‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 19 sur 80 · FRAGMENTS · texte numérisé non relu

FRAGMENTS

d'une ode adressée a lefranc de POMPIGNAN.

De Théniis autrefois soutenant la balance , Des fragiles mortels tu pesois les destins; Et le poids du crédit, celui de la puissance , Ne Font point fait pencher dans tes fidèles mains.

Vile adulation, ta lâche perfidie Trompe et séduit les grands avec dextérité ; Lefranc , ce fiit toi seul de qui la voix hardie Osa faire à ton roi parler la vérité (')•

Du maître des humains tu nous peins la puissance (^) Il parle, l'univers est sorti du chaos ;

* Toutes les pièces qui composent ce Recueil ont été revues avec le plus grand soin, mises dans un meilleur ordre, augmentées de notes et des textes originaux des traductions.

(■) En sa qualité de président de la cour des aides de Montauban, Lefranc avoit défendu, avec autant de courage que d'éloquence, la cause et les intérêts du peuple auprès du roi.

(') Allusion aux poésies sacrées.

T. I. VOÛ3. FCG. I

Les cieux ont sous ses mains courbé leur voûte immense ; La terre au loin s'étend, la mer roule ses eaux.

Il commande, et soudain de lun à l'autre pôle, Et la terre et les mers et les cieux confondus , Par lui créés d'un mot, au son de sa parole.

Dans l'antique chaos tombent et ne sont plus.

Le luxe impérieux qui régne dans nos villes.

En dégradant la terre, amène un goût pervers: Le riche l'abandonne à des âmes serviles ; Le poëte orgueilleux lui refuse ses vers.

Tel on voit le lierre, à l'ombre qui le cache. Ramper dans les forêts, et languir sans appui ; S'il rencontre le chêne, à son tronc il s'attache. Embrasse ses rameaux et s'élève avec lui(').

(») Le jeune Delille, qui s'occupoit déjà de la traduction des Géorgiques, met ingfénieusement ici son travail sous la protection d'un nom alors célèbre dans la littérature.

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