EGLOGUE VII
A peine dans ces lieux le soleil de retour Dissipait l'ombre humide et rallumait le jour; A peine les troupeaux cherchaient dans la prairie Et la tendre rosée et l'herbe refleurie ; Damon, sur sa houlette appuyé tristement ', Répéta ces regrets d'un malheureux amant.
Nais , astre du matin ; brille , ô douce lumière I Brille , et sois d'un beau jour l'heureuse avant-courrière. Tandis que je me plains , dans mes derniers momens , De la perfide Nise et de ses vains sermens ,
I M. deVillodon se rencontre souvent avec les diffërens traducteurs des Bucoliques ; il a eu la bonne foi de nous avertir dans sa préface , qu'on apercevrait peut-être quelques réminiscences. Les vers suivans n'ont pas dû lui coûter beaucoup de peine :
Damon, sur sa houlette, appuyé tristement
Etoile du matin , ranime ta lumière ,
Sois d^un jour bienfaisant Theureuse avant-courrière.... .
Les forêts du Me'nale et les pins et les hêtres Redisent à Tenvi les doux plaisirs champêtres.
C'est un plaisir de lire M. Villodonj on se trouve toujours en pays de connaissance.
DES BLCOLIQUES. 2Hi
Que je viens , en mourant , raconteV mon injure A ces dieux tant de fois témoins de son parjure.
Ma flûte , commençons : avec moi sur ces bords ,
Des chantres du iMénale imite les accords.
Pan , dont l'art inventa la flûte pastorale ,
Fait toujours de ses sons retentir le Ménale.
Le iMénale couvert de bois harmonieux,
Entend toujours la voix des pins mélodieux;
Le Ménale, toujours entend parler ses hêtres
De l'amour des bergers , et des plaisirs champêtres.
Ma flûte , commençons : avec moi , sur ces bords , Des chantres du Ménale imite les accords. |«|
O ma flûte, cessons : c'est assez , sur ces bords , Des chantres du Ménale imiter les accords.
Puisse, ô charmes secrets, votre vertu suprême Ramener dans nos champs le perfide que j'aime !
Cessez , charmes secrets ; votre vertu suprême A dans nos champs enfin ramené ce que j'aime.