SUR LA FAUSSETÉ DE LA GLOIRE HUMAINE
Si ego glorifico meipsum , gloria mea nihil est. Si je me glorifie moi-même , ma gloire n'est rien.
(Jean, vni, b4.)
SlBE,
Si la gloire du monde, sans la crainte de Dieu, était quelque chose de réel, quel homme jusque-là avait paru sur la terre qui eût plus de lieu de se glorifier lui-même que Jésus-Christ.^
Outre la gloire de descendre d'une race royale ,
et de compter les David et les Salomon parmi ses ancêtres, avec quel éclat n'avait-il pas paru dans le monde !
Suivez-le dans tout le cours de sa vie : toute la nature lui obéit, les eaux s'affermissent sous ses pieds; les morts entendent sa voix; les démons, frappés de sa puissance, vont se cacher loin de lui, les cieux s'ouvrent sur sa tête , et annoncent eux* mêmes aux hommes sa gloire et sa magnificence ; la boue entre ses mains rend la lumière aux aveugles; tous les lieux par où il passe ne sont marqués que par ses prodiges : il lit dans les cœurs; il voit l'avenir comme le présent; il entraîne après lui les villes et les peuples : personne avant lui n'avait parlé comme il parle; et, charmées de son éloquence céleste, les femmes de Juda appellent heureuses les entrailles qui l'ont porté.
Quel homme s'était jamais montré sur la terre environné de tant de gloire.^ et cependant il nous apprend que s'il se l'attribue à lui-même , et que sa gloire ne soit qu'une gloire humaine , sa gloire n'est plus rien : Si ego glorifico meipsum , gloria mea nihil est.
La probité mondaine , les grands talents , les succès éclatants, ne sont donc plus rien , dès qu'ils ne sont que les vertus de l'homme ; et il n'y a point de gloire véritable sans la crainte de Dieu. C'est ce qui va faire le sujet de ce discours.