‹ ŒuvresChapitre 18 sur 47 · IO · texte numérisé non relu

IO

m EPISTLE III. v.» y .

The worker from the work distinct was known, And simple reason never sought but one.

Ere wit oblique had broke that steady ligbt, Man, like his Maker, saw that ail was right ; To virtue, in the paths of pleasure trod, And own'd a father, when he own'd a God.

Love ail the faith, and ail the allegiance then, For nature knew no right divine in men ; No ill could fear in God, and understood A sovereign being, but a sovereign good.

True faith, true policy, united ran; That was but love of God, and this of man.

Who first taught soûls enslaved, and realnis undone, The enormous faith of many made for one; That proud exception to ail nature s laws, To invert the world, and counterwork its cause? Force first made conquest, and that conquest, law : Till superstition taught the tyrant awe, Then shared tht tyranny, then lent it aid, And gods of conquerors, slaves of subjects made:

Ou du moude créé le grand événement Célébré d âge en âge, et transmis constamment, Apprit à distinguer l'ouvrier de l'ouvrage, Et de tout l'univers un Dieu seul eut l'bommage.

Avant que notre esprit, dangereux séducteur, Par l'oblique miroir de son prisme imposteur, De la simple raison altérât la lumière, Content, comme son Dieu, de la nature entière, L'homme disoit aussi : Tout est bien ! ses désirs L'appeloient au bonheur par la voix des plaisirs. Pour lui, conuoître un Dieu, c ctoit connoître un père ; Aimer étoit sa foi, sa loi la plus sévère ; Il ne se créoit point deux fléaux différents, Des tyrans dans ses dieux, des dieux dans ses tyrans; Son cœur, sans préjugés, reconnoissoit sans peine, Dans l'être souverain, la bonté souveraine.

Le bon gouvernement, la véritable foi, Marchoient d'un pas égal : et leur sublime emploi Fut d'apprendre aux mortels, enfants du même père, L'une à chérir son Dieu, l'autre à chérir son frère.

Qui le premier apprit aux états consternés, Aux royaumes détruits, aux peuples enchaînés, Que tous sont faits pour un? Doctrine monstrueuse ! Des lois de la nature exception affreuse, Qui transforme les rois en des tyrans cruels ; De la société rompt les nœuds mutuels ; Et, combattant de Dieu la sagesse profonde, Renverse insolemment le système du monde !

150 EPISTLE III. v.349.

She, midst the lightning s blaze, and thunder s sound,

Wheu rock'd the mountains, and when groan'd the ground,

She taught the weak to bend, the proud to pray

To power unseen, and mightier far than they :

She, from the rending earth, and bursting skies,

Saw gods descend, and fiends infernal rise:

Hère fix'd the dreadful, there the bless'd abodes;

Fear made her devils, and weak hope her gods ;

Gods partial, changeful, passionate, unjust,

Whose attributes were rage, re venge, or lust;

Such as the soûls of cowards might conceive,

And, form'd like tyrants, tyrants would believe.

Zeal then, not charity, became the guide;

And hell was built on spite, and heayen on pride.

Then sacred seem'd the ethereal vault no more; Altars grew marble then, and reek'd with gore : Then first the Flamen tasted living food, Next his grim idol smeard with human blood ; • With Heaven s own thunders shook the world below, And play 1 d the god an cngine on his foe.

Le plus fort fut vainqueur ; le vainqueur fit les lois ;

Mais bientôt, dans son cœur faisant tonner sa voix,

La superstition l'épouvanta lui-même ;

Puis elle partagea sa puissance suprême ;

Puis enfin lui prêta son secours odieux ;

Fit et le peuple esclave, et les conquérants dieux.

Parmi les noirs volcans qui grondent sous la terre,

Et le feu de l'éclair et le bruit du tonnerre,

8a voix impérieuse annonçant aux humains

Un pouvoir inconnu, des êtres souverains,

Au vulgaire tremblant fit baiser la poussière ;

Aux grands humiliés commanda la prière ;

Fit descendre des dieux d un ciel étincelant ;

Fit sortir des démons d'un abîme brûlant ;

Établit d'un côté l'empire des délices,

Et de l'autre creusa le séjour des supplices.

La peur fit des démons, l'espérance des dieux.

Dieux injustes, changeants, cruels, voluptueux,

Dignes et du tyran dont ils étoient l'image,

Et du peuple abruti qui leur rendit hommage.

La charité fit place au zèle armé du fer ;

L'orgueil créa les cieux, et la haine l'enfer.

Dans des temples, rivaux de la voûte céleste, Le prêtre se souilla par un culte funeste ; A son affreuse idole immola des humains.

Dieu fut un instrument docile entre ses mains ; Contre ses ennemis il s'arma du tonnerre , Et des foudres du ciel épouvanta la terre.

152 EPISTLE III. v.iGy.

So drives self-love, through just, and through unjust, To one mans power ambition, lucre, lust:

The same self-love in ail becomes the cause Of what restrains him, government and laws.

For, what one likes, if others like as well, What serves one will, when many wills rebel?

How shall he keep what, sleeping or awake, A weaker may surprise, a stronger take?

