‹ ŒuvresChapitre 64 sur 145 · UN GRAND BAL EN ENFER. 32S · texte numérisé non relu

UN GRAND BAL EN ENFER. 32S

saLols à la courge. J'habille lui cabareder comme maître Jacques, et fais un bel almanach avec lui... Volontiers, <iit le vieux , les voilà. [Trois diablotins empoignent le tout). -A l'instant, le laboureur saisit Fretillon par le cou, le fourre dans un bocal , met vivement la couverture et s'assied dessus. — Le diable est pria, dit-ih je le tiens donc,

Fretillon pousse un cri de colère, fait un bond, donne '*'» coup de tète , culbute le vieux , sort comme une balle.

On le voit sur la tête d'un .cabaretior. — Voyez , dit-il , '^^ vieux mangeur de pommes de terre, qui veut mettre 1^ diable dans une bouteille. — C'est que j'y étais , je l'ai "Manqué belle.

■fartons, dit-il, parions pour l'enfer . allons au bal de ^^*ctfer. — Ils s'en vont.

Maître Jacques chemine tristement vers Chalouë, tète ^^ pattes nues, sans blouse ni bâton, disant avec grands ****ipirs : 900 francs ! — 30 moutons gras ! — Maudits minc- ^*'ffe-nt ! — Je ne fais plus d' almanach , ma défroque est au *i^ble.

DISœURS DU VIEUX LAMONTAGNE.

Veux-tu du blé? Fais des prés.

Une ferme sans bétail est une cloche sans baUil-

— Et le fermier travaillera tout son soûl , sans

faire sonner les cent sous.

A petit fumier , petit grenier.

Le boulanger fait le pain ; mais le fumier donne

le grain.

S'il faut du bétail pour labourer , il en faut aussi

pour fumer.

( Cest tiré des dix mille proverbes de Valmanack de maiire Jacques , le laboureur ).

Mes amis , dit le petit Franck , le père Abraham a 116 ans.

Maître Jacques est un petit plus jeime ; mais il est souvent déferré , et ne va pas le galop.

Les deux vieux ont cheminé vers les montagnes des Pyrénées , pour boire d'ime eau qui , ditron , rajeimit le monde seulement de quelques vingtaines d'années. — Ma foi ! c'est presque vrai.

Mais moi qui ai 8 ans 8 mois 8 jours à Theure qu'il est , je n'avais besoin de boire , aussi je me promenais.

J'ai monté sur le Canigout , la Maladetta , le Vignemale ,

ir

t!ll

ot-Perdii et le Pîpf^B-lErfÊ ; 'ss arnsness <nCiâx à ! mille pieds de hant

me mettais m ciKTalsirîapciziÈe. et jcrBs-Bi&jBiiK spagne et l'antre en Fnsa^. J^ Toyaci j» mmû ^slsurtout ces enragé» drEsçii^::i:ts -jc ^ zac^atitmumrs 16 des chiens , et se tûtzt ccbok àes î^r*»s». — Oh. aine nation ! il n'y a <pe as» ^mçe ^ Ô!s s«m a »avec elle.

là qa*on afficbe partoct ':pr Irt % ai:«î: . i V? ke*» â i , le vienx Lamootazrir ptricri . la p«eid â — ( On ne le Toit . et il nr [ATfr 7^ tins je* «a£ ir dorant. — Puis il se fo»»^» . rEçarâe . -kanse . Ti de qui que ce soit .

us y allâmes accompaz^és de âz*i â sx «a aàl«e ones ; car on y venait de voftse^ |art£. peine fumes-noos arrivé» . q%; a wKSOçut yt isuÈsi g;rand bruit. — Du trou ^AÛt aœ l^v- dee oac fâf^ ut ; tout le monde e^ pecr et xwùte hùr,,, Reâez . bête ; je suis le vieux Larnootaçiie . e^ sskixsi à» aibes. Il y avait plus de trois mille peaTziL d'asr& da&§ saque , vous auriez juré que c'4^iait un asxmal.

and la bête fut assise , elle dit Je vois là-bas Iras

ones que je prie de venir ici : c'est le p^re Ahnbam . B Jacques et le Petit-Franck. — Xoos y aJlami». — ie , toute joyeuse , embrassa mon grand-p^ et le la^ ur ; puis elle me fit sauter , cabrioler , et me jeta dans 3fale. — Je me crus mangé ; mais après une prone&atfe heure , j'en sortis par Toreille et sans me laisser, s amis , dit le vieux Lamontagne , vous voyez â coté n des gens qui travaillent pour le peuple et qui font inach des laboureurs.

n a rien imprimé dans tout le midi , depuis que le

monde est monde , pour les gens de campagne. — Toulous^fc ^ qui se dit un ville d*esprit , fait un mauvais almanach foires , qui enseigne aux fainéans à perdre leur temps. Je veux qu'on fasse pour le peuple un almanach du labo" xeur.

Avant de parler , je réfléchis cent années , et sais ce qvie je dis. — Ecoutez mes paroles.

PAR ou DOIT COMMENCER LE CULTIVATEUR?

Tout homme qui cultive son bien , soit à moitié ou bien à ferme , doit avoir onze pièces de gros bétail par 15 hectares ( ou 100 boisselées de 400 toises carrées , Tune). Kx moutons représentent une pièce de bétail.

