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PREMIÈRE BATAILLE

Un beau matin , je sors à la pointe du jour , et j'offre la bataille à Rococo , dans une plaine immense , il refuse el reste dans son camp.

Je rassemblai une centaine de généraux pour savoir si nous monterions à l'assaut, quand vint Marionla.

Ne voyez-vous pas là bas plus de 500 mille voitures chargées de pitance, nous dit-elle? Il faut les prendre. Il n'y a guères de lard au charnier, ni de graisse dans le pot;

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dans trois jours les marmites seront renversées et les poêles rouillées.

Sur-le-champ j'ordonne à Théodore Biré de charger avec S mille mules , 20 mille diablotins qui étaint à la porte du camp , et de nous en amener quelques centaines eii vie.

Ça fut bientôt fait : ils les prenaient par les cheveux et les jetaient sur le pommeau de la selle. Ils en anienèrent trois cent deux.

Ne v'ià-t-il pas que tous ces petits enragés font semblant d'être soiu*ds-muets. — Moi, qui les avais vu là-bas, je ëàvais qu'ils n'avaient les oreilles bouchées , pas plus que la langue gelée.

Nous nous désolons devant eux. — Nous sommes perdus , disons-nous; nous partirons cette nuit, allant vers Saint-Maixent ensuite plus loin chercher du renfort , et nous reviendrons mettre les diables en marmelade.

Puis en renvoyant les prisonniers , Pierre Labombe écrivit à Rococo que le lendemain il attaquerait son camp , le prendrait de force et pillerait tout. — Rococo crut que c'était ruse de guerre.

A une heure , l'avant-garde part ; à deux l'armée défile ; à trois l'arrière-garde. — A peine avions-nous dépassé Sainte-Ouennc , que nous vîmes l'armée de Rococo en bataille, et nous barrant le chemin.

Nos dispositions furent bientôt faites. Nous chargeâmes sur toute la ligne en même temps. — Après deux heures d'une épouvantable mêlée , d'un combat d'enragés , nous les délogeâmes et nous nous rendînjes maîtres du champ de bataille , tout couvert de diablotins.

Rococo venait d'apprendre , par les fuyards, que Pierre Labombe , avec 30 mille bardous et 100 mille hommes d'infanterie , avait attaqué son camp du côté de la Roussière et deBeugné, l'avait pris et pillé.

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De suite il noiis fait charger sur toute la b'gne , et le gros de son armée , tourne vers Saint-Maxire pour ga^ gner Saint-Pompain et reprendre ses bagages.

Voyant cette manœuvre , je fais monter deux fantassÎDS derrière et devant chaque cavalier ; puis au grand galop vers le camp.

Nous arrivâmes en même temps que TeRnemi. Je fais sortir mon monde et présente la bataille, --r Les bardons au centre. — Allons dis-je à Gauthier , charge cette ca* naille.

Il commande la manœuvre. — Chaque cavalier tire on petit sac de sa poche , * prend ime poignée de mouches bouines et la met sous ta queue de son âne. V'ià les bardous à sauter , à bons et à ruades , à pétarades , qui foih cent sur les diables ; en arrivant ils se mettent à braire» ouvrant une gueule à les avaler tous.

Les diablotins ont peiu* et prennent la fuite ; nous chargeons en même temps. — ^Dam ! c'est là qu'il en dégringole, comme des prunes mûres quand on secoue le prunier. — Si Rococo n'avait soutenu la retraite avec 40 légions de ses meilleures troupes , la guerre était finie. Il rentre dans son camp , et nous allâmes manger la soupe.

Nous n'avions pas encore fini quand on vint annoncer une grande députation ; je la reçus au milieu de 100 généraux , 900 colonels et 10 mille capitaines.

Elle était composée d'un routinier , d'un fainéant , d'un gourmand , d'im joueur et d'im ivrogne , avec 900 généraux diablotins ; M. Routinet en tête et fort capot.

Que demandez-vous , leur dis-je î . . . Une suspension d'armes pendant trois jours. . . Accordé. — Après î . . . Un petit de pitance.

Nous leur envoyâmes par charité, 187,654 douzaines de

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■c^udins, 321 ,098 douzaines d'andQuilIes, 876 ,543 jambons ^ gigots de moutons , du pain et de la volaille , avec 60 mille ^^nriques de vin mêlées, d'une moitié d'eau.

Il nous restait encore' des vivres pour six mois. — Jugez combien ils avaient ruiné de pauvres gens. Si jamais l'en- Eiemi vient en France , il faut tous se lever , le battre et le chasser ; ça ruine un pays , ça prend où ça trouve et pille tout le monde , amis comme ennemis.

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