‹ ŒuvresChapitre 30 sur 145 · BELLE MANIÈRE DE FAIRE CUIRE LES POBIMES DE TERRE · texte numérisé non relu

BELLE MANIÈRE DE FAIRE CUIRE LES POBIMES DE TERRE

J'ai vu la Suisse , T Allemagne , un petit de Russie et de Celgique , partout on la fait cuire au four , jamais on ne la donne crue.

Quand le pain est tiré , on fait brûler deux à trois fagots de brouille ( de 10 à 15 francs le cent ). — On ôte la cendre et Ton jette dans le four de cinq à huit pochées de pommes de terre , les unes sur les autres ; on les étend.

Pour le bétail , on ne la fait cuire toul-à-fait , mais aux deux tiers , aux trois quarts seulement , elle est meilleure. Après le pain , vous feriez cuire un ou deux sacs sans bois , bouchant la gueule du four.

C*est de la peine ! c'est de la peine ! dit Jacquet Lambin , d'un air dolent. . . C'est de la peine I c'est de la peine ! dit Pierre Paulâche , étendant sa couenne de fainéant... C'est de la peine I c'est de la peine ! dit Jean BaiUau , ouvrant une gueule à avaler un moulin à vent.

Elh bien ! dit Franck , faites comme Jean-le-Sot , il sème de la mie de pain pour avoir des miches de 2 livres ; semez-les pommes de terre cuites , vous les aurez bouillies.

Remarquez , mes enfans , reprend maître Ducrocq , que ça se fait dans l'hiver ; si c'était au temps des semailles , de la moisson , des foins , je dirais ça ne se peut. Mais en hiver , il y a moins d'ouvrage, et la peine n'est pas plus grande.

Enfin , la pomme de terre se mange toute ; il y a moins de gaspillage ; elle fait moitié plus de profit. Vous engraissez les bêtes que vous voulez.

Faites jeûner , pendant deux ou trois jours , celles qui n'en voudront pas manger. Ensuite elles en seront folles.

Si vous laissez les pommes de terre trois à quatre jours dans le four , elles aigriront peut-être.

Vous les tirez, et je vous assure qu'elles ne se gâtent;

qu'elles sont bonnes pendant dix jours. — Ça ne coule qu'un sou le sac pesant 160 livres ; ce n'est pas une dépense. Essayez, je vous en prie; essayez et vous verrez.

N'essayez pas , s'écrie M. Routinet , on vous trompe. Cest contre la routine ; ça lui donne un fameux coup de pied dans le devant des jambes. Vous feriez plus de pommes de terre , vous nourririez plus de bétail , vous auriez plus de fumier. C'est ime bêtise ; n'essayez pas , ça donne trop de peine. — Suivons la routine : elle ne crève le monde. — Les gens'du conseil disent : c'est simple et c'est bon , tout le monde le voit. Avant peu ça se fera partout.

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