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GRANDES PRÉMCTimS. «57
jtorBée, — et tous les jours pendant dix ans. ~ Vous
guérirez.
Mais dam ! gare le cabaret et la bont»lle , le jeu , les
ibiiesetles marchés. — Ça donne le court d'argent, très*
joliment.
Quand vous verrez quelqu'un bien ennuyé, soyez sûr
qa'il a la maladie de Talmanach , le court d'argent. -*-EnH
KÎgnez-lui le remède.
A présent que vous savez tant de belles choses , irez-vous
coosalter les devins , qui sont des attrape-sots. 0 n'y a que moi de devin dans le monde ; tout ce que
j'ii dit arrivera. Je ferai un almanach contre les autres ,
co^ les sorciers , les loups-garoux qui épouvantent les libédlles.
Autrefois j*en savais long ; sans compter le large. «—Je foyais sauter une puce à 4,000 lieues » je savais si elle était nile ou femelle , et connaissais , à la dent , Tâge qu'elle fait quand elle bâillait. .
J'entendais clairement aujourd'hui ce que dirait demain la lère Caquet , et ne me trompais.
Dam ! depuis que j'ai huit ans passés , pas encore neuf, «t estchangé. — C'est tout au plus si, de 3 lieues Je vois un iosset sur le coq du grand clocher de Niort , après soleil niché; — à peine si je l'entends marcher quand il tonne. -Si cela continue , je serai aveugle et sourd dans cent ans. - C'est désolant.
Franck jette sa défroque , prend sa casquette , et le voilà nnme devant.
A présent, dit-il , je vais vous conter la longue et sur-
renante histoire du Halte-là ! dit le père Abraham , tu
e conteras rien. Ce sont encore des farces ; tu sais bien que » messieurs n*en veulent pas.
% 51 L' AGKRaiLTURE: PùmUSOÊR,
< Ah P-^tlepetiiFlnnin /j(»giMÛtitsésrdeibc'pctH»9lEi përe Abraham , je vous en prie , laissez donc parler -Rtaclii B'ilja^y'a'pas'de farces eu ràtmânach , Aôushe lé liroBiBà l':écitlQ.-r— On nous envoie des Hyres qfte nous ne eemprenons pas ; il n'y a que celui-là qui nous amuse. '. ' iVfichet'Râi}Iâ,rd < dit p^rë Jovial , s'-ëcrié a fendre la teie :
«ceTakespaç de la âC^ienco un hérisson , on ne rembrass(>^
rait sans se piquer le menton. — (D ajoute plus doucemëiit}r TiOUt le inonde vciit s'amuser /nckes ou pauvres , hommes et femmes , jéunèi^ qt vieux. Quand un livre n'amuse pas oij
ieimt dé àoté/ -\'
, : Fuis û y a de boi^êér choses- dans Falmanaeh*/ sniirla ma^ miréîde se coifidaîre -et-lâ Icùlture : on y trotrre' toutrOnf le lit pour rire , et l'on s'instruit en s' amusant ; c'ert la manière.;— ^ J'ai dit et ^arlé: • / \ -':.--
- . Le conseil &'àssetnl>lé. — H y- a dispute. -^ A fer fin le
peré; Ah^t^ina <!El r Parlé Rranck ; mais pas de sottise .
Je n'ai garde, répond le petit , je ne dirai que -Ce quî
m'est arrivé i ce que j'ai vu , fait ou Vu faire , et je commence. - ' ::-,.. :
.« • ..... ''•,.'" , C^était Tànhéé où les loujys gardaient les moutoi» sans
les croquer ; où 1 on ferrait les chats^ où tés renards met-'
taient couver- les poules. Il vous en isouvient f... Oui, oui;
di^ni l€& enfans en riant, tiontinue. [ " ' '
Jfemenais les bêtes aux champs ; je vis dans le bois dé la Tour un petit lapin blanc qui me faisait signe. -^'JV vanoife ; -—encore. signé avec sa patte. — Je me fourre sous le rocher , l'attrape à la jambe; il tirait et tirait fort. Vlà qliê je dégringole et tombe long-temps , — puis — ■- pouf- —
sùnuntas d'animaux <jui font des cris à rendre sourd. J'étais couleur de suie , comme un petit ramoneur ayant passé par la cheminée.