XiC bétail donne le fumier , et le fumier donne le grain: — Ce n'est pas le tout de semer , pour récolter il faut fumer. — La terre bien fumée enrichit le cultivateur, et celle qui l'est mal ruine son laboureur. — S'il faut du bétail pour le labourage , il en faut aussi pour le fumage. — Tel est le fumier , tel est le grenier. — La terre n'est point avare , elle rend ce qu'on lui prête ; mais à qui ne prête rien, elle ne rend rien.

Comprenez- vous çal... Oui, père Lamontagne.... Ap- ])renez maintenant que la même culture épuise la terre. — Voyez un jardin fumé depuis mille ans , et mille fois mieux fumé que nos champs : vous n'y ferez pas toujours venir des choux , de l'ail et des oignons. Il faut changer chaque année. — C'est que les sucs qui font pousser le chou , l'ail ou l'oignon s'épuisent promptement ; il en est ainsi du blé dans les champs.

De temps à autre , mets la terre en pré ; après , tu es sûr d'avoir du blé ! — Ainsi , ce n'est pas tout de fumer , il faut encore alterner. — Alterner , c'est mettre la terre de la-

DISCOURS DU vœux LAMONTAGNE. 229

<ur en prairie ; puis , après un certain temps , remettre la airie en labour , et toujours de même , jusqu à la fin du 3nde. — C'est le grand secret de la culture ; elle est toute

terre mise en pré se repose du blé et rend ensuite le pie. — Le pré donne du fourrage qui nourrit le bétail. — 3 bétail donne de l'argent et du fumier. — Le fumier fait ;nir le grain qui nourrit le monde et remplit le gousset. Cest ainsi que le cultivateur s'enrichit , — des prés et du ^tail , du fumier et du grain. — Pour fumer passablement , faut cent milliers pesant de fimiier pour 1 hectare ou 6 oisselées deux tiers. C'est-à-dire qu'on doit en mettre un lillier par are , ou 15 milliers par boisselée , ou 37 livres ar toise carrée. — Ça n'est pas trop; car on fume les jarins à 30 mille par boisselée. — J'ai pesé , je ne me trompe as. Encore cette terre se lasse , et pour la renouveler , fautla mettre en pré. — Celui qui fume son champ à 3 milliers ar boisselée , tous les trois ans, en met 15 mille dans 6 années , ou 30 mille dans 30 ans. Ce n'est rien du tout. !^ comprends qu'il faut du bétail pour fumer de même. — N'oublie jamais ceci. — Onze pièces de gros bétail par 6 hectares , ou 100 boisselées : — toujours le tiers des ores labourables en pré ; — en rompre , mais qprès avoir lit de nouvelles prairies. C'est le seul moyen d'avoir de 'aigent et du blé.

DU BÉTAIL, ET d'uN PETIT BIALHECB QU'OMT EU LES

rVBOGNES.

Quelle est la bête la plus utile , dit le vieux Lamontagnet i^arlez, si vous le savez... C'est le cheval, diton roulier... ^an, c'est le chien, répond un berger. . . Cest le cabaretier , Tie un ivrogne ; le voilà , j'ai la main dessus.

13a L*AGiaCULTURE POPULAIRE.

Le vieux Lamontagne se lève , les saisit d'une main ^? les feit voler dans le Gare. (Cest une grande rivière (j^m. descend des monts les plus élevés).

Nous vîmes fuir à l'instant 40 à 50 mille ivrognes q«i craignaient pour leur peau. Le père Lamontagne arracb^ un vieux sapin, de 80 pieds de haut, et gros comme mi*^ barrique; dans 3 pas, il fut devant eux , tenant à la maix> cette petite baguette.

Alte-là, crie-t-il. — Comment, ivrognes, Dieu vous ^ donné la raison , et vous vous abrutissez comme la bête ! — A Teau, canards! Et d'ime seule poignée, il en jetait uX* cent dans la rivière.

Vous mangez tout , et rendez vos femmes malheureuses ' la misère est à la maison. — A Teau , canards ! — On vend une bouteille de vin autimt que trois livres de pain , et vou^ en buvez trois à quatre. — Ce pain nourrirait la mère ti Tenfant, et le vin rend le père ivrogne et fainéant. — A Teau, à l'eau, canards! et toujours il jetait. — Un ivrogne est un grand fainéant qui n'a jamais d'argent. — Il vendrait sa robe , sa chemise et son bonnet , pour boire an cabaret. — A l'eau, canards! à l'eau, à l'eau ! — Dana moins d'im quart d'heure , tout y passa.

Dis donc , Franck , ces gens sont noyés. . . Non , tout an plus la moitié ; vois-tu , ça se noie dans le vin , rarement dans l'eau. . . Il y a eu grand deuil dans ces familles. . . Pal du tout; quand un ivrogne crève, on est dans le fond, très-content, malgré qu'on n'en fasse pas semblant.

Franck , crois-tu que le vieux Lamontagne vienne dans le Poitou?... Certainement, il y viendra, j'ai sa parole... Gare aux ivrognes, s'il y vient... Tant pis pour eux. Il j a neuf ans que nous les avertissons dans l'almanach; pourquoi ne changent-ils pas?

Page 1