‹ ŒuvresChapitre 229 sur 264 · DE M. LE PRINCE DE GONTL · texte numérisé non relu

DE M. LE PRINCE DE GONTL

mieux sur la guerre. Quelle élévation! quelle netteté! quelle intelligence dans ces mémoires qu'on a trouvés après sa mort, les fruits de son loisir et d'une santé infirme, et oi^ice grand prince se délassait souvent à mettre par écrit ses vues sur les événements qui se passaient tous les jours en Europe !

Et dans ces révolutions, où le bonheur a paru se déclarer quelquefois contre la justice de nos armes; et où par les conseils impénétrables de vos jugements, 6 mon Dieu! la victoire jusque-là attachée à la sagesse et aux grandes destinées du roi , a semblé se refuser même à sa piété : dans ces révolutions, où l'amour du prince de Conti, pour le roi et pour l'État, montrait en lui une douleur si noble et si sincère , vous lui faisiez entrevoir de loin , ô mon Dieu ! la fragilité des choses humaines : vous ménagiez à sa raison des réflexions qui devaient être un jour mûries par la grâce : vous lui rapprochiez ce moment qui finira toutes les vicissitudes; qui égalera tous les hommes ; où nos œuvres seront phis comptées que nos succès; où les événements les plus glorieux , rappelés à leurs motifs , ne seront plus que de fausses vertus , ou de grands crimes ; et où Ton ne mettra au nombre de nos victoires , que celles que nous aurons remportées sur nous-mêmes.

Tel était le prince de Conti : un des premiers hommes de son siècle pour la guerre : Habebo claritateniad turbas ; vous i'allez voir comme un des plus accomplis dans la vie civile, e^/ionorewi apud seniores, juvenis. Vous avez admiré en lui le héros , admirez encore le sage.

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