‹ ŒuvresChapitre 228 sur 264 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Qu'un prince du sang de nos rois ait eu de la valeur, c'est un privilège de la naissance , plutôt qu'un mérite dont on doive faire honneur à la vertu.

Le courage et l'intrépidité sont parmi eux des biens héréditaires , ainsi que les sceptres et les couronnes; et comme on ne les loue pas d'être nés princes , qn ne doit pas les louer d'être nés vaillants.

Oui, messieurs, que le prince deConti n'eut rien ici de plus personnel, que de n'avoir pas dégénéré du courage de ses augustes ancêtres , leur histoire toute seule aurait embelli son éloge; et il eût fallu chercher dans la gloire de son sang , le plus noble de l'univers, les distinctions qui auraient manqué à sa personne.

Mais plus grand encore par l'élévation de son âme, que par celle de sa naissance; quel puissant génie

pour la guerre , sa première jeunesse même ne montra-t-elle pas en lui!

QuelgoiUpourtoutcequecetartadepluspenible dans un âge qui n'a de goût que pour le plaisir ! quelle intrépidité dans les périls! mais quelles vues, quelles ressources, quelle supériorité dans son intrépidité et dans son courage!

Né avec toutes les grâces que la nature partage aux autres hommes, la vivacité de l'esprit, la douceur des manières , les charmes de la conversation , les agréments de la personne, les préém.inences du rang; il entra dans le monde avec tout ce qu'il faut pour y plaire et pour y périr.

Dieu, qui semblait lui ouvrir toutes les voies des passions, lui fermait en même temps celles des secours et des remèdes.

Le prince son père , dont la pénitence ediliait l'Église et honorait la religion, une mort prématurée le lui ravit avant presque qu'il pût le connaître; et s'il ne perdit pas avec lui des instructions qu'il a pu retrouver dans ses ouvrages, les monuments éternels de ses lumières et de sa piété , il perdit du moins des exemples qui assurent le succès des instructions.

O profondes dispositions de votre providence , 6 mon Dieu ! peu d'années s'écoulent , et meure encore la pieuse princesse qui l'enfantait tous les jours à Jésus-Christ. Dieu , qui couronne ses vertus , ne paraît pas exaucer ses désirs. Mais laissons croître les deux princes ses enfants : les moments de la grâce viendront, le dessein de Dieu s'accomplira; les larmes d'une mère sainte ne couleront plus en vain , et la race des justes ne périra pas.

Les grands talents qui distinguent les hommes dans leur état, se manifestent d'abord par le goût qui les y porte. David encore enf-iiît cherchait parmi les lions et les ours une matière à sa valeur ; et se dérobait volontiers au repos de la vie champêtre, pour aller s'instruire auprès de ses frères au milieu des armées d'Israël.

Le goût du prince de Conti pour la guerre , fut le premier penchant que la nature montra en lui ; et ce n'était pas ce goût qui dans \ts autres est d'ordinaire une ardeur de l'âge, plus qu'une preuve du talent.

Guidé par la force de son génie, il se fit d'abord de l'art militaire une étude, et non pas un amusement : il comprit tout ce qu'il fallait d'étendue, d'élévation , de sang-froid , de vivacité , de profondeur, de ressources , de connaissances pour y exceller; et crut qu'un prince ne devait compter pour rien de combattre, s'il ne se rendait digne de commander. A la lecture des anciens , et surtout des Commen-

taires de César, dont il traduisit les plus beaux endroits, il ajouta la recherche et la conversation des hommes les plus consommés dans la science de la guerre. Il les écoute , il les étudie ; il en fait ses amis , pour être plus à portée d'en faire ses maîtres : il se rend propres les talents différents qui les distinguent entre eux : persuadé que si la naissance peut donner les grandes dispositions-, c'est l'application toute seule qui fait les grands hommes.

A la fleur de l'âge , né pour plaire , l'objet des regards et des souhaits de toute la cour, au milieu de tout ce frivole, il a des vues vastes et sérieuses : il pense déjà qu'un prince n'est aimable qu'autant qu'il est grand ; et que les traits qui le rendront immortel doivent être plus gravés dans la beauté de ses actions, que dans les charmes de sa personne.

Vous commenciez dès lors, ô mon Dieu! l'ouvrage de vos miséricordes ; et en lui formant ce caractère sage et solide , vous le prépariez à se désabuser enfin de ce qui n'est que folie et vanité.

La France jouissait alors d'une paix que nos victoires et la modération du roi venaient de donner presque à toute l'Europe. La seule Hongrie était encore le théâtre de la guerre. Les Turcs, fiers de leurs conquêtes passées, menaçaient le nom chrétien. Le prince son frère y vole. Sur des pas si chers, marche celui que nous pleurons : ses réflexions cèdent à sa tendresse ; la complaisance l'y mène , et la gloire l'y attend.

Un charme secret attaché à sa personne lui gagne d'abord tous les cœurs. Dans un pays si opposé à nos mœurs, si ennemi du nom français; au milieu delà rudesse germanique, il trouve les mêmes applaudissements qu'à Versailles : et ses charmes tout seuls vainquent déjà la fierté d'une nation, sur laquelle sa valeur doit remporter un jour bien d'autres victoires.

' Oublions pour un inonient tout ce qu'il fait de glorieux durant cette campagne : voyons-le attaché au prince Charles de Lorraine, général des troupes de l'Empire ; ce grand homme dont la France , équitable même envers ses ennemis , respectera toujours la mémoire.

Quel goût dans ce célèbre général pour notre jeune héros! quelle surprise de lui trouver à son âge ce que les années ne donnent pas aux hommes ordinaires! quelle joie même de voir couler si glorieusement en lui le sang de France; ce sang qu'il aima toujours, quoique les malheurs et les enchaîaements de sa vie lui eussent formé d'autres destinées!

A ses pas s'attache le prince de Conti. A l'action ,

ORAISON FUNÈBRE

dans les conseils , dans les entreprises , dans les sentiments du cœur, dans le cours ordinaire delà vie, il ne perd pas de vue ce grand modèle ; et l'usage qu'il fait de son séjour parmi nos ennemis , c'est de s'instruire dans l'art de les vaincre. Nouveau Moïse, il n'étudie en Egypte les secrets de la science des Égyptiens, que pour devenir bientôt après en les quittant, un des conducteurs du peuple qui doit briser leur orgueil, et humilier leur empire.

Mais il était réservé à une main encore plus habile, d'achever ce grand ouvrage. De retour de Hongrie , le prince de Conti va essuyer à Chantilly les larmes qu'il venait de répandre sur le tombeau du prince son frère.

Là , dans un glorieux loisir, le grand Condé jouissait du fruit de sa réputation et de ses victoires; et ayant jusque-là vécu pour la postérité, il vivait enfin pour lui-même.

Le prince de Conti était là à la source des bons conseils et des grands exemples. Il ne lui fallait que l'histoire du héros qu'il a devant les yeux. Que d'instances tendres et respectueuses, que d'aimables artifices pour la tirer de sa propre bouche! Mais la véritable gloire est toujours simple et modeste; et Condé ne peut se résoudre à raconter ses actions , parce qu'il sent bien que c'est raconter ses louanges-

Quel nouveau genre de combat, messieurs : la vieillesse toujours prête à conter ses exploits passés , se refuse ici à des instructions domestiques et nécessaires; et le premier âge, qui ne se prête ja-> mais qu'àregret au sérieux des leçons et des préceptes y court ici comme aux plaisirs, et les sollicite comme des grâces ! C'est que les grands hommes le sont dans tous les âges.

Enfin sa tendresse pour ce cher neveu, adoucit la sévérité de sa modestie. Condé manifeste son âme tout entière : il ouvre à ce jeune prince les trésors de sagesse, de précaution, de prévoyance, d'activité, de hardiesse, de retenue, qui l'avaient rendu le premier de tous les hommes dans l'art de combattre et de vaincre. Vrai et simple , il mêle au recit de ses glorieuses actions l'aveu de ses fautes; et montre dans le cours de sa vie , de grandes règles à suivre , et de grands écueils à éviter.

Quels jours heureux pour le prince de Copti! ses yeux , ses oreilles , son âme tout entière peut à peine suffire à tout ce qu'il voit et à tout ce qu'il entend. A peine sorti de ces doux entretiens, il court rédiger par écrit les merveilles qu'il a ouïes ; et se remplir, en les écrivant , du génie qui les a produites.

Quel historien digne du grand Condé , si ces mémoires que nous avons encore écrits de sa propre main avec tant de noblesse et de précision , étaient

DE M. LE PRLNCE DE GONTI.

enfin mis au jour! rien ne manquerait plus à la gloire de ce grand homme.

Un si beau naturel et de si grandes espérances dans ce neveu si chéri , tiraient des yeux du prince de Condé, des larmes de joie, d'admiration et de tendresse : il se voyait revivre en lui; il y retrouvait toutes ses rares qualités (osons le dire après lui) sans y retrouver ses défauts. La nature même avait tracé jusque dans la ressemblance de leur visage, celle de leur âme. Il achève, il embellit en le formant, sa propre image, et comme ce premier chef du peuple de Dieu , il meurt content en se voyant remplacé par cet autre Josué, à qui il laisse son esprit, ses maximes, ses préceptes, et une partie de sa gloire : Et dabis ei prœcepta cunctis videntibus , etpai'temglorix tuae. (Num. xxvii, 20.)

Mais que les conseils du Seigneur sont éloignés de nos pensées! Il préparait une gloire plus durable au prince de Conti : il voulait le sanctifier par de longues infirmités, et nous montrer seulement ses talents éclatants et sa valeur héroïque.

Oui, messieurs, les leçons du prince de Condé, aidées d'un naturel si rare, que pouvaient-elles former que la valeur même.'

C'est-à-dire une valeur noble dans les sentiments, tranquille dans les périls, sûre dans les conseils, supérieure dans les vues et dans les ressources. Remarquez tous ces caractères.

Avec quelle dignité avait-il déjà soutenu en Allemagne le rang dû à sa naissance! et parmi celte foule de souverains si jaloux de leurs droits, quel respect n'avait-il pas fait rendre aux princes du sang de France, qui ne souffrent au-dessus d'eux que les couronnes!

Ailleurs la circonstance n'aurait peut-être rien de remarquable. Mais à peine sorti de l'enfance, loin de sa patrie, accompagné de sa seule dignité, au milieu d'une nation fière et jalouse, entre les mains de ceux sur qui il prétend des préséances, ne pas souffrir même que l'on conteste son droit! L'expression du Prophète paraît préparée pour mon sujet. C'est penser en prince, en un âge où les autres hommes ne pensent pas ; et mériter par la grandeur des sentiments, les prééminences déjà dues à la naissance : Princeps ea qrne digna sunt principe, cogitabit, et îpse super duces stabit. (Is. xxxii , 8.)

La même grandeur d'âme l'accompagnait dans les périls. Et ici, messieurs, que pourrais-je dire qui ne soit au-dessous de ce que vous avez vu la plupart.' S'est-il trouvé dans une seule action où il ne se soit attiré les yeux de toute l'armée; et où, sans avoir eu l'honneur du commandement, il n'ait eu presque lui seul l'honneur de la victoire?

Rappelez ses premières campagnes : on croyait revoir le grand Condé dans sa vive et vaillante jeunesse.

ACourtray, où pour la première fois il montra un nouveau héros aux ennemis et à nos troupes.

A Luxembourg , où à la tête des grenadiers il monte à l'assaut d'un bastion l'épée à la main ; et où blessé d'un éclat de grenade, et échappé à mille autres coups, il fait craindre que la victoire ne nous coûte une vie si chère.

A Novigrade , où une escarmouche engagée trop témérairement avec les Turcs change de face à l'arrivée du prince qui y vole ; et plusieurs officiers d'un grand nom , doivent à sa valeur et aux périls qu'il court en cette occasion , la vie et la liberté , qu'une audace indiscrète leur avait fait mériter de perdre.

A Neuhausel , où après avoir repoussé les infidèles jusque sur le bord du fossé; revenu tout couvert de poussière et de gloire, il court encore avec l'électeur de Bavière rétablir un ouvrage où les assiégés avaient mis le feu : et par l'amitié que l'âge et les grandes qualités forment entre eux, il fait naître dès lors dans le cœur de ce prince ces premières dispositions d'attachement pour la France, qui ont depuis paru; et où, si cet allié généreux et fidèle n'a pas eu pour lui les succès, il a eu du moins l'honneur de la constance, de la bonne foi, l'estime de la nation, l'amour des troupes, et l'affection du roi , qui toute seule vaut des succès , ou qui rassure du moins contre les pertes.

Enfin à Gran, où, à la tête du premier régiment de l'Empire, il arrête la première fureur du Turc , le pousse, le renverse, lui arrache la victoire qu'il croyait déjà tenir, affronte mille fois la mort qui paraît le respecter plus qu'il ne paraît la craindre; porte partout la terreur du sang de France toujours fatal aux infidèles ; fait déjà redouter aux Allemands, dans le bras qui les défend, celui qui va bientôt les vaincre, et montre de loin aux vœux des Polonais, témoins et admirateurs de ses actions, le héros digne d'être un jour placé sur leur trône.

A ces traits, le reconnaissez-vous, messieurs? ce ne sont pourtant encore que les premiers essais de son courage. Ce nouveau David croissant va paraître de jour en jour au-dessus de sa valeur même : David proficiscens , et seniper se ipso robustior. (II Reg. III, 1.)

Vous ne l'avez pas oublié, messieurs, et le souvenir de ces deux mémorables journées où le prince de (]onti parut si grand, est encore trop récent; et trop glorieux à la France , à la mémoire du maréchal de Luxembourg, à l'histoire de ce règne; i trop honoraole surtout au vaillant prince qui nous

ORAISON FUNEBRE

honore ici de sa présence , et qui en a partagé avec tant de distinction la gloire et les dangers; trop rapproché même tous les jours, par la différence des événements, pour être effacé de votre esprit, puisqu'il ne le sera jamais de nos annales.

Que n'ai-je plus d'usage dans l'art de décrire des victoires et des batailles! ou plutôt, pourquoi ce temple et ces autels m'avertissent-ils que mon ministère ne doit mettre ici dans ma bouche que des paroles de paix et de réconciliation !

Vous l'auriez vu à Steinkerque, rappelant la victoire qui d'abord nous échappe ; rétablissant partout ce que la première surprise nous a déjà fait perdre d'avantages; prenant lui-même des mains d'un de nos offlciers blessé le drapeau qu'il est hors d'état de porter, rassemblant autour de lui ceux que sa présence rassure , ou que le danger de sa personne attire; les exhortant, comme un autre Machabée , de ne pas flétrir par une fuite honteuse la gloire du nom français jusque-là accoutumé a vaincre, et de mourir plutôt que de devoir la vie à une lâche retraite; courant porter au milieu des ennemis avec l'étendard de la France, le signal de la victoire; au centre, à la droite, à la gauche, il est partout où la victoire est encore douteuse, et la victoire se déclare dès qu'il paraît : éclairant le maréchal de Luxembourg même, par la justesse de ses conseils et par la pénétration de ses vues ; enfin l'âme de ce grand général dans cette fameuse journée, comme ce général le fut iui-méme de toute l'armée.

