‹ ŒuvresChapitre 31 sur 145 · DE FUMER SANS FUMIER · texte numérisé non relu

DE FUMER SANS FUMIER

Il y a 28 ans , dit M. le baron Aymé de la Cîhevrelière , en Goumay , j'étais en eariole , venant de 500 lieues.

Arrivé loin d'ici , commune du Vieux-Loup , nous grimpons la montagne du Diable , pour passer le chemin d'Enfer ( fort bien nommé ) .

Le postillon allait à pied. Tout-à-coup je me sens dégringoler , et me trouve à 160 pieds de bas , ayant fait vingt fois le moulinet.

Je n'avais qu'un bras cassé , avec une centaine d'écorchures : du reste bien portant; mais un petit lourd de cervelle et endormi.

Je me réveillai trois jours après , à la métairie du Pouilleux , chez Maurice Pépin , dit le père Fineau.

Dans sa terre venait le genêt , l'ajonc , la fougère , la grande bruyère , l'oseille ou la vinette sauvage. Le chêne n'y poussait pas trop mal , ainsi que le châtaignier.

Ce terrain a partout des noms différens , comme terre à seigle , — de Gâtine , — froide , — humide , — ^mouillée , —

Hi L'AGRICULTURE POPULAIRE.

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argileuse , — venteuse , — creuse , — boumaise , — __ vage , — affamée, etc. , — ^Vous connaissez ces terres , ct^-^^ ne sont bonnes. Le fumier n'y dure qu'un an.

Le përe Fineau fumait ses fromens avec de la chaux, *^ ponmie de terre et le haricot avec des récoltes enfouie^^^^^* Tous les ans il fumait , tous les ans il récoltait , jamais ss^^ ^ terre ne chômait. Il mettait son fumier dans de mauvais ^-*^^ prés , qu'il avait rendus bons.

Monsieur le cabrioleur, me disait-il (j'avais fait un^^^c grande cabriole , comme vous savez) , je mets un tonneaiK-^-*^ de chaux , — ou 4 barriques , — ou 9 hectolitres par bois — ^selée de 15 ares ou 400 toises.

Il y a quatre manières de l'étendre.

1** Je prends la terre au bout du champ , je la mets enr monceau , je fourre ma chaux dans la terre , je la couvre ^ je brasse un mois après , et je conduis sur la pièce , comm^ le fumier , au moment de semer.

C'est bon ; mais ça donne trop de peine.

2® Je mets ma chaux en petits monceaux , comme Je fumier; on jette dessus quelques pellées de terre. Dès que la récolte est enlevée, j'étends et je laboure... A la saison, je sème le froment.

3® Si j'ai fait un briseau , et que ma terre soit dégarnie au mois de juin, je la laboure; ensuite j'écrète et je porte ma chaux en petits monceaux. Trois à quatre jours après , je l'étends et je la couvre par un coup de charrue , semant à la saison.

4® Je mets ma chaux sous une loge , elle vient en poussière. Je la conduis dans le champ, quand on sème le blé, et que c'est écrèté. — Des hommes, ayant bricoles et paniers, sèment la chaux sur la mige; non comme blé, mais en filant droit d'un bout à l'autre.

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