DE LA TROISIÈME ÉPITRE
(') Rien n'est indépendant; ce dieu qui nous a faits, Lui-même est au grand tout uni par ses bienfaits.
Les moralistes doivent sur-tout enseigner aux hommes que Dieu se propose le bien général, avant le bien des individus. En priant le Créateur, on ne doit rien lui demander de contraire à cette fin. Voilà quelle est la pensée du poète , et Ton ne peut nier qu'elle ne soit aussi juste que religieuse. Selon le dogme du christianisme, Dieu est lui-même la première fin de tout, et le bien particulier des individus est, comme le bien général de l'univers, l'objet d'une providence à laquelle rien n'échappe.
(') Nous passons tour-à-tour de la mort à la vie. Tout chancre . etc.
Tout change , etc
Ovide a présenté des idées à-peu-près semblables dans son quinzième livre des Métamorphoses, v. i65 et suiv. , où il explique la doctrine de Pythagore :
Omnia motantur ; nihil interit : errât , et illinc Hue venit, hinc illuc; et quoslibet occupât artus Spiritus : eque feris humana in corpora transit, Inquc feras noster, nec tempore dépérit ullo.
Tout change , et rien ne meurt : l'ame , essence légère , Errant d'un corps à l'autre , hôtesse passagère , De l'homme à l'animal va , revient tour-à-tour, El survit aux débris de son frêle séjour.
Traduction de Saiht-àmoi.
ridicule que la raison demande au sentiment et à l'intcl- •éfgencc des preuves de ces premiers principes, qu'il scroit ridicule que l'intelligence demandât à la raison un sentiment de toutes les propositions qu'elle démontre. Cette impuissance ne peut donc servir qu'à humilier la raison qui voudroit juger de tout, mais non pas à combattre notre certitude, comme s'il n'y avoit que la raison capable de nous instruire. Plût à Dieu que nous n'en eussions au contraire jamais besoin , et que nous connussions toutes choses par iiislitict et par sentiment ! Mais la nature nous a refusé ce bien , et elle ne nous a donné que très peu de connoissances de cette sorte : toutes les autres ne peuvent être acquises que par le raisonnement. » Chap. 2 1 .
(7) Vois-tu les animaux, guidés par la nature, Entre mille poisons choisir leur aourriture.
On sait que, lorsque les navigateurs descendent sur une côte inhabitée , ils ne mangent de fruits que ceux qui ont d'abord été entamés par les oiseaux, afin d'être assurés parlà que ces fruits ne sont pas malfaisants.
Pline, dans son histoire naturelle, 1. vin, chap. 27, cite plusieurs exemples d'animaux qui ont découvert l'usage que la médecine pouvoit faire de certaines herbes qu'ils mangent pour se guérir.
( 8 ) Le nautile guider sa gondole flottante. u
C'est un poisson qu'Oppien décrit ainsi : « II renverse sa coquille qui ressemble au corps d'un navire, et nage sur la surface de la mer; il élève en l'air ses bras qui lui tiennent lieu de mâts. Entre ces bras est une membrane qu'il étend en forme de Toile, et il se sert de ses autres bras comme de deux rames. On voit communément ce poisson dans la Méditerranée.» Liv. 1.
On fait usage de cette eoquille dans les Indes comme vase à boire, et comme ornement: on sculpte sa surface,