‹ ŒuvresChapitre 2 sur 47 · DES ÉDITEURS DE · texte numérisé non relu

DES ÉDITEURS DE

L'auteur du poème de Narcisse était occupé à faire imprimer cet ouvrage, lorsqu'il a été attaqué de la maladie qui vient de nous l'enlever. Les personnes qui donnent cette édition à sa place , ont cru devoir au public et à sa mémoire d'y ajouter une pièce détachée qu'on a trouvée parmi ses papiers '. Ces essais d'un homme né pour l'immortalité serviront en quelque sorte à consoler de sa perte , et seront plus que suffisans pour donner une idée de toute l'étendue de son génie.

Ceux qui ne connaîtront M. de j\Ialfîlâtre que prises ouvrages seront bien éloignés encore de sentir combien il était digne d'estime ef combien il est

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digne de regrets. Il fallait le voir de près pour être à portée de le juger; peu de gens ont eu ce bonheur. Accablé toute sa vie d'infortunes, il aimait à ensevelir dans la retraite ses peines et ses chagrins, et craignait toujours qu'ils ne fussent importuns à ceux qui en auraient été les témoins. Les amis qu'il admettait dans cette solitude ont seuls connu sa belle âme , supérieure à son génie , et ses qualités admirables , qu'il est si rare de concilier avec les talens, et qui sont cependant si propres à les relever, et même à les perfectionner.

Ses vertus , qui auraient mérité le sort le plus heureux, ont été la source des malheurs qui ont rempli sa vie d'amertume : simple , généreux , aussi éloigné de soupçonner un défaut de droiture et de probité qu'incapable d'en manquer lui-même, il donnait aveuglément sa confiance , se livrait à tous les conseils , rendait des services à tous ceux à qui il pouvait être de quelque utilité ; et ne consultant jamais le misérable état de sa fortune , il n'écoutait que son cœur et sa bienfaisance naturelle. C'est ainsi qu'en se refusant tout à lui-même, il a éprçuvé

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