His safety must his liberty restrain:

AH join to guard what each desires to gain.

Forced into virtue thus, by self-defence, E'en kings learn'd justice and benevolence:

Self-love forsook the path it first pursued, And found the private in the public good.

TTwas then the studious head or generous mind, Follower of God, or friend of hunian-kind, Poet or patriot, rose but to restore The faith and moral, nature gave before; Relumed her ancient light, not kindled new ; If not God s image, yet his shadow drew:

Taught power s due use to people and to kings, Taught nor to slack, nor strain its tender strings, The less or greater, set so justly true, That touching one must strike the other too ; Till jarring interests of themselves create The according music of a well-mix'd state.

Ainsi, dans un mortel l'amour-propre effréné Vers les biens, les plaisirs, est sans régie entraîné; Mais répandu dans tout, lui-même, à son ravage, Il oppose le frein d un gouvernement sage.

Si le bien qui me plaît charme aussi mes égaux, Puis-je l'obtenir seul contre tant de rivaux? Le foible le dérobe alors que je sommeille ; Le plus fort le ravit même alors que je veille. Pour garder tous un bien dont chacun est jaloux , Sous de communes lois il faut donc vivre tous; Et des vœux opposés maintenant l'équilibre, Borner sa liberté, pour se conserver libre.

Les rois mêmes alors, forcés à la bonté, Connurent la douceur, connurent l'équité :

L'amour-propre éclairé prit un essor plus sage ; Et dans le bien de tous vit son propre avantage.

C'est alors que s'élève, enflammé d'un beau feu, Plein , ou d'amour pour l'homme, ou de zèle pour Dieu, Quelque esprit éclairé, quelque ame magnanime, Courageux patriote, ou poète sublime, Qui, sans faire aux humains briller un feu nouveau, Des dogmes éclipsés rallume le flambeau, Réveille dans les cœurs la foi du premier âge ; S'il ne peint Dieu lui-même, en ébauche l'image; Enlace habilement, par d'équitables lois, Les intérêts rivaux et du peuple et des rois ; Fixe de leur pouvoir les limites certaines ; Défend d'en trop serrer, d'en trop lâcher les rênes ;

154 EPISTLE III. v .^$.

Sucfa is the worlds great harmony, that springs

From order, union, full consent of things:

Where small and great, where weak and mighty , made

To serve, not suffer, strengthen, not invade ;

More powerful each as needful to the rest,

And, in proportion as it blesses, bless'd;

Draw to one point, and to one centre bring

Beast, man, or angel, servant, lord, or king.

For forms of government let fools contest; Whate er is best administer'd is best :

For modes of faith let graceless iealots fight ; His can't be wrong whose life is in the right; In faith and hope the world will disagree, Bat ail mankind's concern is charity :

Ail must be false, that thwart this one great end; And ail of God, that bless mankind, or mend.

Man, like the generous vinc, supported li ves : The strength he gains is from the embrace he gives:

ÊPITRE III. 155

Joint si bien tous les rangs subordonnés entre eux ,

Que du bonheur des uns les autres sont heureux ;

Qu'au coup dont l'un gémit, tous les autres répondent.

Ainsi tant d'intérêts en un seul se confondent ;

Ainsi de mille chocs résulte, sans effort,

De l'état combiné l'harmonieux accord.

Tel est du monde entier le concert admirable,

Enfant de Tordre heureux , de l'union durable ,

Qui remplit tous les points, enchaîne tous les rangs >

Où le foible et le fort, les petits et les grands,

S'approchent pour s'aider et non pas pour se nuire ;

Pour se fortifier, et non pour se détruire ;

Où plus on fait d'heureux , plus on est fortuné ;

Où chaque être reçoit autant qu'il a donné ;

Où tout, ange, homme, brute, esclaves, seigneurs, maîtres,

Tendent au même centre, au bien de tous les êtres.

Que de sots discoureurs, ou que de faux zélés Discutent à grand bruit, dans leurs vains démêlés, Des formes de l'état laquelle est la plus sûre, Quels modes de la foi sont la foi la plus pure ! Laisse-les se haïr, par amour pour leur choix. Dans la religion, ainsi que dans les lois, Tout ce qui rend meilleur ne peut être coupable ; Tout ce qui rend heureux ne peut être blâmable. Es-tu bien gouverné ? N'es-tu point vicieux ? Va, ta religion, tes lois viennent des cieux( 10 ). Sur la foi, l'espérance, on doute, on se partage ; Par-tout la charité parle un même langage.

156 EPISTLE III. v.3«3.

Ou their own axis as the planets run, Yet make at once their circle round the sun ; So two consistent motions act the soûl; And one regards itself, and one the whole.

Thus God and nature Hnk'd the gênerai frame, And bade self-love and social be the same.

L'homme seul est trop foible; il a besoin d autrui.

Ainsi la vigne embrasse et soutient son appui; Et comme notre terre, à deux penchants fidèle, Tourne autour du soleil , et tourne aussi sur elle ; Ainsi l'homme, conduit par une double loi.

Concourt au bien du monde et s'intéresse à soi : Ainsi Dieu fait servir à son vaste système, Et l'amour social et l'amour de soi-même.

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