fait pas ce qu'on veut , on fait ce qu'oie peut.

— Celui qui a la volonté a le pouvoir. — Veux-tu toutes tes^ aises , mets tes mains dans tes poches et gage un valet pour-" te faire manger la soupe.

Si je n'ai pas d'argent pour acheter du bétail.

Quand la bourse est vide , il n'est pas aisé de faire sonner lesécus. — Mais fais comme j'ai fait il y a quatre-vingts ans , achète de petits veaux et de petits agneaux.

Ils profitent plus dans un an bien nourris que dans deux mal soignés. Ils grandissent , donnent du fumier et de l'argent ; puis on a des bœufs , des mules et des jumens.

Michel , j'ai vu le vieil ormeau moins gros qu'une paille ; on nait petit , on devient grand ; l'oiseau commence son nid par un brin d'herbe , et chat-petit va loin.

Retenez bien , dis-je aux habitans , les paraboles du père Abraham , elles sont toutes vraies. — Il faut avoir , chaque année , sa sole ou sa guérette de prés , comme on a sa sole ou sa guérette de blés.

Des Joins. Coupe ton herbe avant qu'elle ne soit mure, le foin qui sèche sur pied ne vaut pas de la paille.

L'aubergiste veut du foin mûr , parce que le cheval de la pratique ne mange pas et que le voyageur paie également.

Quinze livres de foin ou quarante livres d'herbe verte , ou soixante livres de paille contiennent la même quantité de nourriture.

Jamais bête n'a pu manger assez de paille pour se nourrir ; aussi la graisse de paille est chère au marché.

Des près naturels, he foin naturel est souvent aigre et peu nourrissant , et le bétail qui le mange l'hiver est sec et

cou^^rt de poux. Les bêtes à comes le mangent; mais la 'nule, le cheval et le mouton n'en veulent pas.

Mieux vaut \m fourrage artificiel , il est toujours bon et du goût de tous les animaux.

-Arrose tes prés naturels , si tu le peux : ou bien couvre- '^s de terreau ou de fumiers , tous les trois ans ; mets-y de ^ chaux , s'ils sont himiides ou pourris. Mais quand on •ïUuique partout d'engrais pour les blés , peut-on traiter ainsi ^esprés!

Si ta prairie est \m peu sèche , couverte de mousse ou donne fort peu, laboure-la. Sème d'abord une pomme de terre ou de la navette; ensuite seigle, froment ou baillarge, suivant la qualité du sol : termine par une prairie anglaise. De la luzerne. Il y a plus de terres à luzerne qu'on ne (ïoit. Toute terre qui a du fond , et où l'eau ne tient pas l'hiver, est propre à la luzerne. — Trois à quatre pouces de terre végétale , sur un fonds de terre rouge , lui suffisent. — Un sol couvert de chails (silex), mêlés de terre, lui convient également.

La luzerne ne viendra , qu'après 20 années de labourage ,

sur un vieux pâtis, un pré, un bois arraché. — Elle aime

une terre fimiée de longue main. — Et ne doit reparaître

sur un champ que 12 années après qu'elle a été détruite.

Veux-tu réussir une luzerne?... Fais ce que je vas te

dire:

Première année. — Seigle ou froment bien fumés

Deuxième année. — Pommes de terre ou navettes complètement fumées. — Troisième année. — Seigle ou froment fumés. — Après la moisson , premier labour pour détruire l'herbe. — Après les semailles , second ^abour. — En février ou mars , troisième labour.

Eîn avril , tu écrètes ; tu donnes de suite un labour , en

travers et à l'oreille , et tu herses. — Du 8 au 20 mai , autre labour en travers , herse encore.

Tu sèmes alors la moitié de ta graine en long , et l'autre en travers, afin de garnir partout. Tu couvres avec une herse de branches et d'épines. Point de grains , c'est trop

tard.

Il faut 9 livres de luzerne et une livre de trèfle par boisselée. — Si tu crois qu'une partie du champ soit propre au sainfoin , sème , après le dernier labour à l'oreille , deux boisseaux de sainfoin par boisselée , tu herses pour couvrir, et tu sèmes après autant de luzerne et de trèfle. — Le plus fort tue le plus faible.

Ne coupe que deux fois la première année. — Ne fais pas pâturer. Ne laisse pas le trèfle à graine. Ne coupe que deux fois la seconde, et la troisième année, fais paitre légèrement. Si tu fais cela , tu aimis la meilleure luzerne du pays. Il y a des sols où la racine tu trèfle et de la luzerne sort de terre le premier hiver ; le dail la coupe et tout est perdu. Je donnerai plus tard un moyen de prévenir ce grave inconvénient.

Du sainfoin. Toutes nos plaines devraient ctre couvertes de sainfoin. C'est la plante qui prépare le mieux la terre pour le froment; c'est celle qui améliore le plus im sol maigre et épuisé.

