‹ ŒuvresChapitre 43 sur 145 · DE LA JU.MENT MULASSIERE · texte numérisé non relu

DE LA JU.MENT MULASSIERE

Otez le chapeau , dit Franck ; sans elle le Poitou ne serait •as le Pérou.

De la race. Elle nous vient des marais du Bas-Poitou, dit E&aitre Sauvé , de Lezay. Elle était belle autrefois , la v'ià légénérée. On a maintenant des bêtes Itères , de cavalerie? ie carrosse , de diligence , et ça ne vaut rien..

Quand on les pêche dans le marais , elles ont du poil ?omme dix ours , on les croit fortes : le poil tombe et la )ete fond.

. Prenez-y garde , dit Franck. — La belle plume fait le bel )iseau. — Tant va\it Thabit , tant vaut l'homme. — La ma- •iée est toujours l>elle , et jeune tiUe en beaux atours n'est amais laide.

Les fortes races de France , reprend mtdtre Sauvé, du pays le Caux , de Flandre et Picardie , ne valent rien pour la molasse. Aujourd'hui faut faire naître les jumens chez nous ; inais les étalons nous manquent. Ce maudit haras de Saint^ Maixent a tout gâté ; je voudrais que le démon l'eût emporté. (Test un haras de racaille.

Les directeurs veulent que nous prenions la race normande pour faire des mules. — Elle est propre à ça comme les lapins à faire des chiens. — Le pis est que , de bonne foi , ils tâchent d' enjôler nos préfets , afin que tout le monde nous daube.

Assez , dit le père Abraham ; si le bienfait se trace quelquefois sur le sable , l'injure se grave toujours sur Tairain , jusqu à la mort on s'en souvient. — On prendrait nos plaintes pour des sottises ; nous n'en faisons , ni n'en disons.

Ecoutez ma parole : Depuis des siècles , nous vendons tous les ans des milliers de mules au midi de la France et de TEorope , aux îles d'Afrique et d'Amérique. Nous savons le métier , on ne peut guères en douter. — Au surplus , le goût de l'acheteur règle celui du vendeur ; ce qu'il demande on essaie de le donner. — Si nous sommes tous d'accord , on ne peut dire que nous ayons tort. — Personne n'est plus fin que tout le monde.

Le préfet est homme de bien , je le prie de réunir à Saint- Maixent vingt maîtres de liaras ; ils diront si les cltevaux mulassiers sont bons : ces gens s'y connaissent.

Pour en acheter comme pour les remplacer , ils nomme-, ront trois d'entre eux connaissant la race poitevine. (Un en faut d'autre).

Ils iront avec le directeur dans la Beauce et la Brie , où sont les beaux poulains de Poitou , et choisiront.

Le conseil général fera les frais du voyage.

Le gouvernement ne demande pas mieux ; il ne veut détruire grand commerce et belles richesses. Faut l'instruire et ne pas crier.

Apprenez tous et chacun que le Poitou a 26 à 30 millions engagés dans l'industrie mulassière. — Ça ne se trouve dans le pas d'un cheval ni dans l'oreille d'une taupe. — On n'attaquera point ce commerce sans ruiner le pays de fond en comble.

Pourquoi n'irait-on pas dans les marais, dit quelqu'imî.. parce qu'on y vend les poulains de 20 à 30 mois : on ne peut les juger encore , ils se déforment. Au lieu quon les trouvera tout faits de 4 à 7 ans ; on ne se trompera. — C'est

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fiTajid service à rendre au pays ; nous en garderons mémoire. Lontérêt a bonne souvenance , n'est pas ingrat.

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