DE M. LE PRINCE DE GONÏI
refuse point à des louanges qui ne seront que le triomphe de la vérité même.
Heureux, messieurs, non si cet éloge remplit votre attente et toute la dignité de mon sujet : eh! qu'importe à la gloire de ce prince , qu'un faible discours qui ne passera point à la postérité, soit audessous de ses grandes qualités? qui de vous ne les porte gravées dans son cœur ? vous les raconterez à ceux qui vous succéderont : nos histoires et celles de nos voisins, mais plus encore l'amour des peuples en conservera le souvenir aux âges les plus reculés ; et sa mémoire toute seule fera toujours son éloge.
Mais heureux d'avoir à parler ici devant un prince auguste qui fait revivre , avec le nom , l'esprit et la valeur du grand Condé; que l'amitié, encore plus que le sang, liait au prince que nous louons; et qui, par sa douleur toute seule, va justifler nos louanges !
Heureux encore si ces pieux devoirs que nous lui rendons sont pour vous une instruction , et non pas un simple spectacle !
Vous l'avez admiré comme un des premiers hommes de son siècle pour la guerre : Habebo claritatem ad turbas ; comme un des plus accomplis dans la vie civile , et honorevi apiid seniores , juve/iis ; comme un des plus éclairés par la singularité des connaissances, la supériorité des lumières : Acutus inveniar injudicio; comme un héros, comme un sage, comme un esprit supérieur et universel. Rassemblons tous ces caractères, de valeur, de sagesse, de lumière; et cherchons à la douleur de sa perte, une consolation dans le récit des merveilles de sa vie, et dans le souvenir des miséricordes du Seigneur au lit de sa mort.