Le sainfoin aime par-dessus tout les défrichemens , les vieux pâturages , les terres incultes. — Tu peux le resemer, siur un champ , trois ans après qu'il a été rompu.

Fais tous les ans des sainfoins , ne les fauche que quatre ans, cinq ans au plus; et sème du blé. — Les veaux, les vaches et les bœufs peuvent pâturer sur un sainfoin ; le mouton , la mule et le cheval le tuent.

Commence par dix boisselées; laisse-en la moitié à

gfme, pour semer l'année suivante. — Tu crois que le sainfoin coûte beaucoup; c'est une erreur. Récolte la graine» et ta n'auras guère moins de fourrages.

Oter les plus grosses pierres , l'hiver ou le printemps , ne coûte jamais plus de 40 sous par boisselée , et tu le fais toHmême.

Le sainfoin aime aussi ime terre fumée de longue main... Cdb viendra, tu «i auras un jour /si tu veux.

Voici la manière de le faire... Après un froment fumé, tu laboures à la fin d'octobre. — Autre laboiu* en février tiu mars.

Au commencement d'avril , tu écretes; puis tu laboures , en travers , à l'oreille. Tu sèmes alors la moitié de ta graine, ainsi que ta baillarge. Tu herses pour couvrir.

Crois-tu qu'il viendra un peu de luzerne dans une partie de ton champ! Semez-en cinq livres par boisselée avec une demi-livre de trèfle.

La terre peut-elle produire du trèfle dans une portion du terrain! Sème trois quarts de livre par boisselée.

Est-ce un sol maigre et léger! Sème une livre et demie de bujoline. Alors tu herses avec des branches et des éfines.

Il faut trois boisseaux de sainfoin ou un hectolitre par bcHSselée. Tu peux commencer par deux ou deux et demi.

Si tu veux du froment , fais du sainfoin ; fais-en chaque année ; ne te lasses point , et n'attends point qu'il soit vieux pour le rompre.

Du trèfle. Autrefois on ne semait le trèfle que dans des terres fortes , fraîches ou propres à la luzerne. Depuis qu'on connaît les effets du plâtre, on doit le semer aussi dans les plaines , dans les terres légères , calcaires et propres au sainfoin.

C'est là qu'il donne beaucoup de graines, et de bonne qualité. — Faites du trèfle , faites-en partout.

Il ne doit reparaître sur un champ que 4 à 5 ans après qu'il a été rompu.

Je conseille de le semer à sillons , après en avoir abattu la sommité par un coup de herse. — On fauche en traversant les sillons.

Trois livres de graine par boisselée suffisent. — Après la seconde , on laboure et on sème du froment. Le trèfle remplace Tannée de jachère.

11 aime aussi une terre bien fumée et un bon guéret.

Quand la baillarge ou Tavoine ont deux feuilles , herse , abats le sillon et sème ; il est inutile de couvrir , parce que la terre est fraîche.

Ne crains pas le hersage , il améliore la récolte.

De la bujoUne, (*) Il y a 20 ans que je l'ai introduite dans le pays. Ce n'est pas d'hier, comme vous voyez, que je cultive , laboure et mange des pommes de terre.

C'est le meilleur fourrage connu , ce n'est pas le plus abondant; mais c'est celui qui soutient le mieux le pâturage.

La bujoline a la fleur jaune et la graine noire; elle produit une inmiense quantité.

Pour récolter la graine , on coupe le matin , on bat légèrement sur un drap. Étends et fais sécher au grenier, car si tu mets de suite en sacs , la graine s'échauflis et ne germe plus.

Elle est bonne pendant 7 ans , tandis que le sainfoin ne vaut rien au bout de l'année. — Herse tes baillarges , quand elles ont deux feuilles, et sème quatre à cinq livres de

(^) La lupuline. On lui avait donné , dans le pays , le nom de mahre Bujault.

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lujoline par boisselée; il est inutile de couvrir. — Elle coûte , dans nos marchés , de 3 à cinq francs le boisseau , ott de 9 à 15 francs Thectolitre.

Souviens-toi que la première année après la moisson, aucune espèce de bétail ne doit entrer dans aucune espèce de prairie. Si le mouton y va , tout est perdu. — Cependant si l'été a été frais , tu peux faire pâturer légèrement le trèfle et la bujoline ; mais jamais le sainfoin et la luzerne.

Du ray-ffras. Il vient naturellement dans nos terres fortes. On le voit la première année sur nos trèfles et nos luzernes. — Nous l'appelons droye. C'est ce que l'on nomme la jaucoue, dans la Gratine, et qui vient si bien sur les terres humides.

Il aime assez la terre fumée de longue main. — Il convient aux terres fraîches, fortes, peut-être un peu froides. -— n faut le semer en abondance dans la Gratine , dans le Bocage , dans le pays couvert.