• Je me frotte Iob yeux. Qu'est-ce que je Voisla^bas? Des t^êUs qui parhû^t f faitei^ oemme noùâ / noires comme une ^*Upe ; portant côme'én têté^ qûeiie àû bâ» dé Féchine.
iPairions ^ dit^ le petit • Félixv qiié #u étài» îwv Enfer. . : . Je
^ pane pas; te gf&nd dîÀbîé «l^âii >sa filfé-etj^^tais daM
'^ salle de danse et de festin. Je ne vis que 3 à- 4 grande
^*i^le« ; -inaâar des petits y deil dinMotins^-; îly en «feàil il
y^ ^n^yaitl c Àmt ccftnme uiie- fo(iH^ilhài%i , tous plus m^
^^Is que des Migeà fje m'^uëais, me ba^s- avec eûx^
À8*t<i vu la Bâariée? demande FirfeinV... Otrir^vrâiinent^, '^^s diablotîne-^te ldrfili^)bè»rèi^. -^Vbis-tu ,^mé disaiènt^ils , ^t)mme elle est jolie. De petits yeux eufoneë» d'xme tofee', l^ prunelle rouge comme ime foimiaise. ( Elle s'appelait j^me l'Envie , mariée avec Péché-Mortel , grand vilain diable 4'enfer. )
Regarde donc ses dents , me disait un diablotin ; elle en a dix mille cinq cents, longues , pointues et tournées en crochet du coté du gosier. Quand allç tient elle ne lâche pas. . . . A-t-elle plusieurs- langues t.... E31e en a deux , répond le diablotin , Tuse de y%^ et de la couleur, l'autre dorée et c'est la plus nuuii^aise. ->— (% lâ belle dial^lesse ! Oh la belle femme de iUblel
Et le grand d%lde, Tas-tu vu f... 1$ jeTai vu! Il a 822 pieds de haut , fait. 7 lieues dans un pas. Mais.iI est enchaîné, ne peut se promener qu'en enfer.
Ho ! ho ! — Ha ! you ! you ! le v'ià ! le v'ià. — Tapage sempiternel , tous les diables hurlent en même temps. — Qu'est-ce que c'est ? Vous ne le devineriez jamais. M. Routinet qu'on porte en triomphe.
Arrivé près de Lucifer , il lui tient ce discours : Grand diable de Lucifer d'enfer , tout est perdu là-haut.
M6 L'AGKICULTUBE POraLAIKE.
On fait un almanach contre les routiniers et les gourmand contre les ivrognes et les fainéans. — I^es enfans le lise à l'école , les jeunes gens ne vont pins se soûler au cabare les bons laboureurs crient partout : veux-iu du bîè t fa de* prés. — Au secours , grand Luciâer , au secours I to est perdu.
Le diable fait une grimace qui épouvante tout l'enfe Que faut-il faire, dlt-ill... Corriger ces laboureurs , r pond M. Routmet , empêcher l'almanach , rendre les jeun gens ivrognes et routiniers , fesser les drôles , et surto donner 600 bons coups de fouets , tous les matins , à maît Franck , le plus malin de toute la bande. — (Mauvais àa lien r dis-je tout bas ).
su
Aidfer appelle Rococo.... Me voilà , dit celui-ci... Va laut ; tu seras le diable laboureur. Apprends la culture ^utre-poil ; enseigne-la de même , et fais un almanach. te donne les routiniers , les fainéans , les ivrognes , les €ars et les gourmands , enfin toute cette pretintaille ; e est à moi.
Je t'avertis que les diables n*ont aucune puissance sur I enfans qui vont à l'école , sur les jeimcs gens qui ne soûlent pas au cabaret , et sur les bons laboureurs. S'ils triilent tant pis pour toi.
Je ne les crains pas , répond Rococo , je les mettrai tous Gt raison.
Tant mieux reprend Lucifer. Pour t'aider je te donnerai it légions de diablotins , de dix à mille chacune. — A Mjue coup de sifflet , ime légion partira. N'oubliez pas , dit M. Routinet , les 500 coups de fouet naître Franck. ... Il les aura , père Routinier , il les aura , le nouveau laboureur.
A rinstant Lucifer flanque un coup de pied dans le der- Te de Rococo , qui vole et rase la terre comme une hiron-
dellc en temps de pluie ; il passe près de moi , je l'attrapc^^n^,^ par la queue , — il file et file , — monte et monte , — ratapon , — bredondon. — C'est le puits de Vouillé qui défoncé par un coup de tête du diable ; et nous v'ià chacu de notre côté , sur la margelle , trempés comme des sou]
D*où viens-tu , me dit Rococo î De là-bas I . . . Est-ce qi tu es un diable ! . . . Du tout. . . D'où es-tu donc ! ... Du v i"/lage de Tauchc , où se fait Talmanach. . . Comment te normmes-tu ? . . . Franck. . . Ah ! mon camarade , mon ami , moi? voisin , mon cousin , j'ai une petitç. cw^sse de diaUè à' te faire ; approche.
