MANIÈRE DE FUMEK SANS FUMIER
Le semeur, le laboureur et le chauleur sont en même ^^mps dans le champ. Deux chauleurs fournissent une oliarrue... Il faut qu'ils aient un gant dans la main, ou Qu'ils l'enveloppent de linges , bien liés avec du fil ; la chaux l^s brûlerait.
Le chaulage se reconnaît pendant cinq ans ; mais je ohaule trois fois dans six ans, et j^enfouis trois fois. Enssuite, ma terre est propre au trèfle, à la luzerne. Cent charretées de fumier ne feraient tant d'effet.
A présent , faut que je vous conte mon enfouissage : — Le blé récolté , je sème , à la saison , du seigle un petit épais, avec un grain de vesce noire ou blanche.
En mars et vers la fin , je mets mes ponmies de terre dans la raie ; je laboure , prenant peu de terre , seulement pour couvrir le seigle et la vesce. En juin , je chausse fortement par un bon coup de charrue grossissant le sillon.
Veux-je semer des haricots , je les pique de chaque côté du sillon , après l'enfouissage ; il en est ainsi du maïs ou du garouil , que je pique à la saison sur le sillon. Tout ça ^ient comme pâte en met.
J'ai un champ à trois quarts de lieue , de 60 boisselées ; je n'y porte ni fumier ni chaux. . . Je sème dans la moitié du seigle que j'enfouis en avril , ou de la vesce que j'enfouis en mai. — En enfouissant , je sème du blé noir ( ou sarrasin ). — J'enfouis encore en pleine fleur. — Je jette après l'enfouissage de la graine de colza , de navette , et j'enfouis en semant... Cela fait trois fumages. Dam ! j'ai doublé , en piles I
On a dit vingt ans au village : Maurice Pépin se ruine. . . J'achetais des champs , faisais le câlin , j'empruntais un écu, me plaignant comme une oie crevée , disant : je quitte Tan prochain la manière, elle ne vaut rien.
C'est que les diables se sont ravisés; maintenant ils enfouissent , ils chaulent. Mais Maurice tient cinq cents boisselées de terre achetées quarante-cinq francs ; et les passables se vendent aujourd'hui deux cents. — Ils m'ont nnnunc lepèreFineau... J'accepte le mot ; sur la culture , je ne suis pas sot.
Maintenant , mes enfans , je me suis souvenu du pèi-e rineau; je chaule et j'enfouis comme Ivi; et chez moi , comme chez lui , tout réussit.
Croyez-moi donc, essayez donc, d'abord l'enfouissage partout; ensuite le chaulage dans les terres froides. Vous serez contens. Ce que je vous ai dit ne vient de moi; mais d'un paysan qui n'était du tout bête.
Pendant qu'il m'en souvient , dit Franck, je vas dire: