‹ ŒuvresChapitre 134 sur 264 · DIMANCHE DE · texte numérisé non relu

DIMANCHE DE

volantem per médium cœlum, habentem Evangelium seternum, ut evangelizaret sedentibus super omnem terram. (Apoc. xiv, 6.)

Cependant, mes frères, lorsque nous vous représentons quelquefois dans les mœurs des premiers fidèles, tous les devoirs de l'Évangile exactement remplis, leur détachement du monde, leur éloignement des théâtres et des plaisirs publics, leur assiduité dans les temples , la modestie et la décence de leurs parures, leur charité pour leurs frères, leur indifférence pour toutes les choses périssables, leur désir continuel d'aller se réunir à Jésus-Christ : en un mot, cette vie simple, retirée, mortifiée, soutenue par des prières ferventes, et par la consolation des livres saints, et telle enfin que l'Évangile la prescrit à tous les disciples de la foi : lorsque nous vous rapprochons, dis-je, ces anciens modèles, pour vous faire sentir, par la différence des premières mœurs d'avec les vôtres, combien vous êtes loin du royaume de Dieu : loin d'être effrayés de vous trouver dissemblables à un point, qu'on croirait à peine que vous fussiez disciples d'un même maître, et sectateurs de la même loi , vous nous reprochez de rappeler sans cesse jusqu'à l'ennui ces premiers temps, de ne parler que de l'Église primitive , comme s'il était possible de régler nos mœurs sur des mœurs dont il ne reste depuis longtemps aucune trace, impraticables aujourd'hui parmi nous, et que les temps et les usages ont universellement abolies : vous dites qu'il faut prendre les hommes tels qu'ils sont; qu'il serait à souhaiter que la première ferveur se fût conservée dans l'Église; mais que tout se relâche et s'affaiblit avec le temps ; et que vouloir nous ramener à la vie des premiers siècles, ce n'est pas proposer des moyens de salut, c'est prêcher seulement que personne n'y doit plus rien prétendre.

Mais je vous demande, premièrement, |mes frères , les temps et les années qui ont si fort altéré la pureté du christianisme, ont-elles altéré celle de l'Évangile; les règles sont-elles devenues plus commodes et plus favorables aux passions , parce que les hommes sont devenus plus sensuels et plus voluptueux? et le relâchement des mœurs a-t-il adouci les maximes de Jésus-Christ? Lorsqu'il a prédit dans l'Évangile , que dans les derniers temps , c'està-dire , dans les siècles où nous avons le malheur de vivre , il ne se trouverait presque plus de foi sur la terre, que son nom y serait à peine connu, que ses maximes y seraient anéanties, que les devoirs seraient incompatibles avec les usages, et que les justes eux-mêmes se laisseraient presque souiller par la contagion universelle, et entraîner au torrent des exemples : a-t-il ajouté qu'alors, pour s*accom-

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