CXVIIJ
DISCOURS
avec magnificence les phénomènes des saisons , tantôt descendant avec noblesse à des badinages ingénieux; réloquence, célébrant dans les temples et les lycées les vertus des grands hommes ; les principes des arts discutés , leurs procédés embellis par le charme des vers; Fart important d'abréger Tétude des langues^ la connoissance profonde des langues anciennes y la nôtre enrichie par vos ouvrages , épurée par le commerce de ce qu6l|a cour a de plus grand par la naissance , de plus aimable par Fesprit; la morale déguisée sous d'agréa* blés fictions; l'histoire écrite avec éloquence et sans partialité ; la fable qui , créée par un esclave dans la Grèce , embellie à Rome par un affranchi , se glorifie de devenir, entre les mains d'un des premiers hommes de la cour, Tinstruction des grands et des rois : tout semble m'offrir la réalité de ce fabuleux Hélicon où habitoient toutes les divinités des arts.
Et quelles couleurs prendrai-je pour peindre cet homme qui réunit à lui seul tous les genres; qui, dans la carrière des lettres, après avoir, comme un autre Hercule, épuisé tous les travaux, ne s'est point, comme lui , permis de repos , et ne s'est point prescrit de homes ; dont le génie est également étendu et sublime , qu'on pourroit comparer, par une image gigwtesque , s'il ne s'agissoit de lui , à ces montagnes qui , non contentes de dominer la terre par leur élévation , l'embrassent encore , sous différents noms , par l'immensité de leur chaîne?
Au sentiment de l'admiration succède celui de la reconnoissance. Je vois daqs cette assemblée des personnes dont lamitié pour moi remonte jusqu'à mon enfance; j'y distingue ce compatriote chéri, ce pané-
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jouissez de votre gloire, jouissez du bonheur que vous méritez si. bien, de commander à des Français! Tai^t d'autres princes ont des sujets , et vous avez un peuple , un peuple qui ressent pour ses rois Tivresse de Famour et Fenthousiasme de la fidélité , qui obéit à la tendresse , qui se laisse gouverner par Fexemple. Entendez-vous ces applaudissements qui vous reçoivent , qui vous assiègent au sortir de votre palais? Voyez-vous cette foule qui s'empresse autour de votre char? Et , lorsqu'au milieu de ces cris d'alégresse , ralentissant votre marche y charmé de voir votre peuple, lui prodiguant, sans pouvoir Fen rassasier, le bonheur de vous voir, vous prolongez vos plaisirs mutuels; est-il, fut-il jamais un triomphe que vous puissiez encore envier? Ces applaudissements ne sont point un vain bruit : c'est le gage de notre bonheur et de notre gloire. Un roi avoit chargé un homme de sa cour de lui rappeler tous les jours ses devoirs : votre peuple vous les rappelle de la manière la plus touchante. En vous annonçant qu'il vous aime , ses cris vous disent assez de l'aimer, et votre cœur vous le dit encore mieux. Pourrions-nous craindre les flatteurs ? Mais quand vous n'en seriez pas naturellement Fennemi, quel charme pourriez - vous trouver à la £eiusse douceur de l'adulation .après avoir éprouvé la douceur pure de ces acclamations si flatteuses ? Malheur au souverain , qui , après avoir goûté le plaisir d'être aimé de ses sujets, peut voir tranquillement les cœurs se refermer pour lui !
La plus grande partie de ces fidèles sujets ne peut vous faire entendre les cris de son amour, mais elle vous envoie le prix de ses sueurs , mais son sapg est prêt à couler pour vous. Déjà, du milieu de la capitale.
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de votre auguste épouse , a fait de la langue française la langue de [Europe, Pour moi , qu'il daigne adopter aujourd'hui , je me féliciterai à jamais de vous avoir offert le premier ce tribut académique , et je regarderai toujours cette époque comme la plus glorieuse de ma vie.
A L'ACADÉMIE. cxxiij
RÉPOl^SE