C'est un excellent fourrage. — La plante donne beaucoup de graine. — On en sème treize livres par boisselée. — On coupe mur et on bat; mais on ne nettoyé pas la graine.

Semez à l'automne; semez à sillons abattus en partie par la herçe. — • Vous pouvez semer au printemps; mais la récolte ne sera pas abondante; parce qu'elle ne talle pas ou ne guesse point.

Après la première coupe, la chaleur le tue souvent; quelquefois les pluies d'autonme ravivent. — Si vous le croyez mort , labourez et semez seigle ou froment. — Il fiaut l'essayer dans les bcmnes grôies ; il remplacera l'année de jachère.

Du brizeau. J'appelle brizeau toute récolte qu'on fait pâturer ou qu'on coupe en vert pour faire manger à l'étable.

Si tu manques de foin , fais du brizeau ; si tu en as trop ,

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fais-en tout de même. — II faut au pauvre bétail ime nourriture verte au printemps. — Dès le mois d'avril , il refuse la paille , devient étique , tombe malade et meurt quelquefois.

Brizeau d'hiver. Laboure après la moisson la terre à baillarge; herse dès que la terre est humide et abats un peu le sillon. — • Sème de suite 4 livres de navettes par boisselée , et couvre avec une herse de branches et d'épines.

Moutons , veaux , vaches et bœufs pâtureront du 1*"" janvier au 1^ mars; tu laboures et sèmes en baillarge.

Brizeau de pHineur. S^me du 5 au 20 septembre , après un ou deux laboiurs , mais sur un guéret fin , un seigle fort épais. — ^Du l*^*" au 15 avril , tu coupes pour distribuer à retable.

B^nzeau de saison. Un boisseau et demi d'orge d'hiver , autant de garobe noire sufBsent pour deux boisselées. — Sème du 10 au 25 septembre ; puis , coupe ou fais pâturer par toute espèce de bétail , du 15 avril au 10 mai.

Brizeau tardif. Sème en février , en mars , en avril encore, de l'avoine de Russie (on la trouve partout). Sème épais , et tu coupes du V^ juin au 10 juillet. Elle vient à 5 pieds de hauteur ; c'est un brizeau nourrissant , il convient éminenmient aux bocages.

B^nzeau d'abondance. Je le nomme ainsi parce qu'il dure long-temps , rend d'immenses services et vient à peu près partout. Il en faut faire une grande quantité.

Un boisseau d'avoine d'hiver et deux boisseaux de garobe sèment deux boisselées. — Tu laboures et tu sèmes de bonne heure en septembre. — Tu fais pâturer ou tu coupes du 20 avril au 10 juin.

Tout cela ne t'empêche pas d'avoir une jachère d'été, de donner les façons à la terre , et de semer ii l'automne seigle ou froment.

Mais , le l*' avril verni , tu n*as plus besoin de fourrage ; ton bétail jette son vieux poil , se rétablit et s'engraisse ; lesjumens poulinières prennent mieux. — Nourrisseurs , laboureurs , mettez- vous à l'ouvrage ; semez des brizeaux, semez-en de toutes les espèces.

Il faut une boisselée ou trois quarts de boisselée par tête de bétail. — Quand tu commences à mettre au pâturage , n'y laisse ton bétail , les premiers jours , qu'une heure le matin , une heure le soir. Donne de la paille la nuit et au milieu du jour.

Quand tu distribues à Tétable , mélange avec de la paille , pendant dix jours.

J'observe que la boisselée dont je parle contient 15 ares ou 400 toises carrées , et que le boisseau est le tiers d'un hectolitre , pesant 51 livres en froment.

J'ai lu cet article sous Tonneau du village. Le vieil Abraham a dit : Bien , maître Jacques , utile en tout temps , nécessaire aujourd'hui qu'il y a peu de foin. — Jeunes gens (car je ne vois plus d'anciens sur la terre) , écoutez mes paraboles : le plus difficile n'est pas de faire des enfans , c'est de les nourrir. . . . Il est encore aisé d'avoir du bétail , mais il faut qu'il vive.... On ne l'envoie pas chercher son pain de porte en porte ; il est attaché , criant , souffrant et mourant. ... Si la grange est vide à la fin de l'hiver , la famine est sur les bêtes. . . . Qui soigne son bétail soigne sa bourse , et qui ne le nourrit pas se ruine — Michel , Antoine et Pierrot , attention , fainéans et lambins I Si votre bétail périt, c'est votre faute ; et si l'un de vous ne fait pas de brizeaux , je l'affiche aux quatre coins du village.

Le papier manque et c'est un malheur, mes amis ; l'article des prairies n'est pas fini, et je n'ai rien dit du plâtre et du bétail. . . . Que voulez-vous î On ne veut pas augmenter

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90 L'AGMCULTURE P(»>ULA1RE.

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