DE LA BONNE JUMENT MULASSIÈRE
Vous le savez , mes enfans , dit le vieux Vandier , qui a ^7 ans , l'âne et la jument ne sont de même espèce , comme ie chat et la chatte , la pigeonne et le pigeon. — Si la jubilent emplit facilement du cheval , il n'en est de même du l^ndet.
Il y a des races et des familles de jumens qui ne donneraient pas une mule en 100 ans. D'autres avortent de 2 à 7 mois , ou laissent mourir le petit en poulinant. Il y en a qui ne prennent pas sur le lait , et n'emplissent que tous les deux ans. ^ — Oh ! qu'une bonne en fait garder de chétives ! La vraie jument mulassière (remarquez bien ce que je vais dire) , a la patte large , — l'enfergeure com^ , — le talon bien sorti , — beaucoup de poil au talon , ce qu'on appelle la moustache , — l'os de la jambe gros , le jarret large et bas surtout , — la cuisse charnue , — les hanches larges , — le corps très-court , — la côte longue , — ventre de vache , — un petit ensellée , le devant bien ouvert , — haute de 4 à 9^ pouces à la chaîne.
La tête , le cou , la croupe , le reste enfin n'est indispensable, figurez-vous une barrique qui a le ventre gros montée sur quatre soliveaux : c'est la jument mulassière. — Ce n'est une belle bête ; elle n'est bonne qu'à faire des mules. Il y en a qui veulent une jument bien figurée : c'est une sottise. D'autres achètent des jimiens à deux fins , pour les vendre aux gens de cavalerie , de diligence , si elles ne prennent du baudet : mauvaise manière de se monter , bonne façon pour se ruiner.
La bête qui a le corps long ou Téchine de goret , ne prend
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guèares du baudet. — La grande jument , — celle qui ésl haute sur jambes ou qui aie corps mince, — la cote courte, ou qui est efflanquée ; — tout ça ne vaut rien , tout ça ne vaut rien.
Prenez une bête courte , tr^ue , écrasée , un petit ensellée, de taille moyenne; Elle enrichit son maître ; les autres le ruinent.
La bête bretonne ne prend pas mal. — ^Elle manque un peu dans la patte , le talon , le jarret et la hanche ; mais elle a U corps court , la. côte longue , le flanc relevé ; elle fait de petites mules , jolies , moulées , et qui se vendent bien.
Voulez- vous , mes amis , avoir bonnes jumens mulas6ië;>^ res et qui produisent! Achetez de fortes bêtes bretonnes, mettez-les au cheval poitevin. Ça fait une race, jpêlée ^ qui est excellente. . r "
Je le dis , sans blesser personne., beaucoup de; nos fermiers ne connaissent la jument mulassière ; ils se laissent attraper dans les foires par ces enragés de. maquignons » qui sont hâbleurs , conteurs , enjôleurs , un tantinet menteuis. Savez-vous d'oà ça vient ? —^ Il y a plus d'ignorans que de isavaus ; - — plus d'acheteurs que de connaisseurs.
Eh bien ! mes amis , dit le bère Abraham , lisez et vous saurez. Le père dit bien ce qu'il sait à ses enfans ; mais ses enfans l'oublient. Faut un bon livre où l'on trouve tout , dans im an comme dans mille. C'est l'almanach , n'y en pas d'autre. Avec nous , c'est le passé qui instruit l'avenir.
Sans doute , répond Franck.' — Jeimesse va vers le monde, vieillesse en revient; et si vieillesse ne cause , jeunesse ne saura rien. — Qui apprend à ses dépens est dupe pendant long-temps.
. GRANDES PRÉDICTÉONS..
f) Franck eâf sur uhé charrette , avec une longue robe noire , ' longne bairbe ," longue perruque , chapeau pointu i baguette blanôhe à. la main. — rTôut le monde le regardé en riant r les enfans sont contenis comme des rois. .
Y'tà le devin , dit-îl . -^ .Ecoutez leà grandes prédictions à l'^isage àes SàVans et des innocens , pendant cent ans.. , *^ Quand ïes femtties et les pies seront muettes , vous en verrez de belles, dit le petit, -r- Le^ rats brideront. les chats et mont^fôtit dessus pour lès mener â la foire. — Flic , flac , ; — au trot , — au galop , — en avant le matou ! ' Les pbules. guetteront les renards au coin d'un bois, et les happetbiit. — Pids attelés deux.à deux,, lesî renards
ffEboureront. — jHu i dîa , — ârnëre , — tourne , — et
pique et pique , — maîtres renards feront piteuse âgufe.
(*} Martinet vie régent dtt village, a compté le mondé qu'il y avait à Tauché, le jour où l'on a fait ralmanacb.— Puis il m*a dit; PoUr Oon-' naître le, nombre multipliez 423,456,'789 par 423 , divisez ensuite co ^ vous aurez par ^t,4 U. -^ t*tiai cela maître Jacques , vous y êtes.
Mai» il y a un reste , ai.^e dit.... Ce reèt^ , a-t-il répondu y est précisément le nombre des beaux carrosses qui ont amené les beaux messlear^ et les belles dames.
Itfes amîB, c'est Juste coimne l'or. — Le régent n'est pas béte. — Calculez et vous verrez.
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