‹ ŒuvresChapitre 149 sur 264 · SUR L'ÉNORMITÉ DES COMMUNIONS INDIGNES · texte numérisé non relu

SUR L'ÉNORMITÉ DES COMMUNIONS INDIGNES

La plus terrible idée que l'Apôtre nous donne du crime de ceux qui communient indignement, c'est qu'ils se rendent coupables du corps et du sang du Seigneur : Reus erit corporis et sanguinis Domini, (i Cou. XI, 27. ) Comme le sacrifice de la croix se renouvelle tous les jours de la part de Jésus-Christ sur nos autels , il s'y renouvelle aussi de la part des pécheurs qui s'en approchent indignement : il est vrai à la lettre, qu'ils crucifient de nouveau le Seigneur, et dans des circonstances mille fois plus odieuses qu'il ne fut crucifié sur le Calvaire.

Car premièrement, si les Juifs eussent connu le Seigneur de gloire, dit l'Apôtre, ils ne l'eussent jamais crucifié : leurs outrages ne s'adressaient q\i'au fils de Marie et de Joseph , qu'à un homme qu'ils regardaient comme un séducteur, et comme un ennemi de Moïse et de la loi : leur méprise n'avait point d'excuse, il est vrai; les prodiges, la doctrine, la sainteté de Jésus-Christ, l'accomplissement des prophéties en sa personne, auraient dû leur ouvrir les yeux, et leur faire connaître le salut qui leur était envoyé; mais enfin ils le méconnurent, ils ne le distinguèrent pas des faux messies qui avaient peu de temps auparavant troublé la Palestine, et excité des séditions dans Jérusalem ; et en le punissant d'un supplice infâme, ils crurent même rendre gloire à Dieu et venger les intérêts de sa loi et de son culte. Mais vous, mon frère, qui venez le recevoir indignement, vous le connaissez; les voiles sacrés qui le couvrent, ne le dérobent pas aux yeux de votre foi : vous savez que c'est le Seigneur de gloire , le Fils du Très-Haut, la splendeur de son Père, le Roi immortel des siècles, le Libérateur des hommes, le chef et l'Époux de l'Église : vous reconnaissez en lui toutes ces augustes qualités ; et c'est avec ces lumières, que vous venez le charger d'outrages ; que vous venez l'obliger d'expirer dans votre corps, comme sur une croix bien plus douloureuse et plus infâme pour lui sans comparaison que la première ! les coups que vous portez s'adressent à un Dieu, et vous n'avez plus d'excuse que dans la plus noire de toutes les fureurs.

Secondement , quand les Juifs l'attachèrent à la croix , il avait encore une chair sujette à nos infirmités ; il pouvait souffrir, il pouvait mourir ; il était

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