Je saute à terre , empoigne un tricot et saute dessus. — ir fo^ice sur moi , jç lui bourre dans le ventre et Itai flanque la colique.
Rococo part et cour.tle monde.
SKS AVENTURES AVEC TAUPlXOT LE BORGNE.
Le diable allait chez les routiniers , chez lés fàinéans , se soûlait avec les ivrognes , jouait avec les joueurs , 'goùrhi'andait avec les gourmands; souvent au cabaret, jamais he payait. Il pillait, griffait, rossait, houspillait, étrillait ces pauvres gens. Enfin il menait vie de 500 diables: disant c'est mon bétail , ces mauvaises l)etes sont à moi , je les tiens 11 cheptel de Lucifer.
U passe dans les cent jounmux (le grand champ de Tnupiiiot (|ui a 30 hectares , 200 boisselées , il labourait avec huit charrues). — 11 regarde Taupinôt au milieu de son Ijori œil, faisant une grimaee de possédé. — Taupinôt a peur voyant un gaillard de 9 pieds 2 pouces 3 lignes de haut , à grande mesure.
Comment, vilain borgne, tu laboures mon champ, dit Rococo ? ... M. le diable , il est à moi , je l'ai bien paye. ...
LA BELLE.mSXOmE. DU BtABLt: Utt)UREUR. 459
ta le dis eneoreune foifr, je te tords lecou; . .M. Rocoeo, je m'en vas.^.. Ebt^ee u^uetii- crois quâ le diable foboùret 1*u feras ma terre à moitié , j'aurai le dedans, tihaurës le de««is; travaille t Quawdfaudra-tHl revenir?.....- ïje- 8
Xejour dit, Taupinot met 150 moissonneurs dans^on ^J^^mp. — Puis arrive Rpçocoavçc deux Iégipn§ de diablotins de 10 mille chacune. — Allons, dit-il, labourez *^^tte terre avec vq$ griffes, à 6 pouces de.b^, triez toiiJtes *^^ racines ,. faites des petits paquets, dépechez-yous, j'ai ^^^soin d'argent. >
L'ouvragç fait, chaîcun va au gr^d màrc|ié de Niort. Tanpinotvend don freinent empochéj 'argent. . ... ' : Les diaMotin^ criaient: Achetezl achetez! C'est bon; lOsous, 5 sous«. 1 sou le paquet: Personne n'en .Veulaît et toat le mondé se moquait. . r
Rqcqco. enrageait; mais il fait le bon: apôtre., et sem-«
blant d'être content; il Va chez Taupinot !....: Ah çadçioil
jNnrgnef, tu. laboureras mA terré Tan prodiiiip;.«.w :Oui,
M. Ie:dia1)lê.... Entehdé-tu? J'aurai le dessus, tu auras le
dodaiM, Quand faudra-t*-jl revenir l .. . Le 4 octobre.
Le temps arrivé , Taupinot met lOQ arracheurs .et 800 FavHuaeiir^ de pommes de terrç en sonjcfaaiçp. : Eoicoco vient aVec 9es deux l^ol»::^ 'Ne perdeiz 'pas une feuille, faites des JOagots, dépêchez^-voùs^ disait^il: Pour ie coup, le paysœiest attrapé; ça. doit être bon. , xiar les racines fiQnt belle». .. ' '... ,.\!
Les v'ià tous au marché. Taupdnoi vend ses. pommes <Ie terre à trois régimiens jet serre L'argent, -r- Voua devinez comme les diablotins furent plaisantes , raillés , turlupinée; Sans les soldats Rocoeo tuait Taupinot et le volait. Allez , dit-il à sa bande, dans tous les cabarets de la ville : buvez\
460 L'AGRIGULTIURE POPULAIRE.
mangez , pendant huit jours et faites bombance , tous paierez avec vos fagots; ensuite vous descendrez là*bas par le trou de Bouilledioron et le puits de la Foie.
Les cabaretiers vous diront des nouvelles de l'aventure comme ils ont été battus, volés» pillés, griffés par diables.