BUCOLIQUES
j:glogue I.
Tl TY RE.
O Mélibëe , un dieu m'a fait ce doux, loisir.
Oui , pour un de ses dieux mon cœur veut le choisir
Pour prix de ses Jjienfaits, de fréquens sacrifices
Rougiront son autel du sang de mes génisses.
Par lui , mon troupeau libre erre sur ces coteaux ,
» Je ne sais pourquoi les traducteurs n'avaient point songé à rendre littéralement ce vers :
O Melibœe , dcus nobis hœc otia fecil.
« O Mélibéeî un Di«u nous a fait ce loisir. « L'abbé Desfonlaines croyait-il traduire avec plus de j.'ràce en mettant : « O Mclibée! c'est
Et ma voix peut encore éveiller les échos.
Je n'en suis point jaloux : mais ce calme m'étonne ' , Tandis qu'au désespoir ici tout s'abandonne ; Tout fuit. Je vais, moi-même , en de nouveaux climats , Traîner mes chers moutons , compagnons de mes pas. Cette faible brebis , qui me suit avec peine, A laissé deux agneaux dans la forêt prochaine , Jumeaux nés d'aujourd'hui ; mais perdus sans retour , Et privés de leur mère en recevant le jour. J'aurais bien dû prévoir ces disgrâces funestes.
à un Dieu que je dois cette tranquillité'. » Cette phrase est triviale , et celle de Virgile est poétique. L'abbé Desfontaines ignorait peut-être que Racine , dans sa belle idylle sur la paix , avait imité ainsi presque mot pour mot le vers de Virgile :
Un roi viclorieut nous a fait ce loisir.
( JYote de M. Micer. )
« Presqvie tous les traducteurs des Bucoliques ont rendu ce vers ^ peu près de la même manière. Henri de Villodon , dans une traduction des Eglogues , publiée en 1818, a dit avec Malfilâtre :
Je n''en suis poinl jaloux , mais ion bonheur m''etonne.
Cette traduction est tirée en entier de Mille voye , Langeac , Tissot , Didot et autres ^ son auteur a eu le mérite de rassembler ces vers , pris de tous côtés , et de leur accoler son nom. On. appréciera ce travail , aussi ingénieux qu'original.