‹ ŒuvresChapitre 67 sur 145 · DES VEAUX POUR LA BOUCHERIE · texte numérisé non relu

DES VEAUX POUR LA BOUCHERIE

C'est un bénéfice à peu près certain que d'élever pour 1 boucherie.

Mais quand on laisse téter le veau 2 à 3 mois ; quand sur la fin , on lui donne deux vaches au lieu d'une , il y perte ou petit profit.

Apprenez , mes enfans , que le beurre ne nourrit pas.

DISCOURS DU VIEUX LAMONTAGNE. i»

Ti*y a que le lait et le fromage qui nourrissent rbomme et bête.

Aussi voilà ce qu'on fait partout. — Le veau ne tète que >is jours ; on Téloigne de la mère , pour qu'ils ne s'entennt pas crier.

On écréme le lait , et on vend le beurre. — Vous mettez lait tiède dans un baquet ; vous plongez le dessus de la tin dedans , et faites sortir un doigt; le petit veau tète le igt , et , au bout de dix jours , il boit seul. D'abord il soufinra ; mais ne craignez rien , il ne crèrora înt; la faim l'instruira bien.

A trois semaines , vous faites bouillir de la graine de lin la passez dans un mauvais linge.

Yous mêlez de cette eau caillée avec du lait, et (Sûtes dir.

A cinq ou six semaines , vous délayez de la farine de S-noir « de baillarge ou de maïs , avec du lait et de l'eau , faites tiédir.

Enfin , vous finissez par faire avaler des pâtons de iarine . petit veau , en les lui fourrant dans la goige. Le petit fait quatre à cinq repas par jour , dort et s enaisse. — Mais dam ! il faut du soin. — Une femme en iurrira quatre à cinq à la fois , une douzaine par amiée , 'ec trois vaches seulement. — Elle aura le beurre qui la liera de ses dépenses et de sa peine. Ce sont , cbez nous , s petits bordiers qui doivent se livrer à cette industrie.

DES \BAVX qu'os GABDE.

CSioisissez le plus beau; les autres inmt & la boucherie. armi les chevaux et les mulets , tout ce qui naît s'élève ; ïi'en est pas ainsi des veaux.

I>ix à vingt francs, quand c'est petit, donnent cent

îles , quand c'est grand.

Ne laisse jamais téter plus de 3 jours les veaux que t veux garder.

Voyons ce qui se passe dans les Deux-Sèvres.

Dans la plaine on n'a de vaches que pour le lait , le beurscr et le fromage. On laisse téter le veau pendant cinq à &îjr semaines et on le vend au boucher. — L'animal est troj) jeune, on perd beaucoup de viande. On ne de\Trait tuer de veau qu'à dix ou douze semaines.

Ceux qui élèvent , détrient ou sèvrent de suite ces petits animaux, et les mettent à l'instant au foin ou à Therbe. —

C'est bien jeune; cependant ils prospèrent et deviennent beaux.

Dans le bocage du nord , que nous appelons Vendée , on n'a de vaches que pour élever des veaux. Dans une métairie où l'on élève 2 , 4 , 6 ou 8 veaux , on a 2 , 4 , 6 ou 8 vaches , et les veaux tètent 4 , 5 ou 6 mois.

C'est fort mal , car on perd le beurre , qui est le plus beau produit de la vache , et quatre vaches doivent élever huit veaux. — La perte est énorme.

Voici ce qu'on doit faire partout. — Le veau tète 3 jours, ensuite on lui donne du lait écrémé , toujours tiède. — Petit à petit on mêle de l'eau et de la farine avec le lait; on le nourrit ainsi pendant trois mois ou treize semaines. — C'est assez ; car plus long-temps serait trop.

N'essayez point de l'engraisser; il faudra qu'il maigrisse , et que de superbe il devienne vilain.

On lui donne toujours , dans le râtelier , du regain ou de l'herbe verte; il s'habitue à manger. — Puis vous diminuez la ration de lait et de farine 15 jours avant de cesser de le nourrir.

Un jour , on suivra l'almanach ; mais il faut du temps. — La mauvaise coutume est comme la mauvaise herbe , diffi-

DISCSdUftS DU VIEUX LAMOm-AGNE. Î36

eile à détruire. •-*- Mais un fermier commencera , ufi autre sui'vra, et d'encore en encore on fera. Sur les petits veaux qa'on achette à six ou huit semaines , et qu'on garde jusqu'à 2 ^ns ou 30 mois , il y a , par chaque petite bête , 50 francs de profit par an.

Cest superbe ; car , dans la première année , le petit Te^u dépense peu.

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