‹ ŒuvresChapitre 225 sur 264 · II · texte numérisé non relu

II

réedes jours de notre prélat. Il semble que comme autrefois le vieillard Jacob, aux approches de la mort, sentit revenir ses forces en voyant le bâton de commandement entre les mains de Joseph (Hébr. XI , 2 1) , de même notre glorieux vieillard devait rappeler les siennes en voyant son illustre neveu honoré du bâton de maréchal de France. Ce grand prince l'y exhorte de venir se montrer encore une fois à sa cour, et l'assure que personne sans exception^ ne l'y verra avec plus de plaisir que lui. Régnez, prince, seul digne d'être servi, puisque seul vous savez si bien honorer ceux qui vous servent. C'est tout ce que je puis dire.

Mais puis-je ne pas ajouter que ce grand prince s'y félicite lui-même d'avoir rendu justice au mérite de notre illustre gouverneur? Ce seul mot ne vous rappelle-t-il pas sa grandeur d'âme , cette élévation d'esprit, ces manières dignes encore d'une plus haute fortune, et mille actions glorieuses que nul de vous n'ignore ; et que la parole de paix , dont je suis le ministre, me défend de redire ici? Puis-je ne pas aujouter qu'il y honore d'un glorieux souvenir, et d'une éternelle reconnaissance, la mémoire de ce sage et vaillant maréchal , qui jeta dans son âme royale les premières semences de valeur et de sagesse, et qui le premier sut ébaucher Louis le Grand ? Quelle gloire pour cette célèbre maison !

L'approche de Jésus-Christ a eu cependant plus de charmes pour votre cœur, que toute cette pompe de l'Egypte ' , illustre fille qui m'écoutez. Aussi , en vous entretenant de la gloire de votre famille, je n'ai pas voulu affaiblir votre foi , mais aider votre reconnaissance; et vous exposer plutôt les périls dont la grâce vous a délivrée, que vous faire estimer de faux biens et de vains honneurs, que vous avez si généreusement méprisés.

Passons à notre dernière partie. Je vous ai montré comment ses talents le rendirent nécessaire au prince et utile au peuple ; montrons qu'il fut fidèle à Jésus-Christ et utile à l'Église, par ses vertus chrétiennes et épiscopales.

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