Tel et encore plus grand paraît-il peu de temps après à INerwindc. L'ennemi retrancbé dans son camp , comme dans un fort, mille foudres qui portent la mort partout , en défendent l'approche : nos troupes déjà plusieurs fois repoussées, le soldat découragé; le général accoutumé à une victoire prompte, étonné de la voir balancer si longtemps aujourd'hui, court au prince de Conti : Grand prince , lui dit-il , tout va manquer, et il n'y a que votre présence qui puisse faire tomber les difficultés. Conti paraît, avec lui la confiance revient aux troupes; la valeur de la nation reprend le dessus; on le suit, rien ne résiste; les retranchements sont forcés en plusieurs endroits; ils ouvrent à Conti autant de voies à la victoire : il charge jusqu'à six fois à la tête de six corps différents. L'ennemi , qui n'a plus de rempart que sa propre valeur, s'ébranle. Tout couvert de sang et de feu , Conti perce dans leurs rangs. La victoire qu'il tient déjà, un coup de sabre qu'il reçoit sur la tête est sur le point de la lui ravir ; et le téméraire qui porte le coup est puni à l'instant de son audace, et percé de la mnin du prince

il expire à ses pieds. Enfin, soldat, général, a mesure que le besoin du service le demande, ses conseils commencent la victoire , et sa valeur l'achève. Je dis ses conseils, messieurs; et le maréchal de Luxembourg n'en trouvait pas de plus justes et de plus solides : le prince de Conti était son oracle. Ce grand général en qui la nature avait formé un si beau génie pour la guerre, si pénétrant dans ses vues , si prompt à prendre son parti , si fécond en ressources , si heureux dans ses entreprises , et qui avait ajouté à la gloire des Montmorency, ses ancêtres , le bonheur qui semblait avoir manqué à la plupart d'entre eux; ce grand homme disait tous les jours que le prince de Conti lui apprenait son métier. S'offrait-il des difficultés, c'était avec le prince qu'il cherchait des expédients. Formaitril des projets; c'était le prince, ou qui le rassurait dans ses vues, ou qui lui facilitait l'exécution. Entreprenaitil; c'était sur le prince qu'il se reposait du succès. Enfin le génie du prince de Conti était comme le guide du génie de ce fameux général ; et l'ayant sous ses ordres, il se soumettait, pour ainsi dire, luimême à ses conseils.

Et, delà, combien de fois lui avait-on ouï dire qu'ildevait auprince de Conti leprincipal honneur de ses victoires ? Par cet aveu il honorait le prince , et il ne s'ôtait pas à lui-même un honneur que ses grandes actions lui avaient acquis, et que sa modestie lui assurait.

En dis-je trop, messieurs, ou plutôt dis-je tout.' Et que de traits chacun de vous n'ajoute-t-il pas à son éloge!

Quel homme jusqu'à lui, n'ayant pu montrer, pour ainsi dire, que des espérances, a jamais eu à la guerre ce haut degré de réputation , qu'une longue suite de commandements et de victoires avaient enOn acquis aux Condé et aux Turenne ; s'est jamais assuré à ce point la confiance des troupes , le dévouement des offlciers, l'affection des peuples, les suffrages delà cour, le respect des princes, qyi semblaient oublier leur rang pour déférer à son mérite; l'admiration des plusgrandscapitaines de son siècle, l'estime de nos ennemis, les applaudissements de toute l'Europe, où son nom était aussi célèbre aue parmi nous? Quelle supériorité de mérite, pour forcer l'approbation publique de donner à des espérances seules ces louanges unanimes qu'elle ne donne pas toujours au succès!

Aussi, messieurs, ces espérances étaient fondées sur la supériorité de ses talents : la sagesse, la grandeur des vues, l'éminence des lumières. Ce fameux Romain lui-niême , dont les commentaires ont immortalisé les exploits et la capacité , n'écrivait pas

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