GRANDE ET BELLE HISTOIRE DE SIVOYATT
Vous le croirez si vous voulez : beaucoup de gens disent qu'il y avait, tout juste, 576,891 personnes au village de Tanche, le jour du grand Almanach de 1835. — M'est avis qu'ils se trompent; je n'en ai compté que 237,400 deux ou trois (pour ne pas mentir d'un); mais sans les femmes et les petits enfans.
M. Routinet , Jadis et Autrefois étaient venus quatre jours à l'avance , avec Tailleboudîn , Rifandouille et Jamaissous, — Boissansoif , Daniel Lapin te, Balzac et Ramponneau , — Jacquet I^ambin , Pierre Paulâche et Jean Baillau, — puis une kirielle de Paf-Paf, de Tiresemelle, de Toctoc et de Rabotin. — Qui se ressemble s'assemble.
Le régiment des gourmands , des ivrognes et des fainéans n'a diminué depuis Tan dernier. — C'est que le vin est pour rien.
Mais nous avons fait grandes emplettes. De beaux messieurs sont venus dans de beaux carrosses voir le pcre Abraham. Il leur avait envoyé une pencarte, en les nommant du conseil. — Aucun n'y a manqué. — Ils sont restés dix jours au village pour arranger les affaires. —
Savez- vous que c'est une fameuse trouvaille. — Des riches , d'un grand esprit*, aimant la culture , s'intéresfian^
au pauvre mondq, et qui ne refusent de faire un almanach
— Ça ne s'était jamais vu. — Voici leurs noms :
Membres de la Société d'agriculttire du département^ MM. Chariot ; Sepvret; Chebrou de la Roulière ; d*Assailly ^^, gmnd pépiniériste ; Mangou; Robert d'Arçais ; Guillemeau ^^, médecin; LeftvTe, tous de Niort; Guérineau, de Yausse — •=roux ; Pihoué , de Thouars ; O'Riordan , du Pin ; et Jozeau . , grand secrétaire de cette société. ,
Membres du conseil général du département :■ MM. Pou- — -
gnet; Busseau;. Hérissé; Jacob; Tonnet-Hersant ; Nourrj'
Elies ; Chaudreau ; Nozereau ; Rivière ; Bonneau ; Bonnier ; Barbier , Perrain ; Tonnet ; Fouquet ; Texier ; Failly ^ Foureau ; Savin ; Theurrier ; Binet-Ducrocq ; Decaix j^
Robin-Dubreuil ; Aubin; Chauvin-Boissette ; de la Fonte^
nelle de Vaudoré; Barbot; Cordier; Charrier. — Ilslabou^
rent presque tous et labourent bien.
Grands cultivateurs p'is partout, M. de Mougon,'3^ Surimeau , près Niort , qui fait bonne culture tout douce — ment, et ramasse de bon froment; M. le baron Aymé, d^ la Chevrelière, en Goumay, près Chef-Boutonne , qui^ depuis 20 ans , fume sans fimiier , récolte beaucoup de blé^ Vous connaissez son frère , le général Aymé , qui a parl^ l'an dernier, il est du conseil. — MM. Martineau , faisante beau sucre de betterave , à Niort , et avec ce qui reste , il^ engraissent vaches, bœufs et moutons. Jugez im petit si ceux qui ont terre humide et légère ne sont pas des innocens de n'en faire bonne provision tous les ans. MM. Palustre, médecin; Hémon ; Pougnet^ le conseiller; Tribert, et David , nos députés , ainsi que l'ami Gaspard Ducrocq et Creuzé , qui cultivent à Saint-Symphorien ; les MM. Frap-
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pier, de Niort et de laQiarriëre. EInfin , Bernard , Tavocat , <]in, dit-on , écrirait Talmanach , s'il le voulait.
M. le comte de Neuilly , à Rigny , pays Thouarsais , Srand cultivateur. — Et son fennier, maître Lecoq; c'est ^oot-à-fait ce qu'il y a de bœi parmi nos maîtres gens. — Je vous avertis que M. Nourry-Hies, à Niort, est content ciu ray-grass , et qu'il a grande récolte de froment , sur les l>illons , en terres humides ; écrivez-lui , il répondra.
MM. Bellerocfae; Graultreau; Dupont; Magnen; Mourat; Hoy , médecin ; Martin-Bessé ; Minot fils , qui font le ray > grass. Ils demeurent tous à Melle; ainsi que M. Taillefert , noire soo&préfet et Laubier-Forgeterie. — Ils s'entendent bien à la culture.
M. Delacoste , aux Ouches , près Melle , qui suit l'exemple de son père , honmie de grand talent , qui savait tout , fort estimé; M. Bauché , aux Ouches , et M. de Gagemont , entre Melle et Saint-Romans , homme capable , qui a vu tous les pays et qui juge bien ; MM. Gibouin , de Poi vendre; Nicolas , de T Absie ; Baguenard , de la Foret-sur-Sèvre ; ce sont des laboureurs finis.
MM. Magnen , d' Ardilleux ; Fontanneau , de la Roche- Elies; Fontanneau, de la Varenne; Perret et Motheau, de Chef -Boutonne , excellens laboureurs; Gaudicheau, de Vitré, qui faittrès-bien un pré.
MM. Daniau, de Celles; Monnet, de Mougon; Pandin deLussaudière , en Prailles ; — avec dix autres dont je n'ai pas su le nom. — Mais tous grands cultivateurs , comme ceux que j'ai nommés. J'oubliais le camarade Moreau , de Sompt , un des bons de la bande.
. Jeunes gens de grande espérance. — MM. Théodore Andrault , de Chaillier , près Melle ; Edouard Ducrocq , fennier à la Roussière , près Coulonges. Ils ont passé deux
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ans à la grande école d'agriculture, travaillant, labourant, étudiant; puis ensuite voyageant en Suisse , en Allemagne, au diable ; mais voyant tout ce qui se fait partout.
Le père Abraham a reçu ces messieurs à belles brassées, disant : Je vous lègue T Almanach ; ne le laissez pas tomber. N'y a que celui-ci dans la France ; il va partout. Le peupl en a besoin , l'attend chaque année ; ayez pitié du pau monde ; faites-en \m tous les ans , et criez contre les ivro gnes et les fainé£uis ; mais amusez pour qu'on vous lise sans quoi ça n'ira pas.
J'ai 106 ans , la tête me grouille; Franck est encore
enfant, et maître Jacques est à quia; il est tout échiné tout écloppé, a vilaine encolure, fameux iu auiem, grande vimaire siu: lui.
Nos maîtres gens et les messieurs ont promis , non pour' toujours malheureusement; mais seulement tant qu'il yr aura mouches au mois d'août , ivrognes et cabarets , qUe le samedi sera la veille du dimanche. — > Ça peut durer encore un petit de temps.
Le père Abraham , entouré du grand conseil , a dit :^== Parlons du bétail et du ménage. — A présent, conmicnc^^ qui veut.
Franck mangeait une pomme ; il fourre le reste en st=-^^ poche , et se lève. — Veut-on que je conte mon conte , dit-iT -^^ en riant î . . . . Oui vraiment , répond-on joyeusement.
LA GRANDE ET BELLE HISTOIRE DE SFVOTArr ,
S'écrie le petit. C'était un homme de bien , grand pro '
meneur , coureur de foires ; à chacun causant bien , et partout goûtant le vin.
Il avait des yeux gros comme le poing , clairs comme