GRANDE ET BELLE HISTOIRE DE SIVOTAIT
^tre, brillans comme un soleil. — Il voya.it dessus, dessous; haut, en bas; de près , de loin (sans regarder).
Entrait-il dans une maison t Maîtresse , disait-il , vous ^^ourrez dans la saloperie. — Fourbissez donc la marmite , ^"tettoyez le chaudron, rapetassez les chausses, lavez ces ^venilles , et balayez la place. — La propreté entretient la ^anté. — Femme économe est un trésor, et femme alerte "%'aut son pesant d*or.
Ah I qu'il y en a peu comme ça , maîtresse , maîtresse , je le vois tous les jours.
L'une est méchante comme un diable , crie et tapage tout le long du jour, ne faisant rien. — Elle fut couvée par mauvaise pie. — Cest que femme maligne et poule qui pond , font grand bruit à la maison.
L'autre Mcasse » friootte et fait boinbance à la soutdine , tandis (jpe les travailleurs crëvent de faim.
Celle-ci est la femme sans mains. — L'été sur le perron , l'hiver sur les tisons , et laissant tout à l'abandon. •
Celle-là trotte , galope et chemine , pour bavarder chez la voisine ; — et quand la langue travaille beaucoup , les mains ne font rien du tout. — Aussi c'est le tambour du village , qui fait plus de bruit que d'ouvrage.
Pas de maison qui résiste à ça; — ^ il n'y a fortune qui tienne. L'ivrogne et le fainéant se ruinent promptement; la mauvaise ménagère en fait autant.
Croyez-moi, maîtresse: — Soyez la première levée et la dernière couchée. — La vie entière n'est qu'un travail , et richesse vient de petits détails. — Qui chaque jour doit dépenser, peut chaque jour épargner; — Si ce n'est un bcBuf, ce sera un œuf. — Une maison mal tenue, est une maison perdue. — C'est toujours faute de soins que vient le besoin.
Elevez bien vos enfans, je vous avertis; désormais c e^a^ est écrit, la prophétie l'a dit: — Fille sans soins, fille ind^^Klolente , ne se mariera qu'en dix-neuf cent trente.
Quand Sivoyait entrait dans la grange ou récurie , cot^czDntinue le petit: — Gens du bon Dieu! s écriait-il , voip^^d^w
gaspillez la pâture ; xm jour vos bêtes crèveront de faim.
Vous fourrez , fourrez , comme si trop vous aviez. — Peti" -Sote brassée et souvent on arrive au bout de Tan. (Bien parl^v»- é, comme vous voyez.)
Il était souvent dehors; mais quand il rentrait chez lur— — *f il ôtait les deux yeux de sa tête et les mettait dans un sab<^^^ derrière la porte. — Puis rien ne voyait pas plus qu'uîi^^^ taupe.
Un jour qu'il avait vidé le sabot , pour aller en foii *
d'Aulnay , dans la Saintonge, il vit trois honmies en sortant:====^ • — Bonjour, M. Cure-Gousset, et vous Tire-Paillasse e-^ ^ Brosse-Chaudron , qui vous amène!
Un petit bout de jugement , répond le sergent , qui voi condamne à payer mille francs , — avec huit cents fran< de frais et deux cents d'intérêt. — Faut de l'argent.
Pour de l'argent , il n'y en a point , dit Sivoyait ; — h diable est dans la bourse. Mais dam! C'est une maisoi bien garnie, à double et triple carillon. Je crains que h poutres ne cassent. —Entrez, entrez, et vous verrez.
C-ette fois; il garda ses chandelles. — On trouva un^^ ^^ marmite écornée ; une poêle percée ; point de blé dans le=^^ ^^ grenier, ni de vin dans le cellier (comme la maison d^^^-^ Miserere).
Oh ! dit Sivoyait (qui jamais ne s'épouvante) : ce ne sont^ ^^ là nos richesses. Venez à l'écurie, vous verrez du bétail:^ ^^ gras comme une loche , à fendre à l'ongle.
Quand on y fut , on vit xm pauvre petit vieux bonhomme ''^
GRANDE ET BELLE HISTOIRE DE SIVOYAIT. irm
de cheval , boigne des deux yeux , une jambe de moins , goères de peau sur l'échiné.
Ahl dit Sivoj^t, les bêtes sont aux champs; allons-y donc. — Entrant dans la cour, oiî voit autour de la mare 43 gros animaux fort bien rangés ; mais tous crevés , à moitié pelés.
Qui a fait çat demande Si voyait. — Ma foi! répond Javasson (c'est le granger , le bon nourrisseur) , ce sont les poux. — Tant que j'ai eu j'ai donné ce que les bêtes ont voulu. Quand il n'y a plus eu ni grain , ni paille , ni foin , j'ai dit, en honmie d'esprit: à présent, faut épargner. D'abord, elles n'entendaient de cette oreille; mais je me suis mis à les prêcher , les sermonner , disant : attendez , patientez et dormez; vous en aurez, quand les prés seront fauchés. — N'est-ce pas , mon maître , ce discours n'est pas si bêtet
Les animaux vivent fort bien sans manger , quand on les prêche, témoins ceux qui sont morts. — Ils se sont couchés patiemment, dormant, ronâant, et qui dort dîne. Mais dam! les poux sont venus les réveiller, les plumer, les entamer ; de cela je ne suis cause.
Il y a eu rode guerre et grande bataille. Je les entendais (caché dans un petit coin), disant, en leur langage : nous mangeons sans boire , faut mener les bêtes à l'eau. — En v'ia plus de 500 mille milliards de milliassons , tirant par la queue , au poil , à la crinière , et traînant joyeusement.
Hardi comme un lion , je me suis mis en défense , tirant par-ci, poussant par-là. — Tu l'auras, tu ne l'auras pas. — Mais les diables se sont jetés siu: moi , et sans la mcre Tricot, qui est venue avec son balai, ils me mangeaient et j'étais de moins. (Et Javasson se mit à pleurer comme un veau , disant , en se frottant les yeux : — Les é-poux-onou. Les e-ont-on-tu-û-û-éé-é-é).
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Ce qui est fait est fait, dit Sivoyait. — A mal sa^^^^ i-emède, point de réflexion. — Un an de chagrin , ne p^^^^ pas deux liards de dettes , qui a mal fait hier , demain 'fi mieux. — L'an prochain, J'achèterai des feuilles de taba^^Eje les ferai bouillir, et frotterai 3 à 4 fois mon béta^^^K^ j'aurai raison de la vermine. — Et partit pour la io:^^JWt d'Aolnay.
C'esl-IÀ , dit le père Abraham , l'histoire de bien <Xc monde. Oi dit ce qu'il faut faire , on ne le fait pas. — CITn conseille le voisin , et chez soi on ne fait rien. — An c=:abaret, on par^t tout savoir; à la maistm , on ne veat rx.«n